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Les Hommes sans Epaules n°42: Dossier Claude Pélieu & la Beat Generation

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
CommentairesLe cut-up est la meilleure chose qui n’est pas, mais qui aurait dû, arriver à la langue française. Pélieu s’y est mis, a essayé, y a travaillé, a réussi ou a faillit réussir couper là où le surréalisme n’a jamais oser aller, c.à.d. couper la phrase, la syntaxe, désyntaxiser, désarticuler, éjointer. Pélieu a compris qu’il fallait couper (« Cut-up Or Shut Up » disait l’ami allemand Carl Weissner) la phrase française. Céline — dont Claude était grand lecteur, évidemment — l’avait fait à sa manière avec ses trois boules, permettant un retour à une oralité de la langue que le français avait perdu depuis belle lurette (tiens, disons-le, depuis Rabelais), une belle oralité qui sauvegarde le phrasé — plus souvent staccato que legato — dans une syntaxe qui bien qu’abrégée, reste pourtant assez classique, donnant la fameuse “petite musique” célinéenne. Pélieu est allé plus loin que Céline même dans cette direction, aidé par les grandes musiques américaines de l’époque, de John Coltrane à Jimmy Hendrix, d’Ornette à Janis. C’est bien cela que les plus radicaux des jeunes poètes français des années 70 ont compris. C’est les électriques, Michel Bulteau et Matthieu Messagier qui ont porté à l’extrême le travail de Pélieu à partir du cut-up et foold-in Burroughsien. Il est essentiel de ne pas limiter Pélieu aux très beaux et séduisants, aux éblouissants poèmes des 10/18 inédits des années 70 comme Jukeboxes ou Tatouages mentholés et cartouches d’Aube. Ces derniers sont les hameçons aux appâts alléchants avec lesquels Claude ferre les lecteurs pour les ramener à l’immense et décapante écriture folle de CE QUE DIT la bouche d’ombre dans le bronze-étoile d’une tête, du Journal blanc du hasard, d’Embruns d’exil traduits du silence et autres livres ni-poème, ni-prose, ni-essais mais qui sont le plus simplement et le plus complexement du monde de l’écriture, « writing writing » comme aurait dit Gertrude Stein. J’insiste: l’écriture de Claude Pélieu reste à découvrir au-delà d’une romantique association avec les poètes&écrivains beats (et cela malgré les magnifiques traductions de Claude et de Mary), association qui limite la portée de son travail. Nous espérons que ce dossier (concept qui aurait fait rigoler Claude) va aider à ouvrir les yeux et les oreilles de nouveaux lecteurs et à nous guérir de ce que Benoît Delaune a appelé « un écoeurement devant le silence assourdissant des … dernières années qui entoure l'une des œuvres poétiques les plus originales et séduisantes de la fin du XXe siècle. » Pendant quarante ans Claude Pélieu aura travaillé sans relâche et avec un imparable humour infra-noir et ultra-violet à désosser les calamités du siècle finissant. Let’s cut to Claude par un segue Jukeboxes où il sedéfinit : je suis la vague de désillusions qui gronde je suis ce cadavre rebaptisé par le Zombie en soutane je suis encore chaud&je ressemble aux vivants comme 2 gouttes d'eau Pierre JORIS (Revue Les Hommes sans Épaules). ,CommentairesNOUVELLE DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE Le Soleil Noir ouvre le ciel&lave le jeu d’échecs de la haute mer. Le Soleil Noir n’a pas dit son dernier mot.