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Anne et Patrick Poirier

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Anne et Patrick Poirier : Vade-mecum Extrait Des ruines de paysages industriels calcinés émergeant d'une eau noire, des scènes d'accidents et de batailles, des navires échoués : Mundus Subterraneus témoigne d'une catastrophe. À la surface d'un grand bassin circulaire de plus de quarante mètres de diamètre, se succèdent des espaces de désastres, uniformément noirs, faiblement éclairés par des lumières rouges et partiellement enveloppés, toutes les dix minutes exactement, d'un nuage de fumée. C'est à l'aide de télescopes que l'on découvre ces vestiges miniatures, dans la pénombre d'un gazomètre d'Oberhausen. Entre les îles, reliées par des ponts minuscules, circule lentement, obstinément, un petit train électrique. Les musiciens du groupe Lightwave ont conçu la sonorisation de l'installation d'Anne et Patrick Poirier, une musique minimale et concrète, six séries de sons industriels évoquant la mémoire du lieu, dispositif électronique que les spectateurs déclenchent en déplaçant les vingt-quatre télescopes, créant des possibilités infinies d'environnements sonores aléatoires. Nous sommes en 1996. Dehors, il y a la Ruhr, l'Allemagne, le monde. Les ruines industrielles actuelles recouvrent les ruines guerrières anciennes et semblent être des anticipations de destructions à venir. En 1976 un nuage de dioxine avait enveloppé Seveso ; l'accident de l'usine de pesticides de Bhopal en Inde, en 1984, avait tué plus de deux mille personnes; celui de Tchernobyl, en 1986, mettait en évidence l'ampleur du risque nucléaire ainsi que l'opacité des communications gouvernementales et médiatiques. L'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001 posera à son tour la question de l'irresponsabilité partagée dont l'historique des catastrophes industrielles montre la permanence. Les mécanismes de domination et le cynisme économique l'emportent un peu partout sur la planète. Art contextuel ? Conscience d'une urgence écologique ? En partie seulement, caries visions apocalyptiques, dans l'oeuvre d'Anne et Patrick Poirier, sont toujours polysémiques. Celles-ci n'évoquent pas seulement les catastrophes industrielles mais sont aussi, comme beaucoup de leurs travaux, une réflexion sur la guerre. Patrick, né à Nantes en 1942, a perdu son père dans un bombardement. Il a pour premiers souvenirs l'image de la maison familiale en ruines, des photographies d'amoncellements de déblais et de gravats. Anne, née à Marseille en 1941, se souvient que la guerre était «le jeu numéro un» des années qui suivirent la Libération, dans un environnement «tout cassé» mais aussi dans les territoires dangereux et défendus qu'étaient les blockhaus '. Ces souve­nirs resurgissent lorsqu'ils entreprennent de faire oeuvre commune, et plus particulièrement lors d'un voyage en 1970 à Angkor Vat au Cambodge, lorsque la rencontre avec des ruines proliférantes sert de déclic à la remémoration. La menace, la précarité, la nécessité du témoignage et de la mémoire, tout cela est inscrit dans les premiers travaux, ces maquettes de sites archéologiques, ces fictions paradoxales, entre construire et détruire, rassembler et disloquer, qui leur valent une reconnaissance immédiate du «monde de l'art». Dès lors il leur faudra, comme ils l'écrivent plus tard, «Parler de la fragilité. Parce que sur terre tout est fragile et que notre XXe siècle aura été le plus destructeur. Civilisations détruites, Guerres sans précédent, un siècle dépourvu de toute Ethique.» Le traumatisme lié à la guerre est, au moins pour partie, à l'origine de leurs travaux. Art critique, donc ? Sans doute. Cependant, si Mundus Sub-terraneus est, comme nombre des oeuvres des Poirier, une oeuvre-témoignage, évidemment critique, s'y condensent aussi d'autres dimensions du processus créatif qu'ils partagent. Anne et Patrick Poirier ont emprunté le titre de cette installation, Mundus Subterraneus, à un livre d'Athanasius Kircher décou­vert lors d'une résidence au Getty Research Institute de Los Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Anne et Patrick Poirier : Vade-mecum Extrait Des ruines de paysages industriels calcinés