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Les Chats

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Note biographiqueAmi de Victor Hugo, de Baudelaire, de Flaubert, historien d’art érudit et romancier, premier théoricien français du « réalisme », Champfleury (1821-1889) reste avant tout dans l’histoire de la littérature comme l’auteur des Chats, livre légendaire, souvent cité mais trop peu lu, qui méritait d’être réédité.,PrésentationCet ouvrage paru en 1869 est une sorte d’encyclopédie des chats qui examine leur place dans l’histoire de l’art et de la littérature, combat les préjugés à leur endroit, rend hommageaux grands hommes qui les ont le plus aimés et décrit leurs comportements à travers une foule d’observations fines et d’anecdotes curieuses et amusantes. Pour accompagner son livre, Champfleury, qui était au cœur de la vie artistique de son temps, s’est assuré la collaboration de ses amis les plus prestigieux, parmi lesquels on trouve notamment Manet, Delacroix ou Viollet-le-Duc. Les illustrations que ceux-ci lui ont confiées donnent à cet ouvrage un charme rare. La présente réédition rend pleinement justice, par une mise en page soignée, à ces documents graphiques exceptionnels qui dialoguent avec le texte. Qu’il s’agisse des chats dessinés par Grandville, du chat de Victor Hugo en personne, des chats égyptiens du Louvre dessinés par son conservateur d’alors, Prosper Mérimée, ou de l’œuvre de G. Mind que Madame Vigée-Lebrun surnommait «le Raphaël des chats», le livre de Champfleury est une magistrale déclaration d’amour au plus littéraire de tous les animaux.,ExtraitDans un parc est cachée sous la verdure la maisonnette que j’habite ; un petit terrain moitié pelouse, moitié jardin, entouré d’une haie de sureaux et de rosiers sauvages, fait de cet endroit une solitude riante.Le matin, certains oiseaux viennent s’ébattre dans les sureaux et font entendre un cri sec (t’ t’ t’ t’ t’ t’ t’ t’ t’) comme s’ils frappaient du bec contre une planche. Ce bruit attire le chat, qui se met en embuscade dans la haie et reste immobile des heures entières, sans rien rapporter de sa chasse, car il n’est pas de la race de ses confrères dont parle Montaigne, qui, magnétisant les oiseaux d’un regard vert, les font tomber dans leur gueule.Une cabane, autour de laquelle s’accrochent quelques brindilles de vigne vierge, est adossée à un grand acacia. C’est mon cabinet de travail.Tout d’abord, le chat vient faire ses griffes contre le tronc de l’acacia, après quoi il grimpe aux premières branches, saute à terre, remonte, redescend.Ayant fait quelques tours dans le jardinet, le chat s’aperçoit que son maître pensif est courbé devant une table, griffonnant du papier. Cela ne fait pas son affaire. Il grimpe sur le banc à mes côtés, s’y accroupit un instant, et tout à coup saute sur la table, se demandant quelle est la grave occupation qui m’empêche de prêter attention à sa personne.— Je serai grave aussi, semble-t-il dire pour se faire pardonner sa familiarité.Et il se pose devant moi sur la table, dans la tranquille attitude de ses frères de l’Egypte.Mais le mouvement de la plume fait briller ses yeux verts. Mauvais symptôme ! Le chat, trouvant que la plume ne court pas assez vite sur le papier, lui donne de petits coups de patte, que n’arrête pasun premier avertissement.Qu’on est heureux d’être dérangé dans le travail, et quel excellent motif de paresse !Le chat a repris son attitude solennelle, et moi ma plume. Mais ses taquineries recommencent.