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Andrea Tron (1712-1785): Le maître de Venise

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Lorsque naquit Andréa Tron en 1712, Venise se remettait avec difficulté de deux siècles de guerres incessantes contre l'ennemi turc. Son trésor était vide, son empire avait disparu. Enveloppée dans un magnifique isolement, elle s'éloignait doucement de la réalité, remplaçant le goût du risque et les victoires maritimes par l'attrait du jeu et la poursuite effrénée des plaisirs. La formation particulièrement poussée du jeune patricien, son sens aigu de l'Etat, sa compétence acquise au cours de missions diplomatiques en Europe, lui firent appréhender très jeune les problèmes économiques et politiques qui paralysaient la Sérénissime. Gentilhomme des Lumières, ami et admirateur de Montesquieu, il fut soutenu par sa femme Caterina qui animait un salon littéraire de haute volée, fréquenté entre autres par Goldoni et les frères Gozzi. Devenu procurateur de Saint-Marc, il s'attacha à restaurer la confiance financière et à moderniser les institutions et l'université tout en combattant avec force les tentatives de rébellion contre la puissance du Conseil des Dix, seul garant à ses yeux de la primauté de l'État. Andréa Tron mourut en 1785, douze ans avant la fin de la République de Venise, une fin programmée dont il pressentait dès le milieu du siècle, l'arrivée inéluctable. Toute son action politique, même dans ses aléas les plus contestables, n'eut qu'un but : permettre à Venise de durer. Anne Quéruel, diplômée d'histoire, est passionnée par le XVIIIe siècle et les personnages hors du commun, souvent méconnus, qui le traversent. Elle est l'auteur d'un ouvrage consacré au général-baron Jean-Marie Vergez, Le Bigourdan oublié (Le Capucin, 2004) et d'une biographie romancée de Louis-Hector de Ségure (Loubatières, 2007), sorte de Cyrano pyrénéen, espion du roi Louis XV. Extrait 1712 - 1741 Enfance et premières armes «On chante dans les places, dans les rues, dans les canaux. Le fond du caractère de la nation est la gaieté» (Mémoires) Le Grand Canal amorçait à cet endroit un tournant. Juste après le Fondaco dei Turchi, l'hôtellerie-entrepôt des marchands turcs, la façade en pierre d'Istrie d'un petit palais vénéto-byzantin, inspirée des oeuvres de Sansovino, faisait face au palais Marcello et au palais Grimani-Calergi, de l'autre côté de l'eau. Au-dessus de la traditionnelle porte d'eau par où pénétraient autrefois les marchandises, une loggia aux quatre baies géminées, séparées par de fines colonnes surmontées de chapiteaux ioniques, marquait l'étage noble. Au deuxième étage, on trouvait les mêmes baies bordées d'une simple balustrade de pierre. Une façade élégante d'une remarquable sobriété. L'arriè­re donnait sur un joli jardin autour d'un puits à margelle de pierre. C'est dans ce charmant palais vénitien, par une belle jour­née d'octobre 1712, qu'Andréa Tron vit le jour, à proximité du pont du Rialto, le coeur marchand de la République. Octobre est un mois merveilleux à Venise, une sorte d'été indien avant l'arrivée de l'humidité glaciale et embrumée de novembre. Une lumière toute particulière éclairait les palais recouverts alors de fresques de Véronèse ou de Pordenone, peintes aux siècles précédents, mirant leurs chaudes couleurs dans l'eau glauque du Grand Canal. Sur l'autre rive, on pouvait admirer les dentelles de pierre peintes au XVIe siècle à la feuille d'or sur fond outremer de la Ca d'Oro, la Maison d'Or, une des manifestations les plus somptueuses de l'architecture gothique vénitienne, construite pour servir d'écrin aux amours de la belle Soradamor Zen et de son mari, Marino Contarini. Le Grand Canal, artère principale ondulante de Venise, était parcouru d'une horde bruyante de bateaux, barges de transport colorées ou gondoles. Les commerçants faisaient descendre fruits et légumes sur de grosses barques, des quartiers de Cannareggio et de Santa Croce vers le Rialto, le grand marché vénitien. Les pêcheurs ancraient leurs bateaux pleins à ras bord le long du quai, près du marché aux Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Lorsque naquit Andréa Tron en 1712, Venise se remettait avec difficulté de