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Le Pitch
Présentation La libération des femmes passe par la rupture avec les références et les institutions religieuses: voilà qui résume la vision de bon nombre de féministes des années 1960 à nos jours et dont les slogans peints sur les poitrines nues des Femen constituent une résurgence contemporaine. Cette posture critique, légitime, repose d'abord sur le constat du statut subalterne réservé aux femmes au sein du christianisme, du judaïsme et de l’islam. Aux yeux des féministes, le point le plus problématique réside dans l’impact négatif des trois monothéismes sur les rôles assignés aux femmes au sein de la société civile. Les renvoyant à leur nature et à leur fonction de mère et d’épouse, le différencialisme – le plus souvent offensif – qui imprègne ces traditions religieuses s’accompagne en effet de positions très restrictives à l’égard des femmes sur toute question concernant la libre disposition de leur corps (droit à la contraception et à l’avortement, légitimité d’une sexualité non reproductive et indépendante du mariage, égalité de traitement entre homos et hétéros). Ce bilan critique est-il venu sceller la conviction chez la plupart des féministes laïques ou non croyantes qu’une véritable avancée du féminisme supposait de renoncer à toute forme de croyances et de pratiques religieuses ou spirituelles, considérées comme nécessairement discriminatoires et aliénantes. Or, bien avant les années 1970 déjà, des revendications féministes émergent au sein des trois monothéismes majeurs, mais ce n’est qu’à ce moment-là que ce positionnement se structure et s’organise davantage, devenant ainsi plus lisible en particulier pour le christianisme et le judaïsme. A la même période, une claire dimension féministe se dessine également dans différents nouveaux mouvements religieux (Wicca, culte de la Grande déesse, etc.). Dans les années 1980-1990 enfin, on assiste à l’émergence et à la diffusion, dans différents contextes socio-géographiques, des féminismes islamiques. En proposant de consacrer un numéro de NQF au sujet « Féminismes religieux - Spiritualités féministes », nous souhaitions mieux comprendre cette réalité socio-historique – souvent peu connue dans nos milieux francophones –, à savoir la structuration d’une critique féministe « de l’intérieur », portée par des femmes optant pour une posture féministe tout en s’engageant au sein d’un des trois monothéismes ou d’un nouveau mouvement religieux ou spirituel. Il s’agit là des traditions religieuses les plus présentes dans les sociétés occidentales de la deuxième moitié du XXe siècle. Le religieux est partie intégrante des conditions de vie des femmes, non seulement une cause mais aussi un possible levier pour les changer. L’examen des stratégies féministes que certaines déploient dans divers contextes religieux rend visibles et lisibles les marges de manœuvre qui existent dans les espaces religieux, même lorsque ceux-ci sont très institutionnalisés et codifiés. Au bout du compte, ce numéro suggère que le féminisme peut dépasser les frontières entre le monde religieux et le monde séculier, celles-ci étant bien plus poreuses que veulent nous le faire croire les fondamentalistes. Afficher moinsAfficher plus
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Présentation La libération des femmes passe par la rupture avec les références et les institutions religieuses: voilà qui résume la vision de bon nombre de féministes des années 1960 à nos jours et dont les slogans peints sur les poitrines nues des Femen constituent une résurgence contemporaine. Cette posture critique, légitime, repose d'abord sur le constat du statut subalterne réservé aux femmes au sein du christianisme, du judaïsme et de l’islam. Aux yeux des féministes, le point le plus problématique réside dans l’impact négatif des trois monothéismes sur les rôles assignés aux femmes au sein de la société civile. Les renvoyant à leur nature et à leur fonction de mère et d’épouse, le différencialisme – le plus souvent offensif – qui imprègne ces traditions religieuses s’accompagne en effet de positions très restrictives à l’égard des femmes sur toute question concernant la libre disposition de leur corps (droit à la contraception et à l’avortement, légitimité d’une sexualité non reproductive et indépendante du mariage, égalité de traitement entre homos et hétéros). Ce bilan critique est-il venu sceller la conviction chez la plupart des féministes laïques ou non croyantes qu’une véritable avancée du féminisme supposait de renoncer à toute forme de croyances et de pratiques religieuses ou spirituelles, considérées comme nécessairement discriminatoires et aliénantes. Or, bien avant les années 1970 déjà, des revendications féministes émergent au sein des trois monothéismes majeurs, mais ce n’est qu’à ce moment-là que ce positionnement se structure et s’organise davantage, devenant ainsi plus lisible en particulier pour le christianisme et le judaïsme. A la même période, une claire dimension féministe se dessine également dans différents nouveaux mouvements religieux (Wicca, culte de la Grande déesse, etc.). Dans les années 1980-1990 enfin, on assiste à l’émergence et à la diffusion, dans différents contextes socio-géographiques, des féminismes islamiques. En proposant de consacrer un numéro de NQF au sujet « Féminismes religieux - Spiritualités féministes », nous souhaitions mieux comprendre cette réalité socio-historique – souvent peu connue dans nos milieux francophones –, à savoir la structuration d’une critique féministe « de l’intérieur », portée par des femmes optant pour une posture féministe tout en s’engageant au sein d’un des trois monothéismes ou d’un nouveau mouvement religieux ou spirituel. Il s’agit là des traditions religieuses les plus présentes dans les sociétés occidentales de la deuxième moitié du XXe siècle. Le religieux est partie intégrante des conditions de vie des femmes, non seulement une cause mais aussi un possible levier pour les changer. L’examen des stratégies féministes que certaines déploient dans divers contextes religieux rend visibles et lisibles les marges de manœuvre qui existent dans les espaces religieux, même lorsque ceux-ci sont très institutionnalisés et codifiés. Au bout du compte, ce numéro suggère que le féminisme peut dépasser les frontières entre le monde religieux et le monde séculier, celles-ci étant bien plus poreuses que veulent nous le faire croire les fondamentalistes. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Nouvelles Questions Féministes, vol. 38-n°1/2019
Publication
13 juin 2019
Co-auteur
Boulet, Elsa
Co-auteur
Charnley, Joy
Co-auteur
Marry, Catherine
Co-auteur
Modak, Marianne
Co-auteur
Mozziconacci, Vanina
Co-auteur
Stauffer, Laeticia
Co-auteur
Weil, Armelle
Préface
Becci, Irène
Préface
Fueger, Helene
Préface
Fussinger, Catherine
Auteur
Gasquet, Béatrice De
Préface
Mahfoudh, Amel
Contributeur
Essyad, Anouk
Contributeur
Lamamra, Nadia
Auteur
Anteby-Yemini Lisa,
Co-auteur
Modak, Marianne
Préface
Mahfoudh, Amel
Auteur
Goldstein, Elyse
Auteur
Hamidi, Malika
Auteur
Masquelier, Juliette
Auteur
Roy, Marie-Andrée
Auteur
Savoy, Lauriane
Auteur
Schrago, Sophie
Auteur
Snyder, Patrick
Pages
216
Taille
24 x 16 x 1.5 cm
Poids
0
ISBN-13
9782889011605

Auteur

Livré entre : 23 juin - 26 juin
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