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Lever de rideau sur Edward Hopper

3.7

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
«Il n'est pas difficile de peindre une scène ou un motif. Ce qui est difficile, c'est d'exprimer une pensée par la peinture. La pensée est fluide, mais ce que vous appliquez sur la toile est concret, et cette résistance tend à diriger la pensée.» Edward Hopper, 1957. «La biographie à la première personne de Karin Müller évoque un journal intime ou une longue interview posthume d'Edward Hopper. Il fallait beaucoup de rigueur, de retrait et de sensibilité pour donner voix au grand silencieux de la peinture figurative américaine du XXe siècle, au peintre de l'incommunicabilité !» Christophe Duvivier, Conservateur Auteure de plusieurs ouvrages consacrés à des écrivains et artistes du XXe siècle, Karin Müller codirige la galerie Gimpel & Müller (Paris).ExtraitHuis clos La biographie à la première personne de Karin Müller évoque un journal intime ou une longue interview posthume d'Edward Hopper. Il fallait beaucoup de rigueur, de retrait et de sensibilité pour donner voix au grand silencieux de la peinture figurative américaine du XXe siècle, au peintre de l'incommunicabilité ! Des images défilent : maisons du littoral enfoncées dans les dunes, échouées tels des navires; rideaux baissés de salles de théâtre ou de cinéma ; pompes à essence tels des phares dans la nuit exprimant une profonde solitude. Une oeuvre dont les points de fuite sont souvent des zones d'ombre (Gas, 1940), des portes closes (Chair Car, 1965), des fenêtres ouvertes sur des ciels sans nuages... Dans Office at Night (1940), Hopper inscrit le coeur de sa composition dans un plan de lumière renvoyé par une fenêtre qui interroge les personnages en accusant le silence de leur environnement. L'action est suspendue. L'anecdote - l'intrigue qui s'y jouerait - est secondaire. Dans cette dramaturgie, le cadrage est déterminant, support d'une perspective singulière qui s'apparente à l'optique d'une caméra. Il est un maître en la matière. Nombre de compositions d'Edward Hopper suivent des diagonales descendantes induisant chez le spectateur un pessimisme qui ralentit sa perception. Les lignes dominantes accentuées par des aplats aux rares détails opposent des zones d'ombre et de lumière. Les pans de lumières géométrisés divisent l'espace où ses personnages sont disposés de manière théâtrale {New York Movie, 1939 ; Nighthawks, 1942). Ils sont ainsi confrontés à un ailleurs : fenêtre ouverte sur le néant, rideaux baissés, rues désertées. Alfred Barr écrira, lors de sa rétrospective en 1933 : «Hopper, malgré son réalisme, est un maître du drame pictural.» On cherche en vain l'intrigue. La peinture de Hopper saisit les êtres en dehors de l'action. Ils sont introvertis, presque absents, aux marges de la réalité face à la vacuité de l'instant (Hôtel Window, 1955; First Row Orchestra, 1951 ; New York Office, 1962). Pour beaucoup, Edward Hopper serait, par excellence, le peintre réaliste de l'Amérique. Or il n'est guère réaliste. Ses compositions sont des décors recomposés, des archétypes qui font surgir de notre mémoire des images cinématographiques dont nous aurions perdu le sens : éclairages expressionnistes, plans hitchcockiens ou encore photographies de plateau de films noirs. Edward Hopper a plus de liens avec le cinéma et la photographie qu'avec la peinture de ses contemporains. Ses oeuvres s'imposent comme des songes, l'expression d'une vie intérieure, celle de l'artiste et de son subconscient. La peinture d'Edward Hopper est un huis clos sartrien. (...) Afficher moinsAfficher plus

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«Il n'est pas difficile de peindre une scène ou un motif. Ce qui est difficile, c'est d'exprimer une pensée par la peinture. La pensée est fluide, mais ce que vous appliquez sur la toile est concret, et cette résistance tend à diriger la pensée.» Edward Hopper, 1957. «La biographie à la première personne de Karin Müller évoque un journal intime ou une longue interview posthume d'Edward Hopper. Il fallait beaucoup de rigueur, de retrait et de sensibilité pour donner voix au grand silencieux de la peinture figurative américaine du XXe siècle, au peintre de l'incommunicabilité !» Christophe Duvivier, Conservateur Auteure de plusieurs ouvrages consacrés à des écrivains et artistes du XXe siècle, Karin Müller codirige la galerie Gimpel & Müller (Paris).ExtraitHuis clos La biographie à la première personne de Karin Müller évoque un journal intime ou une longue interview posthume d'Edward Hopper. Il fallait beaucoup de rigueur, de retrait et de sensibilité pour donner voix au grand silencieux de la peinture figurative américaine du XXe siècle, au peintre de l'incommunicabilité ! Des images défilent : maisons du littoral enfoncées dans les dunes, échouées tels des navires; rideaux baissés de salles de théâtre ou de cinéma ; pompes à essence tels des phares dans la nuit exprimant une profonde solitude. Une oeuvre dont les points de fuite sont souvent des zones d'ombre (Gas, 1940), des portes closes (Chair Car, 1965), des fenêtres ouvertes sur des ciels sans nuages... Dans Office at Night (1940), Hopper inscrit le coeur de sa composition dans un plan de lumière renvoyé par une fenêtre qui interroge les personnages en accusant le silence de leur environnement. L'action est suspendue. L'anecdote - l'intrigue qui s'y jouerait - est secondaire. Dans cette dramaturgie, le cadrage est déterminant, support d'une perspective singulière qui s'apparente à l'optique d'une caméra. Il est un maître en la matière. Nombre de compositions d'Edward Hopper suivent des diagonales descendantes induisant chez le spectateur un pessimisme qui ralentit sa perception. Les lignes dominantes accentuées par des aplats aux rares détails opposent des zones d'ombre et de lumière. Les pans de lumières géométrisés divisent l'espace où ses personnages sont disposés de manière théâtrale {New York Movie, 1939 ; Nighthawks, 1942). Ils sont ainsi confrontés à un ailleurs : fenêtre ouverte sur le néant, rideaux baissés, rues désertées. Alfred Barr écrira, lors de sa rétrospective en 1933 : «Hopper, malgré son réalisme, est un maître du drame pictural.» On cherche en vain l'intrigue. La peinture de Hopper saisit les êtres en dehors de l'action. Ils sont introvertis, presque absents, aux marges de la réalité face à la vacuité de l'instant (Hôtel Window, 1955; First Row Orchestra, 1951 ; New York Office, 1962). Pour beaucoup, Edward Hopper serait, par excellence, le peintre réaliste de l'Amérique. Or il n'est guère réaliste. Ses compositions sont des décors recomposés, des archétypes qui font surgir de notre mémoire des images cinématographiques dont nous aurions perdu le sens : éclairages expressionnistes, plans hitchcockiens ou encore photographies de plateau de films noirs. Edward Hopper a plus de liens avec le cinéma et la photographie qu'avec la peinture de ses contemporains. Ses oeuvres s'imposent comme des songes, l'expression d'une vie intérieure, celle de l'artiste et de son subconscient. La peinture d'Edward Hopper est un huis clos sartrien. (...) Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Lever de rideau sur Edward Hopper
Format
Broché
Publication
01 octobre 2012
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
98
Taille
19 x 12.1 x 0.9 cm
Poids
112
ISBN-13
9782919058044
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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