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En écrivant la vie me quitte

4.0

(6)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
ExtraitFaire un monde avec rien.C’était l’enfance.Jette-toi dans la mort, rien n’est détruit. Et dans nos mains l’affranchissement des insectes qu’on écrase sans crainte, étonnés seulement par les petites taches brunes sur les doigts.,PrésentationL’œuvre de Raphaële George est aussi brève qu’intense si l’on s’en tient au Petit vélo beige (1977) et à L’Éloge de la fatigue (1985), ses deux seuls livres publiés de son vivant. Ce serait oublier le continent souterrain des nombreux manuscrits et carnets laissés à son décès, survenu en 1985 à l’âge de 34 ans. La parution de Je suis le monde qui me blesse, son journal intégral, en 2017, avait donné un nouveau regard sur le parcours de cette poétesse incomparable, dévoilant ses forces et ses hantises. Nous donnons à lire aujourd’hui l’intégralité d’un carnet retrouvé dans les archives de l’autrice. Daté de 1982, il témoigne d’une impulsion nouvelle de Raphaële George vers l’écriture fragmentaire. Elle ne s’est jamais complètement glissée dans l’écriture versifiée, et le sentiment de plus en plus prégnant de « fatigue » qui l’habite interrompt rapidement ses vastes tentatives de prose. Dans ces fragments, elle trouve une souplesse formelle qui lui autorise une liberté inédite, donnant la pleine mesure de son écriture foudroyante, tout en arrêtant à temps, au point d’incandescence – c’est-à-dire au bord d’un vertige qui par ailleurs la consume –, sa puissante mélancolie. Ni journal, ni réservoir, il s’agit d’un laboratoire où tous les éléments de sa chimie littéraire interagissent entre eux : effacement, séparation, angoisse de la nuit, de n’être que pure conscience, donc pure perte de matière, pure dispersion quand elle voudrait atteindre un corps, comme on touche terre, et y loger. Elle cherche, au fond, une pesanteur qui ne lui pèserait pas, une assurance d’être en vie. Sa poésie est celle des fantômes, des visages et des murs, et des façons de traverser les parois, de trouver « une fissure à la surface ». Ici les draps – ceux des fantômes donc, mais aussi ceux sur lesquels la poète plasticienne aimait peindre, les laissant flotter devant les fenêtres – sont les supports du temps, des mains et de l’oubli, une « simple passation de tissu et de peau » entre le regard et le monde, entre abolition et incarnation. Elle lutte contre le sommeil, tétanisée par la « crainte de ne pas s’éveiller », qui est comme un ensevelissement, un suaire, un passage vers la mort ou tout du moins témoigne de l’incertitude « d’en revenir vivant ». L’existence devient lentement une lutte pour la survie même, jusqu’à la difficulté de se lever, à aller au-devant du monde avec cette charge d’épuisement, et l’écriture nous plonge sous la surface, en quête de ces pays, de ces mondes qu’on ne gagne pas « sans y perdre », ceux qui s’étendent sous notre propre visage. Quels signes remontent alors des profondeurs ? Quel écho revient respirer à la surface ? Raphaële George, qui sait que ce n’est pas tant la mort qui nous emporte mais bien la vie qui « capitule en nous », cherche dans ces pages un appui fragile, une ligne de crête, un désir impossible, un état d’être qui ne serait ni séparé, ni blessé.,Note biographiqueRaphaële George (de son vrai nom Ghislaine Amon), est née le 2 avril 1951 à Paris. Son premier livre, Le Petit Vélo beige, paraît en 1977 aux éditions de l’Athanor. Elle fonde la revue Les Cahiers du double avec Mireille Andrès, Patrick Rousseau et Jean-Louis Giovannoni, et la dirige avec ce dernier jusqu’en 1981. Parallèlement à ses activités littéraires – publications en revue et articles de critique dans le journal Libération – elle développe une œuvre de peintre et expose fréquemment, seule ou en groupe. En 1978, elle met en chantier avec son ami Vincent Verdeguer plusieurs fresques murales éphémères, faites à deux sur les murs des entrepôts de Bercy alors laissés à l'abandon. Certains de ses travaux sont conservés dans les Fonds d’Art Contemporain de la Ville de Paris. Le 6 mars 1984, Ghislaine Amon décide de changer de nom d’écrivain et de ne plus signer désormais que sous le nom de Raphaële George ; elle publie peu après Les Nuits échangées suivi de L’Éloge de la fatigue aux éditions Lettres Vives. Elle décède le 30 avril 1985. Paraîtront à titre posthume Psaume de silence en 1986 et Double intérieur en 2014 aux éditions Lettres Vives, ainsi que L’Absence réelle, écrit avec Jean-Louis Giovannoni, aux Editions Unes. Afficher moinsAfficher plus

