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Un buisson d'amarante - roman

3.0

(8)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur La sagesse au bout du chemin. Lorsque Amaury débarque à Paris dans sa classe préparatoire scientifique, il n'a de français que son passeport. Né à Phnom-Penh, il a grandi à Tanger. Cette différence lui colle à la peau : admis dans une Grande école d'ingénieurs, il n'en nourrit pas moins un syndrome de l'imposteur qui va le poursuivre tout au long de sa carrière. De Java à Berkeley, en passant par Paris et Pondichéry, lui, l'apatride, est en réalité à la recherche de lui-même. Classes préparatoires, grandes écoles, MBA, start-up, comités de direction, mais aussi amoureux du monde de la course hauturière et de dressage : Amaury trace son chemin dans un système de castes où la cooptation est la règle et où les puissants se reconnaissent et s'adoubent entre eux. Sur fond de chronique des quarante dernières années, ce roman d'apprentissage écrit dans un style corrosif et plein d'humour offre une réflexion profonde et nécessaire sur notre société et l'élitisme, dans les univers fascinants de l'aérospatial et de l'Internet. Extrait Les derniers jours de Pompéi Je ne me souviens pas de ma naissance. Personne ne se souvient de sa naissance. Mais presque tout le monde en connaît l'histoire, racontée par ses parents ou par d'autres. Et cette histoire me fut racontée très tôt : j'étais né aux ides de mars à la Fondation Calmette, à Phnom Penh, au Cambodge, qui n'était pas encore le Kampuchea démocratique, bien avant que les Khmers rouges ne fassent déferler leur délire meurtrier sur le pays. Très tôt, j'ai su qui était le bon roi Norodom Sihanouk, seul souverain dans l'Histoire à avoir en un temps abdiqué au profit de son père, et j'ai su que sa septième épouse était une belle jeune femme qui s'appelait Monique. Elle était d'origine française ou italienne, ou peut-être les deux, et avait après son mariage royal été rebaptisée Monineah, un prénom dont la consonance était quand même un peu plus khmère. Mon père, qui était professeur, avait eu dans sa classe un des fils de Norodom Sihanouk, le Prince Ranaridh, et il avait aussi côtoyé un certain Saloth Sar, qui lui aussi était professeur et qui, un peu plus tard, allait devenir Pol Pot. J'avais une nounou chinoise qu'on appelait Haya. J'ai longtemps cru que c'était son nom, en réalité cela veut juste dire «madame» en dialecte khméro-cantonais. Le cantonais est d'ailleurs la première langue que j'ai parlée. Il est bien dommage que je l'aie oubliée. Cela me serait utile en ces temps de ruée vers la Chine, même si de nos jours le pouvoir de Pékin semble vouloir reléguer le cantonais - faut-il dire le guang donguais ? - au rang de dialecte régional. Je n'ai réussi à marcher que très tard, après l'âge de quatre ans. Et à ne parler le français qu'encore plus tard, vers cinq ou six ans. Je souffrais d'une maladie qui affecte le développement locomoteur des enfants en bas âge, une forme bénigne de diplégie spastique, appelée aussi syndrome de Little... J'ai donc vécu les premières années de mon existence dans un état presque végétatif. Pendant que mes camarades d'âge gambadaient joyeusement, je restais couché dans mon lit d'enfant, ou assis sur l'herbe du jardin de mes parents, et je ne me déplaçais que porté par Haya, à la façon cambodgienne, et plus généralement asiatique, tenu sur son côté. Cette maladie désespérait mes parents, qui ont longtemps cru qu'ils avaient engendré un enfant handicapé, ou myopathe. Puis un jour, après maintes séances de kinésithérapie, je me suis mis à marcher, et même à courir comme un lapereau. Les séquelles de ce syndrome et la prolongation de ce porté cambodgien me valurent cependant de garder un pied en dedans et une cheville déformée par la pression permanente du bas de ma jambe contre les hanches de Haya. Ce sont les petites histoires de ce genre qui aident un enfant à se forger très tôt une identité. Un self concept, selon un terme que je devais ne découvrir que bien plus tard. Et dans ce self concept, il m'était donc appar Afficher moinsAfficher plus

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Détails du livre

Titre complet
Un Buisson d'Amarante
Editeur
Format
Grand Format
Publication
29 août 2013
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
398
Taille
0 x 0 x 0 cm
Poids
485
ISBN-13
9782954211718

Auteur

Livré entre : 15 juin - 18 juin
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