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Histoire de la laideur féminine

4.1

(10)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur «Toute femme devrait être accablée de honte à la pensée qu'elle est femme.» (Clément d'Alexandrie). Déjà chez Aristote, et bien avant les Pères de l'Église, la femme est matière sans qualité aucune, la qualité restant à l'évidence le propre de l'homme. Tel est le paradoxe du «beau sexe» : source du péché, sa plaisante apparence ne peut que dissimuler un être répugnant. Plus tard, sa beauté enfin reconnue, la femme se voit sommée de s'épanouir dans le mariage et dans la maternité. Haro donc sur les célibataires, les bas-bleus, les féministes, les inverties et autres déviantes de la société, qui ne sont que disgrâce et souvent même monstruosité ! De nos jours, enfin, disposant d'un vaste attirail cosmétique, la voici inexorablement soumise à la tyrannie de la séduction permanente. Insupportable, inexcusable, véritable aberration sociale, la laideur féminine révèle crûment négligence, manque de volonté, pire, secrète pathologie. S'appuyant tout à la fois sur l'histoire, l'anthropologie, la littérature et la peinture, Claudine Sagaert, par cette contribution essentielle à l'histoire des genres, nous permet de mieux comprendre dans quel carcan le corps de la femme a été enfermé durant des siècles, carcan dont elle doit, aujourd'hui comme hier, toujours se libérer... Docteur en sociologie, Claudine Sagaert est professeur de philosophie. Extrait Extrait de l'introduction Nous assistons depuis quelques décennies à une inflation de la prise en compte de l'apparence corporelle. Le rapport au corps demande un travail sur soi de plus en plus contraignant et aliénant et impose l'impératif suivant : «Sois beau ou, du moins, épargne-nous ta laideur.» Paradoxalement, pourtant, la laideur appartient à l'ordre du non-dit. Elle est ce sujet tabou dont personne ne parle mais que tout le monde rejette. En tant que catégorie fondamentale donnant sens à l'existence, elle est cette qualité qui majore ou minore toutes les autres, telle une qualité des qualités, une métaqualité en quelque sorte. «Marqueur d'identité», la laideur participe à l'histoire du sujet et joue un rôle essentiel dans les relations intersubjectives. Si «l'enfer, c'est les autres», ce n'est pas uniquement parce que l'autre juge mes actes, mais aussi parce qu'il m'évalue à partir de mon apparence. Dans le domaine de l'enseignement, de l'emploi, de la justice, des rapports amoureux, de la santé, de manière consciente ou non consciente, le physique n'est jamais anodin, sinon il serait impossible de comprendre pourquoi «la gêne d'une laideur est tout à coup plus lourde à mettre socialement en scène que l'angoisse de mourir : [que] sous l'angle du souci esthétique de soi, un bec-de-lièvre est pire qu'un cancer». Si la laideur collabore à l'écriture de toutes les partitions sur les difficultés existentielles, elle travaille notre condition de mortel. Le vieillissement, la souffrance, l'exclusion ou la maladie sont les refrains qu'elle compose le mieux. De ce fait, il faut bien admettre qu'elle est responsable en puissance de nos inclinations, mais rarement de nos élévations. Par son pouvoir d'aliéner et de contraindre, la laideur persécute l'être, lui ôte une grande part de sa liberté. Elle le rend coupable comme s'il était l'ouvrier, le créateur, le maître d'oeuvre de sa propre infortune. Si la laideur a une histoire, sa généalogie concerne aussi bien l'être féminin que l'être masculin. Mais les textes philosophiques, médicaux, sociologiques et littéraires portant sur la laideur font le plus souvent référence à la femme. Il existe en conséquence une dimension asymétrique entre la laideur de l'homme et celle de la femme. Toutefois, peu d'ouvrages contemporains sur l'histoire du genre, l'histoire des femmes, l'histoire de la beauté différencient l'esthétique de l'homme de celle de la femme, comme si ce caractère n'avait pas été marquant dans la distinction des sexes. Or, les discours qualifiant la laideur et la beauté ont depuis longte Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur «Toute femme devrait être accablée de honte à la pensée qu'elle est femme.» (Clément