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Le Dernier Voyage

3.6

(10)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Raymond a soixante-sept ans, il est marinier, veuf et solitaire, il parcourt les canaux au gré des chargements qui sont confiés à son bateau, Le Gueule d'amour, magnifique péniche des années 30. Ce jour-là, à la Bourse de Conflans, il a accepté un fret précieux et bien payé, passant devant deux frères propriétaires de bateaux neufs et rapides. Raymond part avec son chargement pour Arles et, au gré des difficultés du voyage, orages et mauvais tours joués par ses deux concurrents, aiguillonné par l'orgueil d'arriver à temps pour sa livraison, il revoit sa vie ancienne le long des canaux avec sa femme et son fils, dont il ne sait plus rien, une vie qu'il va finir à la barre. L'auteur de ce roman sensible et émouvant, hors des modes, va à l'essentiel avec une tendresse palpable pour son protagoniste et un grand talent pour raconter les paysages naturels et humains. Bruno poissonnier est né en 1956, après une enfance campagnarde en Vendée il devient apiculteur puis batelier. Le Dernier voyage a été publié pour la première fois aux Editions Dupont & Savin en 2003. Il vit actuellement dans le Lot. ExtraitTout le jour un ciel blanc et lourd avait pesé sur la ville, la pressant comme une vendange. Le fleuve s'en écoulait, lentement, dans un air immobile et poisseux qui gommait les rides des courants et des remous, engluait la masse des péniches agglutinées dans la courbe. Derrière elle, l'horizon s'encombrait de noir, un noir de schiste que de temps à autre griffait un éclair. Seul s'y découpait encore, émergeant de la masse des ardoises qui s'y confondaient, le clocher clair de l'église Saint-Maclou. Un chaland glissa vers l'Oise et sa trompe pleura deux fois, répercutant des échos mélancoliques. Sur le quai déserté, un gros homme, chargé de sacs, de paniers et de paquets, tempêtait contre un chien qui lui avait entouré les jambes avec sa laisse de ficelle. L'homme déposa ses courses, délicatement pour ne pas cogner les bouteilles, et des sacs s'effondrèrent, libérant des conserves et des paquets de pâtes. Il se dégagea de la ficelle, menaçant l'animal d'épouvantables représailles puis, courbant un ventre lourd que retenaient à grand-peine de larges bretelles, les jambes écartées, il râtela les pavés de ses grandes mains, ramassant ses provisions, fulminant toujours contre le chien. Guère impressionné, le quadrupède, un bâtard boudiné et grisonnant, s'était assis à deux pas, les yeux plissés, l'air sournois, s'égouttant de toute sa langue. Le maître, qui transpirait lui aussi, la figure rougie entre d'épais favoris gris, se redressa en soufflant, tous les sacs suspendus à ses doigts, et repartit, traînant le chien derrière lui. - Alors Raymond, c'est le départ ? D'une péniche voisine, un petit homme blanchi, vêtu de bleu, grêle sous une grande casquette, venait de héler l'homme au chien. - Comme tu le vois. - Tu passes par le Centre... - Oui parce que le Marne à la Saône n'est pas rouvert. - Ça fait un beau voyage... - Ouais, comme tu dis, un beau voyage. - Alors bonne route, Raymond, et à la prochaine ! - Merci Jacques, à la prochaine. Ils s'éloignèrent, précédés par leurs ombres qui s'allongeaient sur le quai. L'homme grommelait à voix basse pour le chien : - T'as entendu, le Cid ? L'était même pas à la Bourse ce matin et déjà il est au courant. Ils remontèrent le long des péniches amarrées, acco­lées les unes aux autres, pittoresque village flottant, presque pimpant, tout hérissé de mats, d'antennes, de tuyaux de poêle, de fanions et de linge séchant au-dessus des écoutilles. Afficher moinsAfficher plus