— Hé ! hé ! lui dis-je, en manière de second avertissement.Enfin un allons ! ne l’ayant pas fait rentrer dans l’ordre, j’éloigne définitivement cet animal subversif.Je suis donc délivré de l’opposition du chat ; mais ce n’est pas pour longtemps.Après un instant de silence, j’entends sur le toit de la cabane un bruit d’éraillements bizarres :la vieille toile goudronnée, qui se déchire, donne alors passage, à travers les lattes, à une patte qui s’agite et se remue dans le vide comme si elle sollîcitait une poignée de main.C’est une suprême jouissance pour les chats et les enfants qu’un trou ! Une patte a crevé le toit, deux pattes vont donner la pantomime par la même ouverture. Comment travailler en face de la comédie qui se joue au-dessus de ma tête ?Espérant échapper à ces complots, je quitte la place pour m’étendre dans un hamac accroché aux troncs de vieux sureaux, dont les branches entrelacées forment une ombre épaisse. Si je n’écris pas ce matin, du moins pourrai-je lire en paix.Justement un petit chat étranger vient de descendre du toit voisin, et les deux compères savent se distraire ensemble, entremêler leurs folles courses de luttes capricieuses à travers les plates -bandes, faire assaut d’étreintes, de bonds, de cachettes dans les buis, de grognements, de morsures, d’oreilles tendues, de sauts de côté, de passes inattendues, d’yeux allongés et de gueules roses.Que les deux compagnons courent après les papillons, qu’ils s’acharnent après un brin d’herbe remué par la brise, je veux l’oublier, étendu dans le hamac, un livre à la main.Un potage est excellent, le matin, pour l’estomac, et non moins excellente pour l’estomac intellectuel une page de quelque bon écrivain.En me dérangeant du travail, le chat m’a fait souvenir que j’ai oublié depuis quelque temps de lire La Bruyère, et me voilà en train de feuilleter le volume.Un vent frais souffle à travers le feuillage ; les rayons de soleil ne peuvent traverser la voûte épaisse des sureaux. On est bien ici pour lire en paix.Tout à coup undes petits chats s’élance après l’arbre de gauche, son compagnon saute après le tronc de droite, et les deux comédiens se rejoignent dans les branches au-dessus du hamac, passant leurs têtes à travers le feuillage. Ce sont des mines coquines, des trémoussements, des appels de pattes, des tressaillements de tout le corps, des jurons, de doux miaulements, des poses penchées, de comiques singeries qui, sans médire de l’écrivain le plus classique du XVIIe siècle, me font abandonner son livre, les deux petits chats m’intéressant plus pour le moment que les observations de La Bruyère sur l’homme.,SommairePRÉFACEPREMIÈRE PARTIECHAPITRE PREMIER. — LES CHATS DANS L’EGYPTE ANCIENNE.CHAPITRE II. — LES CHATS EN ORIENTCHAPITRE III. — LES CHATS CHEZ LES GRECS ET LES ROMAINSCHAPITRE IV. — POESIES, TRADITIONS POPULAIRESCHAPITRE V. — BLASONS, MARQUES, ENSEIGNES.CHAPITRE VI. — LES ENNEMIS DES CHATS AU MOYEN ÂGECHAPITRE VII. — AUTRES ENNEMIS DES CHATS : LES PAYSANS, LES STATISTICIENS LES CHASSEURS.CHAPITRE VIII. — LES CHATS DEVANT LES TRIBUNAUX.CHAPITRE IX. — LES AMIS DES CHATS.CHAPITRE X. — DE QUELQUES GENS D’ESPRIT QUI SE SONT PLU AU COMMERCE DES CHATS.CHAPITRE XI. — LES PEINTRES DE CHATS.SECONDE PARTIECHAPITRE XII. — LE CHAT EST-IL UN ANIMAL DOMESTIQUE ?CHAPITRE XIII. — CURIOSITE ET SAGACITE.CHAPITRE XIV. — TRANSMISSION HEREDITAIRE DES QUALITES MORALES DES CHATS.CHAPITRE XV — CINQ HEURES DU MATINCHAPITRE XVI. — ENFANCE DES CHATS.CHAPITRE XVII. — SENTIMENTS DE FAMILLE.CHAPITRE XVIII. — DE L’ATTACHEMENT DES CHATS AU FOYERCHAPITRE XIX. — DU LANGAGE DES CHATS.CHAPITRE XX. — LES CHATS A LA CAMPAGNE.CHAPITRE XXI. — LES AMOURS DES CHATS.CHAPITRE XXII. — AFFECTIONS NERVEUSES DES CHATS.CHAPITRE XXIII. — DE L’EGOÏSME DES CHATS.APPENDICES Afficher moinsAfficher plus