&les crocs microscopiques de la vie empaillés entre les ouïs de la Roue Tibétaine écrivent l’histoire – Un voyage à travers les entrailles d’une syntaxe personnelle, les thèmes se développant, divaguant d’un pôle à l’autre, avec tous les soleils, errant encore une fois, illuminant ce que la poésie voulait qu’ils soient – Mots-virus&images-gadgets n’ont pas abandonné les frappes&les garçons de courses. Ils célèbrent encore une fois les déflagrations de la Mort&les gestes des nuages n’ont pas encorevisité les ghettos – Dans l’avion explosion d’images. Sur l’écran frémissement du temps. Images guerrières d’un bout à l’autre du monde – L’absence fortifie le sang. L’exil est l’antidote de l’habitude. Mais les chiens casqués&bottés ont tué l’idée même du désir – Dans les puits de la Fenêtre Rose l’air du silence en fête, puis une odeur d’hôpital envahit l’insomnie de la TV Tuberculeuse – Le Catalogue du Vent flambe – Les bibliothèques sont incendiés _ N’ayons plus que le strict nécessaire. L’écume des chiffres me fait dégueuler. Les yeux naufragés n’ont plus de secrets – Le rétroviseur s’incline é l’écriture blanche du silence dévale ces pentes verdoyantes&rousses. Nos îles tanguent. La majorité silencieuse fignole sa laideur – Les herbes magiques n’ont jamais menacé les fleurs. Mais les vies antérieures se décalquent sur les vies futures. Près du Fleuve la flambée rauque&blanche des foules en armes. Les masques rugissent puis tombent. Poussière. Brouillard. Mort – Le Chant Silencieux des Sierras fut tissé par les cris des indiens. (ô langues de pierre pourpreségorgeuses de sexes)- Un rêve gris-bleu étreint le poste de pilotage. L’orgue électrique ignore la douleur&la peau du vent dévore pulpes&entrailles. Les chiffres bâillent&gémissent au-dessus des Océans. Le paysage respire dans le labyrinthe de ce monde, prisonnier de l’ombre, froide&malade – L’ombre rassemble ses petits. Les phoques jouent sur les grands rochers plats. Les mouettes et les courlis volent au ras de l’eau. Les sandpipers trépignent sur le sable. Le vent s’engouffre dans le canyon – Joe Army&Supersquare s’étreignent. Ils ont bu le même jus de haine. Mais les grandes ombres ouvrent le feu dans ces marges. Et les arbres pleurent, les rocs hurlent, le sable saigne. C’EST ICI À PERTE DE VUE QUE BRÛLE L’ESPRIT. Claude PÉLIEU (Revue Les Hommes sans Épaules). ,PrésentationÉditorial : « Le poète n’admet pas qu’on fonde une religion sur ses vertèbres ou son cerveau », par Christophe DAUPHIN / Les Porteurs de Feu : Hans Magnus ENZENSBERGER, par Karel Hadek ; Cees NOOTEBOOM, par César Birène / Ainsi furent les Wah 1 : Lawrence FERLINGHETTI, Gregory CORSO, Bob KAUFMAN, Vim KARÉNINE, Gérard CLÉRY, Odile COHEN-ABBAS, Alain BRISSIAUD / Dossier : CLAUDE PÉLIEU&LA BEAT GENERATION, par Pierre Joris et Alain Brissiaud, Choix de poèmes de Claude PÉLIEU, Autour de Claude PÉLIEU (Poèmes de Kerouac, Beck, Ginsberg, Solomon, Sanders, Joris, Sourdin) / La mémoire, la poésie : ALLEN GINSBERG, par Claude PÉLIEU&Christophe DAUPHIN / Ainsi furent les Wah 2 : Jacqueline LALANDE, Yves BOUTROUE, Frédéric TISON, Serge NÚÑEZ TOLIN, Martine CALU, Patrick BEAUCAMPS, Samaël STEINER / Une voix, une œuvre : Colette KLEIN, par Gérard CLÉRY / Dans les cheveux d’Aoûn : ROGER VAILLAND L’INFRÉQUENTABLE, par Jehan Van Langhenhoven / Les entretiens des HSE : À propos de Pierre PINONCELLI, Entretien avec Virgile NOVARINA, par Marie-France DUBROMEL / Les pages libres des HSE : Guy CHAMBELLAND, Elodia TURKI, Paul FARELLIER, Alain BRETON, Christophe DAUPHIN / Avec la moelle des arbres, Notes de lecture de : Odile COHEN-ABBAS, Jean-Louis BERNARD, Jean CHATARD, Christophe DAUPHIN, Gérard PARIS, Paul FARELLIER / Infos / Échos des HSE : par Claude ARGÈS, avec des textes de Lionel LATHUILLE, Ashraf FAYAD, Virginia TENTINDO, Armand GAUSSET, Marc PATIN, Imre KERTÉSZ, Frédéric TISON, Alain BRISSIAUD, Christophe de PONFILLY,&Jean-Michel ROBERT. 