émergeant d'une eau noire, des scènes d'accidents et de batailles, des navires échoués : Mundus Subterraneus témoigne d'une catastrophe. À la surface d'un grand bassin circulaire de plus de quarante mètres de diamètre, se succèdent des espaces de désastres, uniformément noirs, faiblement éclairés par des lumières rouges et partiellement enveloppés, toutes les dix minutes exactement, d'un nuage de fumée. C'est à l'aide de télescopes que l'on découvre ces vestiges miniatures, dans la pénombre d'un gazomètre d'Oberhausen. Entre les îles, reliées par des ponts minuscules, circule lentement, obstinément, un petit train électrique. Les musiciens du groupe Lightwave ont conçu la sonorisation de l'installation d'Anne et Patrick Poirier, une musique minimale et concrète, six séries de sons industriels évoquant la mémoire du lieu, dispositif électronique que les spectateurs déclenchent en déplaçant les vingt-quatre télescopes, créant des possibilités infinies d'environnements sonores aléatoires. Nous sommes en 1996. Dehors, il y a la Ruhr, l'Allemagne, le monde. Les ruines industrielles actuelles recouvrent les ruines guerrières anciennes et semblent être des anticipations de destructions à venir. En 1976 un nuage de dioxine avait enveloppé Seveso ; l'accident de l'usine de pesticides de Bhopal en Inde, en 1984, avait tué plus de deux mille personnes; celui de Tchernobyl, en 1986, mettait en évidence l'ampleur du risque nucléaire ainsi que l'opacité des communications gouvernementales et médiatiques. L'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001 posera à son tour la question de l'irresponsabilité partagée dont l'historique des catastrophes industrielles montre la permanence. Les mécanismes de domination et le cynisme économique l'emportent un peu partout sur la planète. Art contextuel ? Conscience d'une urgence écologique ? En partie seulement, caries visions apocalyptiques, dans l'oeuvre d'Anne et Patrick Poirier, sont toujours polysémiques. Celles-ci n'évoquent pas seulement les catastrophes industrielles mais sont aussi, comme beaucoup de leurs travaux, une réflexion sur la guerre. Patrick, né à Nantes en 1942, a perdu son père dans un bombardement. Il a pour premiers souvenirs l'image de la maison familiale en ruines, des photographies d'amoncellements de déblais et de gravats. Anne, née à Marseille en 1941, se souvient que la guerre était «le jeu numéro un» des années qui suivirent la Libération, dans un environnement «tout cassé» mais aussi dans les territoires dangereux et défendus qu'étaient les blockhaus '. Ces souve­nirs resurgissent lorsqu'ils entreprennent de faire oeuvre commune, et plus particulièrement lors d'un voyage en 1970 à Angkor Vat au Cambodge, lorsque la rencontre avec des ruines proliférantes sert de déclic à la remémoration. La menace, la précarité, la nécessité du témoignage et de la mémoire, tout cela est inscrit dans les premiers travaux, ces maquettes de sites archéologiques, ces fictions paradoxales, entre construire et détruire, rassembler et disloquer, qui leur valent une reconnaissance immédiate du «monde de l'art». Dès lors il leur faudra, comme ils l'écrivent plus tard, «Parler de la fragilité. Parce que sur terre tout est fragile et que notre XXe siècle aura été le plus destructeur. Civilisations détruites, Guerres sans précédent, un siècle dépourvu de toute Ethique.» Le traumatisme lié à la guerre est, au moins pour partie, à l'origine de leurs travaux. Art critique, donc ? Sans doute. Cependant, si Mundus Sub-terraneus est, comme nombre des oeuvres des Poirier, une oeuvre-témoignage, évidemment critique, s'y condensent aussi d'autres dimensions du processus créatif qu'ils partagent. Anne et Patrick Poirier ont emprunté le titre de cette installation, Mundus Subterraneus, à un livre d'Athanasius Kircher décou­vert lors d'une résidence au Getty Research Institute de Los Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Anne et Patrick Poirier: Vade-mecum
Editeur
Format
Broché
Publication
20 septembre 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
94
Taille
18 x 12 x 0.7 cm
Poids
0
ISBN-13
9782873173135

Auteur

Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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