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ExtraitFaire un monde avec rien.C’était l’enfance.Jette-toi dans la mort, rien n’est détruit. Et dans nos mains l’affranchissement des insectes qu’on écrase sans crainte, étonnés seulement par les petites taches brunes sur les doigts.,PrésentationL’œuvre de Raphaële George est aussi brève qu’intense si l’on s’en tient au Petit vélo beige (1977) et à L’Éloge de la fatigue (1985), ses deux seuls livres publiés de son vivant. Ce serait oublier le continent souterrain des nombreux manuscrits et carnets laissés à son décès, survenu en 1985 à l’âge de 34 ans. La parution de Je suis le monde qui me blesse, son journal intégral, en 2017, avait donné un nouveau regard sur le parcours de cette poétesse incomparable, dévoilant ses forces et ses hantises. Nous donnons à lire aujourd’hui l’intégralité d’un carnet retrouvé dans les archives de l’autrice. Daté de 1982, il témoigne d’une impulsion nouvelle de Raphaële George vers l’écriture fragmentaire. Elle ne s’est jamais complètement glissée dans l’écriture versifiée, et le sentiment de plus en plus prégnant de « fatigue » qui l’habite interrompt rapidement ses vastes tentatives de prose. Dans ces fragments, elle trouve une souplesse formelle qui lui autorise une liberté inédite, donnant la pleine mesure de son écriture foudroyante, tout en arrêtant à temps, au point d’incandescence – c’est-à-dire au bord d’un vertige qui par ailleurs la consume –, sa puissante mélancolie. Ni journal, ni réservoir, il s’agit d’un laboratoire où tous les éléments de sa chimie littéraire interagissent entre eux : effacement, séparation, angoisse de la nuit, de n’être que pure conscience, donc pure perte de matière, pure dispersion quand elle voudrait atteindre un corps, comme on touche terre, et y loger. Elle cherche, au fond, une pesanteur qui ne lui pèserait pas, une assurance d’être en vie. Sa poésie est celle des fantômes, des visages et des murs, et des façons de traverser les parois, de trouver « une fissure à la surface ». Ici les draps – ceux des fantômes donc, mais aussi ceux sur lesquels la poète plasticienne aimait peindre, les laissant flotter devant les fenêtres – sont les supports du temps, des mains et de l’oubli, une « simple passation de tissu et de peau » entre le regard et le monde, entre abolition et incarnation. Elle lutte contre le sommeil, tétanisée par la « crainte de ne pas s’éveiller », qui est comme un ensevelissement, un suaire, un passage vers la mort ou tout du moins témoigne de l’incertitude « d’en revenir vivant ». L’existence devient lentement une lutte pour la survie même, jusqu’à la difficulté de se lever, à aller au-devant du monde avec cette charge d’épuisement, et l’écriture nous plonge sous la surface, en quête de ces pays, de ces mondes qu’on ne gagne pas « sans y perdre », ceux qui s’étendent sous notre propre visage. Quels signes remontent alors des profondeurs ? Quel écho revient respirer à la surface ? Raphaële George, qui sait que ce n’est pas tant la mort qui nous emporte mais bien la vie qui « capitule en nous », cherche dans ces pages un appui fragile, une ligne de crête, un désir impossible, un état d’être qui ne serait ni séparé, ni blessé.,Note biographiqueRaphaële George (de son vrai nom Ghislaine Amon), est née le 2 avril 1951 à Paris. Son premier livre, Le Petit Vélo beige, paraît en 1977 aux éditions de l’Athanor. Elle fonde la revue Les Cahiers du double avec Mireille Andrès, Patrick Rousseau et Jean-Louis Giovannoni, et la dirige avec ce dernier jusqu’en 1981. Parallèlement à ses activités littéraires – publications en revue et articles de critique dans le journal Libération – elle développe une œuvre de peintre et expose fréquemment, seule ou en groupe. En 1978, elle met en chantier avec son ami Vincent Verdeguer plusieurs fresques murales éphémères, faites à deux sur les murs des entrepôts de Bercy alors laissés à l'abandon. Certains de ses travaux sont conservés dans les Fonds d’Art Contemporain de la Ville de Paris. Le 6 mars 1984, Ghislaine Amon décide de changer de nom d’écrivain et de ne plus signer désormais que sous le nom de Raphaële George ; elle publie peu après Les Nuits échangées suivi de L’Éloge de la fatigue aux éditions Lettres Vives. Elle décède le 30 avril 1985. Paraîtront à titre posthume Psaume de silence en 1986 et Double intérieur en 2014 aux éditions Lettres Vives, ainsi que L’Absence réelle, écrit avec Jean-Louis Giovannoni, aux Editions Unes. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
En écrivant la vie me quitte
Format
Grand Format
Publication
15 janvier 2025
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
56
Taille
21 x 15.1 x 0.8 cm
Poids
124
ISBN-13
9782877042895

Auteur

Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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