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Virtuoses

3.6

(6)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
VirtuosesExtraitJuillet 2001. Tuer ne lui procurait aucun plaisir. Il n'en éprouvait aucun remords. La violence absolue qu'il connut jeune garçon dans le village bosniaque où il était né l'avait prédisposé à accepter des missions que le commun des mortels refuserait avec horreur. Certains collègues ne cachaient pas qu'ils prenaient leur pied en voyant la peur déformer les traits de leur victime. Ils ne détestaient pas le petit jeu ambigu entre cruauté et apitoiement auquel ils se livraient plus ou moins consciemment. L'un d'eux lui avait affirmé qu'il bandait au moment de presser la détente. Lui, non. Il se contentait d'accomplir sa tâche vite et bien. Finir le travail proprement, effacer ses traces, satisfaire le client, bref honorer le contrat. Il était un as au fusil à lunette. Son dernier engagement l'avait amené à loger une balle de onze millimètres dans la tête d'un banquier tranquillement assis chez lui dans son salon, alors que lui, sous une pluie battante, était allongé sur une terrasse à huit cents mètres de là. Cette fois, les choses seraient différentes : il lui fallait mettre le feu à la baraque de façon à faire croire à un incendie accidentel et s'assurer que le propriétaire n'en réchappe pas. - Un jeu d'enfant pour un expert comme toi ! Tu n'es pas pour rien un ancien des opérations spéciales, avait dit Graham Stoker, croyant le flatter. Il en avait de bonnes, l'Américain ! Le chalet était certes isolé dans la forêt, à deux kilomètres du village. Il avait vérifié, le premier poste de secours se situait beaucoup plus loin, à Bad Tôlz ; même alertés rapidement, les pompiers mettraient au moins une demi-heure avant d'être sur les lieux. Mais il n'y avait pas l'électricité dans la maison, pas question donc de provoquer un court-jus fatal. Le soir, l'homme s'éclairait, écoutait sa foutue musique classique à l'aide d'un générateur installé à l'extérieur, sous un abri. De plus, il était du genre méfiant, très organisé. Voilà trois jours qu'il observait ses faits et gestes à la jumelle, l'avait suivi au village où le type ne traînait pas, après ses courses. Il fermait les volets à chaque fois, verrouillait la maison avec soin en partant. N'était-il pas sorti hier, armé d'une carabine, pour aller s'exercer au tir dans une petite carrière abandonnée ? Apparemment, il se débrouillait : à cinquante mètres, avec sa vingt-deux long rifle, il plaçait six balles dans un cercle de quinze centimètres de diamètre. Très honorable pour un amateur. Pour couronner le tout, ce matin tôt - il venait juste de gagner son poste d'observation -, l'homme était monté dans sa voiture, avait disparu plusieurs heures pour revenir en début d'après-midi avec une femme, sans doute cherchée à Munich à l'aéroport. La quarantaine, brune, jolie, bien roulée. Son ami devait être impatient de la retrouver : à peine arrivés, il l'avait entraînée sur la terrasse, à l'arrière du chalet, l'avait déshabillée, lui avait fait l'amour au soleil avec une rage de mort de faim. Il les avait matés un instant, par habitude, avant de reposer ses jumelles. Les pratiques amoureuses de l'espèce humaine ne l'intéressaient guère. Afficher moinsAfficher plus

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VirtuosesExtraitJuillet 2001. Tuer ne lui procurait aucun plaisir. Il n'en éprouvait aucun remords. La violence absolue qu'il connut jeune garçon dans le village bosniaque où il était né l'avait prédisposé à accepter des missions que le commun des mortels refuserait avec horreur. Certains collègues ne cachaient pas qu'ils prenaient leur pied en voyant la peur déformer les traits de leur victime. Ils ne détestaient pas le petit jeu ambigu entre cruauté et apitoiement auquel ils se livraient plus ou moins consciemment. L'un d'eux lui avait affirmé qu'il bandait au moment de presser la détente. Lui, non. Il se contentait d'accomplir sa tâche vite et bien. Finir le travail proprement, effacer ses traces, satisfaire le client, bref honorer le contrat. Il était un as au fusil à lunette. Son dernier engagement l'avait amené à loger une balle de onze millimètres dans la tête d'un banquier tranquillement assis chez lui dans son salon, alors que lui, sous une pluie battante, était allongé sur une terrasse à huit cents mètres de là. Cette fois, les choses seraient différentes : il lui fallait mettre le feu à la baraque de façon à faire croire à un incendie accidentel et s'assurer que le propriétaire n'en réchappe pas. - Un jeu d'enfant pour un expert comme toi ! Tu n'es pas pour rien un ancien des opérations spéciales, avait dit Graham Stoker, croyant le flatter. Il en avait de bonnes, l'Américain ! Le chalet était certes isolé dans la forêt, à deux kilomètres du village. Il avait vérifié, le premier poste de secours se situait beaucoup plus loin, à Bad Tôlz ; même alertés rapidement, les pompiers mettraient au moins une demi-heure avant d'être sur les lieux. Mais il n'y avait pas l'électricité dans la maison, pas question donc de provoquer un court-jus fatal. Le soir, l'homme s'éclairait, écoutait sa foutue musique classique à l'aide d'un générateur installé à l'extérieur, sous un abri. De plus, il était du genre méfiant, très organisé. Voilà trois jours qu'il observait ses faits et gestes à la jumelle, l'avait suivi au village où le type ne traînait pas, après ses courses. Il fermait les volets à chaque fois, verrouillait la maison avec soin en partant. N'était-il pas sorti hier, armé d'une carabine, pour aller s'exercer au tir dans une petite carrière abandonnée ? Apparemment, il se débrouillait : à cinquante mètres, avec sa vingt-deux long rifle, il plaçait six balles dans un cercle de quinze centimètres de diamètre. Très honorable pour un amateur. Pour couronner le tout, ce matin tôt - il venait juste de gagner son poste d'observation -, l'homme était monté dans sa voiture, avait disparu plusieurs heures pour revenir en début d'après-midi avec une femme, sans doute cherchée à Munich à l'aéroport. La quarantaine, brune, jolie, bien roulée. Son ami devait être impatient de la retrouver : à peine arrivés, il l'avait entraînée sur la terrasse, à l'arrière du chalet, l'avait déshabillée, lui avait fait l'amour au soleil avec une rage de mort de faim. Il les avait matés un instant, par habitude, avant de reposer ses jumelles. Les pratiques amoureuses de l'espèce humaine ne l'intéressaient guère. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Virtuoses
Auteur
Editeur
Format
Grand Format
Publication
23 août 2012
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
400
Taille
21 x 13.8 x 3.1 cm
Poids
488
ISBN-13
9791090175068
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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