deux siècles de guerres incessantes contre l'ennemi turc. Son trésor était vide, son empire avait disparu. Enveloppée dans un magnifique isolement, elle s'éloignait doucement de la réalité, remplaçant le goût du risque et les victoires maritimes par l'attrait du jeu et la poursuite effrénée des plaisirs. La formation particulièrement poussée du jeune patricien, son sens aigu de l'Etat, sa compétence acquise au cours de missions diplomatiques en Europe, lui firent appréhender très jeune les problèmes économiques et politiques qui paralysaient la Sérénissime. Gentilhomme des Lumières, ami et admirateur de Montesquieu, il fut soutenu par sa femme Caterina qui animait un salon littéraire de haute volée, fréquenté entre autres par Goldoni et les frères Gozzi. Devenu procurateur de Saint-Marc, il s'attacha à restaurer la confiance financière et à moderniser les institutions et l'université tout en combattant avec force les tentatives de rébellion contre la puissance du Conseil des Dix, seul garant à ses yeux de la primauté de l'État. Andréa Tron mourut en 1785, douze ans avant la fin de la République de Venise, une fin programmée dont il pressentait dès le milieu du siècle, l'arrivée inéluctable. Toute son action politique, même dans ses aléas les plus contestables, n'eut qu'un but : permettre à Venise de durer. Anne Quéruel, diplômée d'histoire, est passionnée par le XVIIIe siècle et les personnages hors du commun, souvent méconnus, qui le traversent. Elle est l'auteur d'un ouvrage consacré au général-baron Jean-Marie Vergez, Le Bigourdan oublié (Le Capucin, 2004) et d'une biographie romancée de Louis-Hector de Ségure (Loubatières, 2007), sorte de Cyrano pyrénéen, espion du roi Louis XV. Extrait 1712 - 1741 Enfance et premières armes «On chante dans les places, dans les rues, dans les canaux. Le fond du caractère de la nation est la gaieté» (Mémoires) Le Grand Canal amorçait à cet endroit un tournant. Juste après le Fondaco dei Turchi, l'hôtellerie-entrepôt des marchands turcs, la façade en pierre d'Istrie d'un petit palais vénéto-byzantin, inspirée des oeuvres de Sansovino, faisait face au palais Marcello et au palais Grimani-Calergi, de l'autre côté de l'eau. Au-dessus de la traditionnelle porte d'eau par où pénétraient autrefois les marchandises, une loggia aux quatre baies géminées, séparées par de fines colonnes surmontées de chapiteaux ioniques, marquait l'étage noble. Au deuxième étage, on trouvait les mêmes baies bordées d'une simple balustrade de pierre. Une façade élégante d'une remarquable sobriété. L'arriè­re donnait sur un joli jardin autour d'un puits à margelle de pierre. C'est dans ce charmant palais vénitien, par une belle jour­née d'octobre 1712, qu'Andréa Tron vit le jour, à proximité du pont du Rialto, le coeur marchand de la République. Octobre est un mois merveilleux à Venise, une sorte d'été indien avant l'arrivée de l'humidité glaciale et embrumée de novembre. Une lumière toute particulière éclairait les palais recouverts alors de fresques de Véronèse ou de Pordenone, peintes aux siècles précédents, mirant leurs chaudes couleurs dans l'eau glauque du Grand Canal. Sur l'autre rive, on pouvait admirer les dentelles de pierre peintes au XVIe siècle à la feuille d'or sur fond outremer de la Ca d'Oro, la Maison d'Or, une des manifestations les plus somptueuses de l'architecture gothique vénitienne, construite pour servir d'écrin aux amours de la belle Soradamor Zen et de son mari, Marino Contarini. Le Grand Canal, artère principale ondulante de Venise, était parcouru d'une horde bruyante de bateaux, barges de transport colorées ou gondoles. Les commerçants faisaient descendre fruits et légumes sur de grosses barques, des quartiers de Cannareggio et de Santa Croce vers le Rialto, le grand marché vénitien. Les pêcheurs ancraient leurs bateaux pleins à ras bord le long du quai, près du marché aux Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Andrea Tron (1712-1785): Le maître de Venise
Format
Broché
Publication
01 janvier 2008
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
253
Taille
21 x 14 x 2 cm
Poids
325
ISBN-13
9782862665511
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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