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CommentairesLe cut-up est la meilleure chose qui n’est pas, mais qui aurait dû, arriver à la langue française. Pélieu s’y est mis, a essayé, y a travaillé, a réussi ou a faillit réussir couper là où le surréalisme n’a jamais oser aller, c.à.d. couper la phrase, la syntaxe, désyntaxiser, désarticuler, éjointer. Pélieu a compris qu’il fallait couper (« Cut-up Or Shut Up » disait l’ami allemand Carl Weissner) la phrase française. Céline — dont Claude était grand lecteur, évidemment — l’avait fait à sa manière avec ses trois boules, permettant un retour à une oralité de la langue que le français avait perdu depuis belle lurette (tiens, disons-le, depuis Rabelais), une belle oralité qui sauvegarde le phrasé — plus souvent staccato que legato — dans une syntaxe qui bien qu’abrégée, reste pourtant assez classique, donnant la fameuse “petite musique” célinéenne. Pélieu est allé plus loin que Céline même dans cette direction, aidé par les grandes musiques américaines de l’époque, de John Coltrane à Jimmy Hendrix, d’Ornette à Janis. C’est bien cela que les plus radicaux des jeunes poètes français des années 70 ont compris. C’est les électriques, Michel Bulteau et Matthieu Messagier qui ont porté à l’extrême le travail de Pélieu à partir du cut-up et foold-in Burroughsien. Il est essentiel de ne pas limiter Pélieu aux très beaux et séduisants, aux éblouissants poèmes des 10/18 inédits des années 70 comme Jukeboxes ou Tatouages mentholés et cartouches d’Aube. Ces derniers sont les hameçons aux appâts alléchants avec lesquels Claude ferre les lecteurs pour les ramener à l’immense et décapante écriture folle de CE QUE DIT la bouche d’ombre dans le bronze-étoile d’une tête, du Journal blanc du hasard, d’Embruns d’exil traduits du silence et autres livres ni-poème, ni-prose, ni-essais mais qui sont le plus simplement et le plus complexement du monde de l’écriture, « writing writing » comme aurait dit Gertrude Stein. J’insiste: l’écriture de Claude Pélieu reste à découvrir au-delà d’une romantique association avec les poètes&écrivains beats (et cela malgré les magnifiques traductions de Claude et de Mary), association qui limite la portée de son travail. Nous espérons que ce dossier (concept qui aurait fait rigoler Claude) va aider à ouvrir les yeux et les oreilles de nouveaux lecteurs et à nous guérir de ce que Benoît Delaune a appelé « un écoeurement devant le silence assourdissant des … dernières années qui entoure l'une des œuvres poétiques les plus originales et séduisantes de la fin du XXe siècle. » Pendant quarante ans Claude Pélieu aura travaillé sans relâche et avec un imparable humour infra-noir et ultra-violet à désosser les calamités du siècle finissant. Let’s cut to Claude par un segue Jukeboxes où il sedéfinit : je suis la vague de désillusions qui gronde je suis ce cadavre rebaptisé par le Zombie en soutane je suis encore chaud&je ressemble aux vivants comme 2 gouttes d'eau Pierre JORIS (Revue Les Hommes sans Épaules). ,CommentairesNOUVELLE DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE Le Soleil Noir ouvre le ciel&lave le jeu d’échecs de la haute mer. Le Soleil Noir n’a pas dit son dernier mot.&les crocs microscopiques de la vie empaillés entre les ouïs de la Roue Tibétaine écrivent l’histoire – Un voyage à travers les entrailles d’une syntaxe personnelle, les thèmes se développant, divaguant d’un pôle à l’autre, avec tous les soleils, errant encore une fois, illuminant ce que la poésie voulait qu’ils soient – Mots-virus&images-gadgets n’ont pas abandonné les frappes&les garçons de courses. Ils célèbrent encore une fois les déflagrations de la Mort&les gestes des nuages n’ont pas encorevisité les ghettos – Dans l’avion explosion d’images. Sur l’écran frémissement du temps. Images guerrières