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Où est passé le passé

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Note biographiqueDe Laurent Olivier, conservateur général au Musee d'archéologie nationale de Saint Germain en Laye, on peut justement citer Le Sombre abime du temps (Seuil, 2008), puis Nos ancêtres les Germains (Tallandier, 2012), Le Pays des Celtes (Seuil, 2018), César contre Vercingétorix (Belin, 2019 et Ce qui est arrivé à Wounded Knee (Flammarion, 2021) où l’archéologue revisite le massacre des Indiens et verse des pièces essentielles au dossier que l’on croyait clos.Quant à Jérôme Prieur, outre les films documentaires, comme la série Corpus Christi réalisé avec Mordillat, son travail impressionnant sur la période 1920-1945, (Les Jeux d’Hitler, Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler, Le Mur de l’Atlantique, Occuper l’Allemagne 1918-1930, Hélène Berr une jeune fille dans Paris occupé, Vivre dans l’Allemagne en guerre, Darlan, le troisième homme de Vichy…), il a publié Lanterne magique (Gallimard, 1985, nouvelle édition Fario - Theodore Balmoral, 2021), Proust fantôme (Gallimard, 2001), Rendez-vous dans une autre vie (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2010), Berlin les Jeux de 36 (La Bibliothèque, 2017), La Moustache du soldat inconnu (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2018).,PrésentationOù est passé le passé est...Jérôme Prieur et Laurent Olivier entament une exploration de ce monde étrange et fascinant qu’est celui de la mémoire. La mémoire a maille à partir avec l’histoire, naturellement, mais aussi, plus profondément, avec l’écriture et l’art en général. À peine vécu, tout événement sombre dans les profondeurs du passé inconnu, sur lequel surnagent pour un moment de petits fragments de souvenir. Il en reste pourtant une empreinte, quelque part : un témoignage, un enregistrement quelconque, des traces – des vestiges en somme, qui demeurent enfouis parmi nous. Que peut-on faire de ces témoignages, récits humains, restes matériels, images, archives ? L’archéologue le découvre par des fouilles, des chantiers, strates, poteries, débris, qui mettent à jour bien plus que le temps écoulé ; le cinéaste historien a affaire aux archives, photos, films d’amateurs, journaux, documents. Passionnant de voir des passerelles, zones frontières, terrains communs s’établir entre les deux disciplines autour de cet axe : Comment retrouver le passé ? Comment survit-il ? Est-il vraiment passé ?,SommaireTableEnfancesComment on y est finalement arrivéQuestion de points de vueChercheurs de tracesIl n’y a rien à voirLa cuisine du passéC’est aujourd’hui demain,Extraitdu premier chapitre, l'enfancejérôme Prieur :Ce qui me frappe aussi dans ces modèles archéologiques c’est la conception du passé que cela présuppose, véritablement un fantasme du passé. Sous terre, il y aurait un autre monde, à peine abîmé. Entre le sol et nous, entre le passé et le présent, il y aurait une porte à franchir, une porte dérobée bien sûr, cachée depuis des siècles qu’il faudrait réussir à pousser. Derrière, le passé nous attendrait, quasiment intact, en ruines peut-être, seulement en désordre. Les photos de la mission Carter restent absolument sidérantes : on a l’impression de pénétrer dans le passé comme dans un débarras, les vieux meubles sont là, juste recouverts de bâches pour être protégés de la poussière des trente-trois ou trente-quatre siècles qui nous séparent… Est-ce qu’en choisissant de devenir archéologue de profession tu as gardé ce fantasme, si tu l’as jamais eu ?Laurent Olivier : Je me souviens aussi d’avoir vu, enfant, Howard Carter en chemise blanche, accroupi devant la petite porte de la chambre de Toutankhamon couverte de gravures et de hiéroglyphes… Et aussi de cette impression d’émerveillement irrésistiblement mêlé de déception devant ce capharnaüm, cet entassement invraisemblable de choses renversées jusqu’au plafond. On force la porte qui avait été scellée pour toujours et c’est cela qu’on trouve. Le passé avant nous. Je rêvais d’épaves englouties, dans lesquelles on s’introduirait par un trou dans la coque, flottant sans effort au-dessus des canons de bronze endormis dans la pénombre pour remonter vers le château arrière, en direction de la chambre du capitaine et de ses coffres au trésor. J’avais sept ans et, comme toi, j’avais perçu en rêve qu’il existe d’autres mondes, autour de nous, auxquels on accède par une entrée secrète, une béance dans le monde réel. Il suffit juste de la trouver et s’y introduire pour passer de l’autre côté.Comme pour toi sans doute, ce rêve d’archéologie s’enracine dans les livres. Certains avaient forcé la porte de ces autres mondes et en étaient revenus : ils avaient raconté ce qu’ils avaient vu, ou d’autres l’avaient fait pour eux, dans des livres. J’avais lu l’histoire de Carter, mais aussi celle de Schliemann, auquel son père avait lu l’Iliade. Le petit Heinrich en avait retiré la certitude que la Troie d’Homère était enfouie quelque part, en un endroit inconnu qu’il fallait chercher. J’avais vu les images des maisons et des rues de Pompéi sortant miraculeusement des gravats et ces corps de plâtre tombés au sol… Il y avait ce chien saisi dans un spasme la gueule entrouverte, son gros collier encore autour du cou, et tous ces fantômes méconnaissables encastrés les uns dans les autres. Ce qu’il ne fallait pas voir, derrière la porte dérobée du temps. Afficher moinsAfficher plus