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Raymond a soixante-sept ans, il est marinier, veuf et solitaire, il parcourt les canaux au gré des chargements qui sont confiés à son bateau, Le Gueule d'amour, magnifique péniche des années 30. Ce jour-là, à la Bourse de Conflans, il a accepté un fret précieux et bien payé, passant devant deux frères propriétaires de bateaux neufs et rapides. Raymond part avec son chargement pour Arles et, au gré des difficultés du voyage, orages et mauvais tours joués par ses deux concurrents, aiguillonné par l'orgueil d'arriver à temps pour sa livraison, il revoit sa vie ancienne le long des canaux avec sa femme et son fils, dont il ne sait plus rien, une vie qu'il va finir à la barre. L'auteur de ce roman sensible et émouvant, hors des modes, va à l'essentiel avec une tendresse palpable pour son protagoniste et un grand talent pour raconter les paysages naturels et humains. Bruno poissonnier est né en 1956, après une enfance campagnarde en Vendée il devient apiculteur puis batelier. Le Dernier voyage a été publié pour la première fois aux Editions Dupont & Savin en 2003. Il vit actuellement dans le Lot. ExtraitTout le jour un ciel blanc et lourd avait pesé sur la ville, la pressant comme une vendange. Le fleuve s'en écoulait, lentement, dans un air immobile et poisseux qui gommait les rides des courants et des remous, engluait la masse des péniches agglutinées dans la courbe. Derrière elle, l'horizon s'encombrait de noir, un noir de schiste que de temps à autre griffait un éclair. Seul s'y découpait encore, émergeant de la masse des ardoises qui s'y confondaient, le clocher clair de l'église Saint-Maclou. Un chaland glissa vers l'Oise et sa trompe pleura deux fois, répercutant des échos mélancoliques. Sur le quai déserté, un gros homme, chargé de sacs, de paniers et de paquets, tempêtait contre un chien qui lui avait entouré les jambes avec sa laisse de ficelle. L'homme déposa ses courses, délicatement pour ne pas cogner les bouteilles, et des sacs s'effondrèrent, libérant des conserves et des paquets de pâtes. Il se dégagea de la ficelle, menaçant l'animal d'épouvantables représailles puis, courbant un ventre lourd que retenaient à grand-peine de larges bretelles, les jambes écartées, il râtela les pavés de ses grandes mains, ramassant ses provisions, fulminant toujours contre le chien. Guère impressionné, le quadrupède, un bâtard boudiné et grisonnant, s'était assis à deux pas, les yeux plissés, l'air sournois, s'égouttant de toute sa langue. Le maître, qui transpirait lui aussi, la figure rougie entre d'épais favoris gris, se redressa en soufflant, tous les sacs suspendus à ses doigts, et repartit, traînant le chien derrière lui. - Alors Raymond, c'est le départ ? D'une péniche voisine, un petit homme blanchi, vêtu de bleu, grêle sous une grande casquette, venait de héler l'homme au chien. - Comme tu le vois. - Tu passes par le Centre... - Oui parce que le Marne à la Saône n'est pas rouvert. - Ça fait un beau voyage... - Ouais, comme tu dis, un beau voyage. - Alors bonne route, Raymond, et à la prochaine ! - Merci Jacques, à la prochaine. Ils s'éloignèrent, précédés par leurs ombres qui s'allongeaient sur le quai. L'homme grommelait à voix basse pour le chien : - T'as entendu, le Cid ? L'était même pas à la Bourse ce matin et déjà il est au courant. Ils remontèrent le long des péniches amarrées, acco­lées les unes aux autres, pittoresque village flottant, presque pimpant, tout hérissé de mats, d'antennes, de tuyaux de poêle, de fanions et de linge séchant au-dessus des écoutilles. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Le Dernier Voyage
Format
Poche
Publication
21 février 2008
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
117
Taille
19 x 12.5 x 1 cm
Poids
140
ISBN-13
9782864246428

Auteur

Livré entre : 23 janvier - 26 janvier
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