d’un bout à l’autre du monde – L’absence fortifie le sang. L’exil est l’antidote de l’habitude. Mais les chiens casqués&bottés ont tué l’idée même du désir – Dans les puits de la Fenêtre Rose l’air du silence en fête, puis une odeur d’hôpital envahit l’insomnie de la TV Tuberculeuse – Le Catalogue du Vent flambe – Les bibliothèques sont incendiés _ N’ayons plus que le strict nécessaire. L’écume des chiffres me fait dégueuler. Les yeux naufragés n’ont plus de secrets – Le rétroviseur s’incline é l’écriture blanche du silence dévale ces pentes verdoyantes&rousses. Nos îles tanguent. La majorité silencieuse fignole sa laideur – Les herbes magiques n’ont jamais menacé les fleurs. Mais les vies antérieures se décalquent sur les vies futures. Près du Fleuve la flambée rauque&blanche des foules en armes. Les masques rugissent puis tombent. Poussière. Brouillard. Mort – Le Chant Silencieux des Sierras fut tissé par les cris des indiens. (ô langues de pierre pourpreségorgeuses de sexes)- Un rêve gris-bleu étreint le poste de pilotage. L’orgue électrique ignore la douleur&la peau du vent dévore pulpes&entrailles. Les chiffres bâillent&gémissent au-dessus des Océans. Le paysage respire dans le labyrinthe de ce monde, prisonnier de l’ombre, froide&malade – L’ombre rassemble ses petits. Les phoques jouent sur les grands rochers plats. Les mouettes et les courlis volent au ras de l’eau. Les sandpipers trépignent sur le sable. Le vent s’engouffre dans le canyon – Joe Army&Supersquare s’étreignent. Ils ont bu le même jus de haine. Mais les grandes ombres ouvrent le feu dans ces marges. Et les arbres pleurent, les rocs hurlent, le sable saigne. C’EST ICI À PERTE DE VUE QUE BRÛLE L’ESPRIT. Claude PÉLIEU (Revue Les Hommes sans Épaules). ,PrésentationÉditorial : « Le poète n’admet pas qu’on fonde une religion sur ses vertèbres ou son cerveau », par Christophe DAUPHIN / Les Porteurs de Feu : Hans Magnus ENZENSBERGER, par Karel Hadek ; Cees NOOTEBOOM, par César Birène / Ainsi furent les Wah 1 : Lawrence FERLINGHETTI, Gregory CORSO, Bob KAUFMAN, Vim KARÉNINE, Gérard CLÉRY, Odile COHEN-ABBAS, Alain BRISSIAUD / Dossier : CLAUDE PÉLIEU&LA BEAT GENERATION, par Pierre Joris et Alain Brissiaud, Choix de poèmes de Claude PÉLIEU, Autour de Claude PÉLIEU (Poèmes de Kerouac, Beck, Ginsberg, Solomon, Sanders, Joris, Sourdin) / La mémoire, la poésie : ALLEN GINSBERG, par Claude PÉLIEU&Christophe DAUPHIN / Ainsi furent les Wah 2 : Jacqueline LALANDE, Yves BOUTROUE, Frédéric TISON, Serge NÚÑEZ TOLIN, Martine CALU, Patrick BEAUCAMPS, Samaël STEINER / Une voix, une œuvre : Colette KLEIN, par Gérard CLÉRY / Dans les cheveux d’Aoûn : ROGER VAILLAND L’INFRÉQUENTABLE, par Jehan Van Langhenhoven / Les entretiens des HSE : À propos de Pierre PINONCELLI, Entretien avec Virgile NOVARINA, par Marie-France DUBROMEL / Les pages libres des HSE : Guy CHAMBELLAND, Elodia TURKI, Paul FARELLIER, Alain BRETON, Christophe DAUPHIN / Avec la moelle des arbres, Notes de lecture de : Odile COHEN-ABBAS, Jean-Louis BERNARD, Jean CHATARD, Christophe DAUPHIN, Gérard PARIS, Paul FARELLIER / Infos / Échos des HSE : par Claude ARGÈS, avec des textes de Lionel LATHUILLE, Ashraf FAYAD, Virginia TENTINDO, Armand GAUSSET, Marc PATIN, Imre KERTÉSZ, Frédéric TISON, Alain BRISSIAUD, Christophe de PONFILLY,&Jean-Michel ROBERT. 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Détails du livre

Titre complet
CLAUDE PELIEU & la Beat Generation
Auteur
Editeur
Format
Broché
Publication
29 août 2016
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
324
Taille
21 x 13 x 2.3 cm
Poids
370
ISBN-13
9782912093479
Livré entre : 11 juillet - 14 juillet
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