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Nos mères

3.7

(110)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre a emporté le père. Mère et fils voudraient se blottir l'un contre l'autre, s'aimer et se le dire, mais tandis que l'une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l'autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots. Soudain la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d'Europe où une autre mère l'attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l'être de lumière qu'elle pourra choyer et qui l'aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes. Ce texte, cruel et tendre à la fois, est avant tout le formidable cri d'un enfant qui, à l'étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie. C'est ce dur apprentissage, fait d'intuition et de solitude, qui lui ouvrira plus tard des perspectives insoupçonnées. Antoine Wauters est né à Liège en 1981. Il a publié deux livres chez Cheyne éditeur.ExtraitElles nous demandent où nous vivons. Tout haut, nous ne répondons rien. Tout bas, nous répondons dans le plus grand et le plus beau lieu entouré de biefs, d'osselets, de cascades d'eau chaude et de fines pluies qui ne souillent pas. Sur une terre blanche. Dans un village de petite taille et de petite montagne que nous n'allons jamais quitter, dit-on. Nous demeurons. Nous disons nous mordons, et nous mordons. Aveugles. Nos pieds nus caressés par les crocs de bêtes noires. Des araignées peut-être. Il y en a tant dans la région. Ou des cafards. Ils escaladent sur nous. Nous portons des pelisses, des gilets de fine laine, mais le plus souvent nous allons nus. Après journée, elles viennent nous chercher derrière les plantations de bananiers, d'orangers et de manguiers où nous vivons dans une abondance verte. Nous mentons. Nos mères nous fixent durement. Elles n'ont encore rien dit mais préparent des sermons, l'air mauvais et une verge à la main dont elles vont déchirer nos peaux, c'est sûr, afin de nous rendre moins fragiles garçons. Elles nous aiment, c'est évident, simplement elles ne supportent plus grand-chose depuis qu'elles sont seules avec nous. Pieds nus sur la terrasse face à la Méditerranée, elles racontent l'épisode de la mort de l'homme de leur vie, mais entre leurs dents, tout bas, toujours entre leurs dents. Mort dans la boue des poussières d'obus disent-elles, et mort dans la poussière des tirs de kalachnikovs des milices adverses répétons-nous, entre nos dents aussi, tout bas, tâchant de ne pas les affoler. Elles, elles voudraient que ce soit ça et rien d'autre : elles et nous, elles avec nous, et nous pour elles. Elles tentent alors de nous capturer, des boucles terminant leurs mains. De nous garder. De nous couver si fort souvent et de nous punir de ce que nous sommes d'affreux gamins et galopins. Elles nous enferment, PA ! et sur nous rabattent les attaches de leurs colliers de perles et de leurs ceintures et de leurs chaussures et de leur deuil et de tas d'autres choses encore, mais nous regardons ailleurs et nous n'en parlons plus. Nous ne regardons pas la pièce où nous sommes enfermés. Non. Nous regardons le soleil et la pluie, le soleil dans la pluie parfois, fixant attentivement les plantations d'arbres fruitiers au loin et les systèmes souvent fort compliqués d'irrigation. Elles nous étouffent quand elles nous parlent. Des paroles doucement agréables. Des chants quelles font venir par les falaises et rouler et enfler jusqu'à nous. Elles crient. Leur enfant. Elles osent poster leur corps sur la terrasse grise de la maison jaune. Mon enfant, mon amour. Elles osent crier. Ma brebis, ma poule d'eau, mon amour. Elles ont, sur la terrasse, des larmes fraîches sous leurs pieds nus. Afficher moinsAfficher plus

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Le Pitch

Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre a emporté le père. Mère et fils voudraient se blottir l'un contre l'autre, s'aimer et se le dire, mais tandis que l'une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l'autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots. Soudain la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d'Europe où une autre mère l'attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l'être de lumière qu'elle pourra choyer et qui l'aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes. Ce texte, cruel et tendre à la fois, est avant tout le formidable cri d'un enfant qui, à l'étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie. C'est ce dur apprentissage, fait d'intuition et de solitude, qui lui ouvrira plus tard des perspectives insoupçonnées. Antoine Wauters est né à Liège en 1981. Il a publié deux livres chez Cheyne éditeur.ExtraitElles nous demandent où nous vivons. Tout haut, nous ne répondons rien. Tout bas, nous répondons dans le plus grand et le plus beau lieu entouré de biefs, d'osselets, de cascades d'eau chaude et de fines pluies qui ne souillent pas. Sur une terre blanche. Dans un village de petite taille et de petite montagne que nous n'allons jamais quitter, dit-on. Nous demeurons. Nous disons nous mordons, et nous mordons. Aveugles. Nos pieds nus caressés par les crocs de bêtes noires. Des araignées peut-être. Il y en a tant dans la région. Ou des cafards. Ils escaladent sur nous. Nous portons des pelisses, des gilets de fine laine, mais le plus souvent nous allons nus. Après journée, elles viennent nous chercher derrière les plantations de bananiers, d'orangers et de manguiers où nous vivons dans une abondance verte. Nous mentons. Nos mères nous fixent durement. Elles n'ont encore rien dit mais préparent des sermons, l'air mauvais et une verge à la main dont elles vont déchirer nos peaux, c'est sûr, afin de nous rendre moins fragiles garçons. Elles nous aiment, c'est évident, simplement elles ne supportent plus grand-chose depuis qu'elles sont seules avec nous. Pieds nus sur la terrasse face à la Méditerranée, elles racontent l'épisode de la mort de l'homme de leur vie, mais entre leurs dents, tout bas, toujours entre leurs dents. Mort dans la boue des poussières d'obus disent-elles, et mort dans la poussière des tirs de kalachnikovs des milices adverses répétons-nous, entre nos dents aussi, tout bas, tâchant de ne pas les affoler. Elles, elles voudraient que ce soit ça et rien d'autre : elles et nous, elles avec nous, et nous pour elles. Elles tentent alors de nous capturer, des boucles terminant leurs mains. De nous garder. De nous couver si fort souvent et de nous punir de ce que nous sommes d'affreux gamins et galopins. Elles nous enferment, PA ! et sur nous rabattent les attaches de leurs colliers de perles et de leurs ceintures et de leurs chaussures et de leur deuil et de tas d'autres choses encore, mais nous regardons ailleurs et nous n'en parlons plus. Nous ne regardons pas la pièce où nous sommes enfermés. Non. Nous regardons le soleil et la pluie, le soleil dans la pluie parfois, fixant attentivement les plantations d'arbres fruitiers au loin et les systèmes souvent fort compliqués d'irrigation. Elles nous étouffent quand elles nous parlent. Des paroles doucement agréables. Des chants quelles font venir par les falaises et rouler et enfler jusqu'à nous. Elles crient. Leur enfant. Elles osent poster leur corps sur la terrasse grise de la maison jaune. Mon enfant, mon amour. Elles osent crier. Ma brebis, ma poule d'eau, mon amour. Elles ont, sur la terrasse, des larmes fraîches sous leurs pieds nus. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Nos mères
Editeur
Format
Grand Format
Publication
09 janvier 2014
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
160
Taille
22.5 x 14.2 x 1.2 cm
Poids
205
ISBN-13
9782864327455

Auteur

Livré entre : 22 mai - 25 mai
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