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Note biographiqueAmi de Victor Hugo, de Baudelaire, de Flaubert, historien d’art érudit et romancier, premier théoricien français du « réalisme », Champfleury (1821-1889) reste avant tout dans l’histoire de la littérature comme l’auteur des Chats, livre légendaire, souvent cité mais trop peu lu, qui méritait d’être réédité.,PrésentationCet ouvrage paru en 1869 est une sorte d’encyclopédie des chats qui examine leur place dans l’histoire de l’art et de la littérature, combat les préjugés à leur endroit, rend hommageaux grands hommes qui les ont le plus aimés et décrit leurs comportements à travers une foule d’observations fines et d’anecdotes curieuses et amusantes. Pour accompagner son livre, Champfleury, qui était au cœur de la vie artistique de son temps, s’est assuré la collaboration de ses amis les plus prestigieux, parmi lesquels on trouve notamment Manet, Delacroix ou Viollet-le-Duc. Les illustrations que ceux-ci lui ont confiées donnent à cet ouvrage un charme rare. La présente réédition rend pleinement justice, par une mise en page soignée, à ces documents graphiques exceptionnels qui dialoguent avec le texte. Qu’il s’agisse des chats dessinés par Grandville, du chat de Victor Hugo en personne, des chats égyptiens du Louvre dessinés par son conservateur d’alors, Prosper Mérimée, ou de l’œuvre de G. Mind que Madame Vigée-Lebrun surnommait «le Raphaël des chats», le livre de Champfleury est une magistrale déclaration d’amour au plus littéraire de tous les animaux.,ExtraitDans un parc est cachée sous la verdure la maisonnette que j’habite ; un petit terrain moitié pelouse, moitié jardin, entouré d’une haie de sureaux et de rosiers sauvages, fait de cet endroit une solitude riante.Le matin, certains oiseaux viennent s’ébattre dans les sureaux et font entendre un cri sec (t’ t’ t’ t’ t’ t’ t’ t’ t’) comme s’ils frappaient du bec contre une planche. Ce bruit attire le chat, qui se met en embuscade dans la haie et reste immobile des heures entières, sans rien rapporter de sa chasse, car il n’est pas de la race de ses confrères dont parle Montaigne, qui, magnétisant les oiseaux d’un regard vert, les font tomber dans leur gueule.Une cabane, autour de laquelle s’accrochent quelques brindilles de vigne vierge, est adossée à un grand acacia. C’est mon cabinet de travail.Tout d’abord, le chat vient faire ses griffes contre le tronc de l’acacia, après quoi il grimpe aux premières branches, saute à terre, remonte, redescend.Ayant fait quelques tours dans le jardinet, le chat s’aperçoit que son maître pensif est courbé devant une table, griffonnant du papier. Cela ne fait pas son affaire. Il grimpe sur le banc à mes côtés, s’y accroupit un instant, et tout à coup saute sur la table, se demandant quelle est la grave occupation qui m’empêche de prêter attention à sa personne.— Je serai grave aussi, semble-t-il dire pour se faire pardonner sa familiarité.Et il se pose devant moi sur la table, dans la tranquille attitude de ses frères de l’Egypte.Mais le mouvement de la plume fait briller ses yeux verts. Mauvais symptôme ! Le chat, trouvant que la plume ne court pas assez vite sur le papier, lui donne de petits coups de patte, que n’arrête pasun premier avertissement.Qu’on est heureux d’être dérangé dans le travail, et quel excellent motif de paresse !Le chat a repris son attitude solennelle, et moi ma plume. Mais ses taquineries recommencent.