d'Alexandrie). Déjà chez Aristote, et bien avant les Pères de l'Église, la femme est matière sans qualité aucune, la qualité restant à l'évidence le propre de l'homme. Tel est le paradoxe du «beau sexe» : source du péché, sa plaisante apparence ne peut que dissimuler un être répugnant. Plus tard, sa beauté enfin reconnue, la femme se voit sommée de s'épanouir dans le mariage et dans la maternité. Haro donc sur les célibataires, les bas-bleus, les féministes, les inverties et autres déviantes de la société, qui ne sont que disgrâce et souvent même monstruosité ! De nos jours, enfin, disposant d'un vaste attirail cosmétique, la voici inexorablement soumise à la tyrannie de la séduction permanente. Insupportable, inexcusable, véritable aberration sociale, la laideur féminine révèle crûment négligence, manque de volonté, pire, secrète pathologie. S'appuyant tout à la fois sur l'histoire, l'anthropologie, la littérature et la peinture, Claudine Sagaert, par cette contribution essentielle à l'histoire des genres, nous permet de mieux comprendre dans quel carcan le corps de la femme a été enfermé durant des siècles, carcan dont elle doit, aujourd'hui comme hier, toujours se libérer... Docteur en sociologie, Claudine Sagaert est professeur de philosophie. Extrait Extrait de l'introduction Nous assistons depuis quelques décennies à une inflation de la prise en compte de l'apparence corporelle. Le rapport au corps demande un travail sur soi de plus en plus contraignant et aliénant et impose l'impératif suivant : «Sois beau ou, du moins, épargne-nous ta laideur.» Paradoxalement, pourtant, la laideur appartient à l'ordre du non-dit. Elle est ce sujet tabou dont personne ne parle mais que tout le monde rejette. En tant que catégorie fondamentale donnant sens à l'existence, elle est cette qualité qui majore ou minore toutes les autres, telle une qualité des qualités, une métaqualité en quelque sorte. «Marqueur d'identité», la laideur participe à l'histoire du sujet et joue un rôle essentiel dans les relations intersubjectives. Si «l'enfer, c'est les autres», ce n'est pas uniquement parce que l'autre juge mes actes, mais aussi parce qu'il m'évalue à partir de mon apparence. Dans le domaine de l'enseignement, de l'emploi, de la justice, des rapports amoureux, de la santé, de manière consciente ou non consciente, le physique n'est jamais anodin, sinon il serait impossible de comprendre pourquoi «la gêne d'une laideur est tout à coup plus lourde à mettre socialement en scène que l'angoisse de mourir : [que] sous l'angle du souci esthétique de soi, un bec-de-lièvre est pire qu'un cancer». Si la laideur collabore à l'écriture de toutes les partitions sur les difficultés existentielles, elle travaille notre condition de mortel. Le vieillissement, la souffrance, l'exclusion ou la maladie sont les refrains qu'elle compose le mieux. De ce fait, il faut bien admettre qu'elle est responsable en puissance de nos inclinations, mais rarement de nos élévations. Par son pouvoir d'aliéner et de contraindre, la laideur persécute l'être, lui ôte une grande part de sa liberté. Elle le rend coupable comme s'il était l'ouvrier, le créateur, le maître d'oeuvre de sa propre infortune. Si la laideur a une histoire, sa généalogie concerne aussi bien l'être féminin que l'être masculin. Mais les textes philosophiques, médicaux, sociologiques et littéraires portant sur la laideur font le plus souvent référence à la femme. Il existe en conséquence une dimension asymétrique entre la laideur de l'homme et celle de la femme. Toutefois, peu d'ouvrages contemporains sur l'histoire du genre, l'histoire des femmes, l'histoire de la beauté différencient l'esthétique de l'homme de celle de la femme, comme si ce caractère n'avait pas été marquant dans la distinction des sexes. Or, les discours qualifiant la laideur et la beauté ont depuis longte Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Histoire de la laideur féminine
Editeur
Format
Broché
Publication
18 mars 2015
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
264
Taille
22.7 x 14 x 2.3 cm
Poids
350
ISBN-13
9782849528174

Auteur

Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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