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Il cour il court le furet des abers

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Le Pitch
Présentation de l'éditeur D'origine suisse, enseignante de formation, Prix des Poètes Suisses de langue française, Michèle Corfdir vit et écrit en Côtes-d'Armor. Après le succès de Le Crabe, Mortel Hiver sur le Trieux, Chasse à corps à Bréhat, Larmes de fond ou le retour du Crabe, Vent Contraire à Loguivy-de-la-Mer, Le Cycle de Grimentz, Herbes amères à Belle-Isle-en-Terre, elle signe ici son huitième roman. C'est décidé. Cela se passerait au bout du promontoire, face à la mer. Le fauteuil roulant se mettrait à descendre la pente lentement, très lentement. Quand les roues auraient effectué un tour complet, alors le paysage commencerait à basculer. Il y aurait des grincements et des éclatements, des ressorts qui tressautent, une armature qui se démantèle, et les cris de l'infirme arrimée à son siège par les courroies de maintien. Des cahots brutaux ébranleraient le véhicule. Tanguant, oscillant, il ne verserait pas mais foncerait au contraire tout droit vers l'à-pic. Il atteindrait le bord du précipice, rebondirait et disparaîtrait dans le vide. Oui, c'est comme ça que cela se passerait, comme ça que la chose se ferait. Un thriller à couper le souffle entre BREST et les ABERS. Les amateurs adoreront. Extrait Vendredi 10 juillet 1998. Pour Henri Le Barzic, c'était un jeu. Un jeu auquel il gagnait assez souvent pour avoir sans cesse envie de recommencer. Lorsqu'il était petit, il le pratiquait déjà, à la manière des enfants. Adolescent, il avait décroché. Trop timide, trop introverti pour ça. Plus tard, une fois sorti des errances brumeuses de l'âge ingrat, quand il s'était reconnu dans l'homme qu'il était devenu, il avait repris le jeu là où il l'avait laissé, mais en lui apportant des développements, des perfectionnements qu'un petit garçon aurait été incapable d'imaginer. Debout dans l'encoignure d'une porte, face aux hal­les de la Place Saint-Louis, à Brest, Henri Le Barzic surveillait l'entrée d'une supérette. Cela faisait vingt minutes que la jeune femme qu'il avait prise en chasse, se trouvait à l'intérieur. Il l'avait repérée, le matin même, aux abords de la gare. Sportive, naturelle, un teint de pêche, une démarche dansante, qui traduisaient un bon équilibre et une santé sans problème. Conscient de tout ce que son propre comportement avait d'ambigu, Henri voulait pour partenaires des femmes simples, limpides, qui participeraient au jeu sans se dérober, avec cette spontanéité innée qui pousse à affronter l'obstacle pour le franchir. Ou s'y casser les dents. La jeune fille qu'il guettait était de celles-là. L'expé­rience lui soufflait qu'avec elle, il aurait une chance de parvenir à la fin de la partie, plus vite que d'habitude. Il le faudrait car, ce soir, il était attendu à Kergouadal. Et, après deux mois de navigation au long cours, il n'était pas question pour lui de couper à ses obligations familiales. Henri Le Barzic avait débarqué au port de commerce de Brest, la veille, assez tard dans la soirée. Il avait passé le commandement du navire à son successeur et pris un taxi jusqu'à l'appartement de la rue du Château. Comme il s'y attendait, il était désert. Sa femme terminait la tournée de promotion de son dernier bouquin et leur fille, Gwenola, se trouvait déjà en vacances à Kergouadal. Ce matin, après une bonne nuit de sommeil et des semaines de privation, Henri n'avait pu s'empêcher de lancer le jeu. Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur D'origine suisse, enseignante de formation, Prix des Poètes Suisses de langue française, Michèle Corfdir vit et écrit en Côtes-d'Armor. Après le succès de Le Crabe, Mortel Hiver sur le Trieux, Chasse à corps à Bréhat, Larmes de fond ou le retour du Crabe, Vent Contraire à Loguivy-de-la-Mer, Le Cycle de Grimentz, Herbes amères à Belle-Isle-en-Terre, elle signe ici son huitième roman. C'est décidé. Cela se passerait au bout du promontoire, face à la mer. Le fauteuil roulant se mettrait à descendre la pente lentement, très lentement. Quand les roues auraient effectué un tour complet, alors le paysage commencerait à basculer. Il y aurait des grincements et des éclatements, des ressorts qui tressautent, une armature qui se démantèle, et les cris de l'infirme arrimée à son siège par les courroies de maintien. Des cahots brutaux ébranleraient le véhicule. Tanguant, oscillant, il ne verserait pas mais foncerait au contraire tout droit vers l'à-pic. Il atteindrait le bord du précipice, rebondirait et disparaîtrait dans le vide. Oui, c'est comme ça que cela se passerait, comme ça que la chose se ferait. Un thriller à couper le souffle entre BREST et les ABERS. Les amateurs adoreront. Extrait Vendredi 10 juillet 1998. Pour Henri Le Barzic, c'était un jeu. Un jeu auquel il gagnait assez souvent pour avoir sans cesse envie de recommencer. Lorsqu'il était petit, il le pratiquait déjà, à la manière des enfants. Adolescent, il avait décroché. Trop timide, trop introverti pour ça. Plus tard, une fois sorti des errances brumeuses de l'âge ingrat, quand il s'était reconnu dans l'homme qu'il était devenu, il avait repris le jeu là où il l'avait laissé, mais en lui apportant des développements, des perfectionnements qu'un petit garçon aurait été incapable d'imaginer. Debout dans l'encoignure d'une porte, face aux hal­les de la Place Saint-Louis, à Brest, Henri Le Barzic surveillait l'entrée d'une supérette. Cela faisait vingt minutes que la jeune femme qu'il avait prise en chasse, se trouvait à l'intérieur. Il l'avait repérée, le matin même, aux abords de la gare. Sportive, naturelle, un teint de pêche, une démarche dansante, qui traduisaient un bon équilibre et une santé sans problème. Conscient de tout ce que son propre comportement avait d'ambigu, Henri voulait pour partenaires des femmes simples, limpides, qui participeraient au jeu sans se dérober, avec cette spontanéité innée qui pousse à affronter l'obstacle pour le franchir. Ou s'y casser les dents. La jeune fille qu'il guettait était de celles-là. L'expé­rience lui soufflait qu'avec elle, il aurait une chance de parvenir à la fin de la partie, plus vite que d'habitude. Il le faudrait car, ce soir, il était attendu à Kergouadal. Et, après deux mois de navigation au long cours, il n'était pas question pour lui de couper à ses obligations familiales. Henri Le Barzic avait débarqué au port de commerce de Brest, la veille, assez tard dans la soirée. Il avait passé le commandement du navire à son successeur et pris un taxi jusqu'à l'appartement de la rue du Château. Comme il s'y attendait, il était désert. Sa femme terminait la tournée de promotion de son dernier bouquin et leur fille, Gwenola, se trouvait déjà en vacances à Kergouadal. Ce matin, après une bonne nuit de sommeil et des semaines de privation, Henri n'avait pu s'empêcher de lancer le jeu. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Il court, il court, le fûret des Abers
Auteur
Editeur
Format
Grand Format
Publication
17 octobre 2006
Pages
120
Taille
18 x 11 x 1.5 cm
Poids
0
ISBN-13
9782914532846
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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