Le Pitch
Note biographique
François Hourmantest professeur de science politique, Coresponsable de la Chaire EARTH, Directeur du Centre Jean Bodin, Université d'Angers.
Sophie Lambert-Wiberest maître de conférences HDR en droit privé, Coresponsable de la Chaire EARTH, Centre Jean Bodin, Université d'Angers.
,4e de couverture
Blocages d'autoroutes, actions spectaculaires dans les musées, encollages sur les tableaux, occupations de sites industriels : depuis plusieurs années, le militantisme écologique se réinvente et s'intensifie à travers l'Europe.
Face à l'urgence climatique, des collectifs comme Soulèvement de la Terre, Just Stop Oil ou Letzte Generation multiplient les formes d'action, jouant sur la médiatisation et la désobéissance civile pour alerter l'opinion. En retour, les gouvernements durcissent l'arsenal juridique mobilisé contre ces militants, allant jusqu'à les qualifier d'« éco-terroristes ».
La répression à l'encontre des militants et associations de protection de l'environnement est aujourd'hui déployée tant sur le plan pénal (avec des condamnations alourdies) qu'administratif ou fiscal : militants écologistes radicaux fichés S. ; non-admission des faits justificatifs ; dissolution d'association ; interprétation restrictive des dispositifs de mécénat...
À ces procédés classiques s'ajoutent des armes plus insidieuses telles que les « procédures-bâillons », poursuites judiciaires intentées non pour obtenir justice, mais pour intimider et épuiser financièrement les militants, ou encore la mise sous surveillance étatique des libertés d'expression collective.
Ce durcissement répressif n'est pas sans conséquences. Il alimente la démobilisation au sein des mouvements écologiques, déforme la perception de l'urgence climatique dans l'opinion publique et soulève des questions fondamentales sur l'état des libertés dans nos démocraties.
La répression des militants écologistes pacifiques constitue aujourd'hui « une menace majeure pour la démocratie et les droits humains », comme le sou-ligne Michel Forst, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l'environnement.
Réunis à l'Université d'Angers sous sa présidence, juristes, politistes, sociologues et linguistes croisent leurs regards pour analyser ce « tournant répressif ». Ces actes du colloque RECLAIM - Regards croisés sur la répression du militantisme écologique en Europe - offrent un panorama comparatif inédit couvrant la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et l'Italie. Ils interrogent les enjeux démocratiques d'une disqualification croissante du combat environnemental, et posent avec acuité la question des droits et libertés fondamentales à l'heure de cette urgence planétaire.
,Présentation
Les actions militantes, en France en Europe ou dans le monde, empruntent des formes de plus en plus variées. Ces actions peuvent respecter une certaine juridicité ou non. Elles peuvent être légales ou non. Elles peuvent également consister en des actions devant les tribunaux, une initiative citoyenne extra-juridique légale, ou encore une action de force illégale, qui pourra encourir une répression pénale.
Dans un premier temps, nous nous proposons d'examiner le cadre juridique du militantisme écologique dans ses aspects les plus variés, dans ses expressions diverses en France comme à l'étranger.
Dans un second temps, nous verrons les différentes formes de la répression de ce militantisme, une répression accrue qui est assurément pénale, mais qui peut être aussi administrative et qui peut enfin adopter des formes plus insidieuses.
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