— Hé ! hé ! lui dis-je, en manière de second avertissement.Enfin un allons ! ne l’ayant pas fait rentrer dans l’ordre, j’éloigne définitivement cet animal subversif.Je suis donc délivré de l’opposition du chat ; mais ce n’est pas pour longtemps.Après un instant de silence, j’entends sur le toit de la cabane un bruit d’éraillements bizarres :la vieille toile goudronnée, qui se déchire, donne alors passage, à travers les lattes, à une patte qui s’agite et se remue dans le vide comme si elle sollîcitait une poignée de main.C’est une suprême jouissance pour les chats et les enfants qu’un trou ! Une patte a crevé le toit, deux pattes vont donner la pantomime par la même ouverture. Comment travailler en face de la comédie qui se joue au-dessus de ma tête ?Espérant échapper à ces complots, je quitte la place pour m’étendre dans un hamac accroché aux troncs de vieux sureaux, dont les branches entrelacées forment une ombre épaisse. Si je n’écris pas ce matin, du moins pourrai-je lire en paix.Justement un petit chat étranger vient de descendre du toit voisin, et les deux compères savent se distraire ensemble, entremêler leurs folles courses de luttes capricieuses à travers les plates -bandes, faire assaut d’étreintes, de bonds, de cachettes dans les buis, de grognements, de morsures, d’oreilles tendues, de sauts de côté, de passes inattendues, d’yeux allongés et de gueules roses.Que les deux compagnons courent après les papillons, qu’ils s’acharnent après un brin d’herbe remué par la brise, je veux l’oublier, étendu dans le hamac, un livre à la main.Un potage est excellent, le matin, pour l’estomac, et non moins excellente pour l’estomac intellectuel une page de quelque bon écrivain.En me dérangeant du travail, le chat m’a fait souvenir que j’ai oublié depuis quelque temps de lire La Bruyère, et me voilà en train de feuilleter le volume.Un vent frais souffle à travers le feuillage ; les rayons de soleil ne peuvent traverser la voûte épaisse des sureaux. On est bien ici pour lire en paix.Tout à coup undes petits chats s’élance après l’arbre de gauche, son compagnon saute après le tronc de droite, et les deux comédiens se rejoignent dans les branches au-dessus du hamac, passant leurs têtes à travers le feuillage. Ce sont des mines coquines, des trémoussements, des appels de pattes, des tressaillements de tout le corps, des jurons, de doux miaulements, des poses penchées, de comiques singeries qui, sans médire de l’écrivain le plus classique du XVIIe siècle, me font abandonner son livre, les deux petits chats m’intéressant plus pour le moment que les observations de La Bruyère sur l’homme.,SommairePRÉFACEPREMIÈRE PARTIECHAPITRE PREMIER. — LES CHATS DANS L’EGYPTE ANCIENNE.CHAPITRE II. — LES CHATS EN ORIENTCHAPITRE III. — LES CHATS CHEZ LES GRECS ET LES ROMAINSCHAPITRE IV. — POESIES, TRADITIONS POPULAIRESCHAPITRE V. — BLASONS, MARQUES, ENSEIGNES.CHAPITRE VI. — LES ENNEMIS DES CHATS AU MOYEN ÂGECHAPITRE VII. — AUTRES ENNEMIS DES CHATS : LES PAYSANS, LES STATISTICIENS LES CHASSEURS.CHAPITRE VIII. — LES CHATS DEVANT LES TRIBUNAUX.CHAPITRE IX. — LES AMIS DES CHATS.CHAPITRE X. — DE QUELQUES GENS D’ESPRIT QUI SE SONT PLU AU COMMERCE DES CHATS.CHAPITRE XI. — LES PEINTRES DE CHATS.SECONDE PARTIECHAPITRE XII. — LE CHAT EST-IL UN ANIMAL DOMESTIQUE ?CHAPITRE XIII. — CURIOSITE ET SAGACITE.CHAPITRE XIV. — TRANSMISSION HEREDITAIRE DES QUALITES MORALES DES CHATS.CHAPITRE XV — CINQ HEURES DU MATINCHAPITRE XVI. — ENFANCE DES CHATS.CHAPITRE XVII. — SENTIMENTS DE FAMILLE.CHAPITRE XVIII. — DE L’ATTACHEMENT DES CHATS AU FOYERCHAPITRE XIX. — DU LANGAGE DES CHATS.CHAPITRE XX. — LES CHATS A LA CAMPAGNE.CHAPITRE XXI. — LES AMOURS DES CHATS.CHAPITRE XXII. — AFFECTIONS NERVEUSES DES CHATS.CHAPITRE XXIII. — DE L’EGOÏSME DES CHATS.APPENDICES Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Les chats: Histoire, moeurs, observations, anecdotes
Auteur
Format
Grand Format
Publication
01 janvier 1869
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
224
Taille
21.2 x 15.2 x 2.1 cm
Poids
352
ISBN-13
9791095066316
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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