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Note biographiqueDe Laurent Olivier, conservateur général au Musee d'archéologie nationale de Saint Germain en Laye, on peut justement citer Le Sombre abime du temps (Seuil, 2008), puis Nos ancêtres les Germains (Tallandier, 2012), Le Pays des Celtes (Seuil, 2018), César contre Vercingétorix (Belin, 2019 et Ce qui est arrivé à Wounded Knee (Flammarion, 2021) où l’archéologue revisite le massacre des Indiens et verse des pièces essentielles au dossier que l’on croyait clos.Quant à Jérôme Prieur, outre les films documentaires, comme la série Corpus Christi réalisé avec Mordillat, son travail impressionnant sur la période 1920-1945, (Les Jeux d’Hitler, Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler, Le Mur de l’Atlantique, Occuper l’Allemagne 1918-1930, Hélène Berr une jeune fille dans Paris occupé, Vivre dans l’Allemagne en guerre, Darlan, le troisième homme de Vichy…), il a publié Lanterne magique (Gallimard, 1985, nouvelle édition Fario - Theodore Balmoral, 2021), Proust fantôme (Gallimard, 2001), Rendez-vous dans une autre vie (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2010), Berlin les Jeux de 36 (La Bibliothèque, 2017), La Moustache du soldat inconnu (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2018).,PrésentationOù est passé le passé est...Jérôme Prieur et Laurent Olivier entament une exploration de ce monde étrange et fascinant qu’est celui de la mémoire. La mémoire a maille à partir avec l’histoire, naturellement, mais aussi, plus profondément, avec l’écriture et l’art en général. À peine vécu, tout événement sombre dans les profondeurs du passé inconnu, sur lequel surnagent pour un moment de petits fragments de souvenir. Il en reste pourtant une empreinte, quelque part : un témoignage, un enregistrement quelconque, des traces – des vestiges en somme, qui demeurent enfouis parmi nous. Que peut-on faire de ces témoignages, récits humains, restes matériels, images, archives ? L’archéologue le découvre par des fouilles, des chantiers, strates, poteries, débris, qui mettent à jour bien plus que le temps écoulé ; le cinéaste historien a affaire aux archives, photos, films d’amateurs, journaux, documents. Passionnant de voir des passerelles, zones frontières, terrains communs s’établir entre les deux disciplines autour de cet axe : Comment retrouver le passé ? Comment survit-il ? Est-il vraiment passé ?,SommaireTableEnfancesComment on y est finalement arrivéQuestion de points de vueChercheurs de tracesIl n’y a rien à voirLa cuisine du passéC’est aujourd’hui demain,Extraitdu premier chapitre, l'enfancejérôme Prieur :Ce qui me frappe aussi dans ces modèles archéologiques c’est la conception du passé que cela présuppose, véritablement un fantasme du passé. Sous terre, il y aurait un autre monde, à peine abîmé. Entre le sol et nous, entre le passé et le présent, il y aurait une porte à franchir, une porte dérobée bien sûr, cachée depuis des siècles qu’il faudrait réussir à pousser. Derrière, le passé nous attendrait, quasiment intact, en ruines peut-être, seulement en désordre. Les photos de la mission Carter restent absolument sidérantes : on a l’impression de pénétrer dans le passé comme dans un débarras, les vieux meubles sont là, juste recouverts de bâches pour être protégés de la poussière des trente-trois ou trente-quatre siècles qui nous séparent… Est-ce qu’en choisissant de devenir archéologue de profession tu as gardé ce fantasme, si tu l’as jamais eu ?Laurent Olivier : Je me souviens aussi d’avoir vu, enfant, Howard Carter en chemise blanche, accroupi devant la petite porte de la chambre de Toutankhamon couverte de gravures et de hiéroglyphes… Et aussi de cette impression d’émerveillement irrésistiblement mêlé de déception devant ce capharnaüm, cet entassement invraisemblable de choses renversées jusqu’au plafond. On force la porte qui avait été scellée pour toujours et c’est cela qu’on trouve. Le passé avant nous. Je rêvais d’épaves englouties, dans lesquelles on s’introduirait par un trou dans la coque, flottant sans effort au-dessus des canons de bronze endormis dans la pénombre pour remonter vers le château arrière, en direction de la chambre du capitaine et de ses coffres au trésor. J’avais sept ans et, comme toi, j’avais perçu en rêve qu’il existe d’autres mondes, autour de nous, auxquels on accède par une entrée secrète, une béance dans le monde réel. Il suffit juste de la trouver et s’y introduire pour passer de l’autre côté.Comme pour toi sans doute, ce rêve d’archéologie s’enracine dans les livres. Certains avaient forcé la porte de ces autres mondes et en étaient revenus : ils avaient raconté ce qu’ils avaient vu, ou d’autres l’avaient fait pour eux, dans des livres. J’avais lu l’histoire de Carter, mais aussi celle de Schliemann, auquel son père avait lu l’Iliade. Le petit Heinrich en avait retiré la certitude que la Troie d’Homère était enfouie quelque part, en un endroit inconnu qu’il fallait chercher. J’avais vu les images des maisons et des rues de Pompéi sortant miraculeusement des gravats et ces corps de plâtre tombés au sol… Il y avait ce chien saisi dans un spasme la gueule entrouverte, son gros collier encore autour du cou, et tous ces fantômes méconnaissables encastrés les uns dans les autres. Ce qu’il ne fallait pas voir, derrière la porte dérobée du temps. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Où est passé le passé: Traces, archives, images
Format
Poche
Publication
13 mai 2022
Auteur
Olivier, Laurent
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
136
Taille
17 x 12.2 x 1.4 cm
Poids
154
ISBN-13
9791093098760

Auteur

Livré entre : 24 juin - 27 juin
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