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Moutnedjemet, l'Oubliee

3.8

(6)

Le Pitch
Présentation de l'éditeur «- Regarde, maîtresse, c'est un cadeau de Pharaon. Le garde qui l'a apporté a dit qu'il te fallait porter ce collier ce matin. Nous devons nous dépêcher, Youya est partie depuis un bon moment. Ébahie par le présent très probablement en or serti de turquoises, je demeure coite... Je me sens indigne d'un tel bijou alors que larêt se gonfle d'importance pour m'annoncer : - Maîtresse, te voilà khékérout-nesout. D'ailleurs, dès les premières heures du jour, on a fait déménager tes voisines, preuve que tu vas disposer de plus nombreux serviteurs.» La XVIIIe dynastie du Nouvel Empire prend fin : Akhénaton, Smenkharé, Toutankhamon, Aÿ sont morts, Horemheb leur succède alors qu'il n'appartient pas à la lignée royale. Sa légitimité, il la tient de son épouse, Moutnedjemet reine oubliée de l'Histoire. Belle occasion de lui donner vie : ce roman qui ressemble à une autobiographie respecte les lieux, l'époque, la toponymie, les moeurs d'un temps où les meurtres, les attentats et la lutte pour le pouvoir étaient si habituels que nul ne s'en inquiétait. Maîtresse des Deux Terres, Moutnedjemet a surmonté bien des vicissitudes grâce au lien très fort qui l'unissait à son époux : l'amour. Voilà dix ans déjà que Nicole Voilhes, romancière et biographe, construit une oeuvre emplie de portraits, d'aventures et d'aventurières, d'amour et d'amoureuses pour le plus grand plaisir d'un nombre croissant de lectrices et de lecteurs. Qu'elle fasse revivre la dernière muse de Ronsard ou qu'elle raconte les péripéties de Marie de Beaudry, la belle espionne du Roi Soleil, sa plume excelle à donner vie et chair à l'Histoire, grande ou petite, comme dans cette saisissante évocation de Moutnedjemet, Grande épouse royale. Extrait Emplis ta main avec toutes les fleurs que ton regard peut contempler. Papyrus d'Ani, XVIIIe dynastie. I LES FLEURS DE L'ENFANCE - Ne vous penchez pas au-dessus de l'eau ! La voix d'Agyr vient d'arrêter net l'élan d'Ankhésenpaaton et le mien. Ni la jeune princesse, ni moi, nous ne cueillerons les lotus à portée de nos mains avides. Désappointée, ma complice de toujours observe du coin de l'oeil le départ de notre nourrice. Hélas pour nous, Agyr n'a pas l'intention de cesser sa surveillance. Pour ma part, je ne tiens pas spécialement à cueillir un lotus blanc, mes préférences vont aux bleus, ceux qui s'épanouissent la nuit et auxquels les servantes attribuent des vertus exceptionnelles : garants de santé, de longévité et de bonheur, ces nénuphars bleus sont un don d'Aton, disent-elles. Ma compagne étant fort capable de désobéir, voire de tomber dans le bassin, j'entends la ramener à la raison pour nous éviter à toutes deux une punition sortie de l'imaginative tête de Néfertiti, sa mère. - Ankh, ne t'obstine pas, cela ne sert à rien, Agyr ne cédera pas, tu le sais. Si tu veux des lotus blancs, il te suffira de les demander à Pharaon, un serviteur t'en apportera autant que tu en voudras. La princesse ne renonce cependant pas à son projet : - Moutned, ce n'est pas des fleurs que j'ai envie, c'est de braver l'interdit... Réalise un peu : plus nous avançons en âge, moins nous avons de libertés. Je suis saturée des sempiternelles remarques qu'on me sert : «La fille de Pharaon doit afficher un maintien modeste», «Aton n'aime que les filles obéissantes», «Pour se rendre agréable au dieu unique, une princesse respecte les ordres de sa mère», «La Grande Épouse royale a toujours raison»... Ah ! tiens, je crois que j'aimerais mieux être la fille d'un serviteur que celle de Pharaon. - Ankh, nous ignorons les servitudes des gens du peuple. Je pressens qu'il vaut mieux vivre au Palais que dans les petites maisons des ouvriers de la cité ou, pire, dans les huttes des paysans au bord de l'Itéru. Souviens-toi, à notre dernière sortie, nous avons été épouvantées d'apercevoir des filles de notre âge repiquer des plants dans le limon après la crue. Pieds nus dans la boue, la tête au soleil tout le jour, crois-moi, elles ont dû envier Afficher moinsAfficher plus

Moutnedjemet, l'Oubliee

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Présentation de l'éditeur «- Regarde, maîtresse, c'est un cadeau de Pharaon. Le garde qui l'a apporté a dit qu'il te fallait porter ce collier ce matin. Nous devons nous dépêcher, Youya est partie depuis un bon moment. Ébahie par le présent très probablement en or serti de turquoises, je demeure coite... Je me sens indigne d'un tel bijou alors que larêt se gonfle d'importance pour m'annoncer : - Maîtresse, te voilà khékérout-nesout. D'ailleurs, dès les premières heures du jour, on a fait déménager tes voisines, preuve que tu vas disposer de plus nombreux serviteurs.» La XVIIIe dynastie du Nouvel Empire prend fin : Akhénaton, Smenkharé, Toutankhamon, Aÿ sont morts, Horemheb leur succède alors qu'il n'appartient pas à la lignée royale. Sa légitimité, il la tient de son épouse, Moutnedjemet reine oubliée de l'Histoire. Belle occasion de lui donner vie : ce roman qui ressemble à une autobiographie respecte les lieux, l'époque, la toponymie, les moeurs d'un temps où les meurtres, les attentats et la lutte pour le pouvoir étaient si habituels que nul ne s'en inquiétait. Maîtresse des Deux Terres, Moutnedjemet a surmonté bien des vicissitudes grâce au lien très fort qui l'unissait à son époux : l'amour. Voilà dix ans déjà que Nicole Voilhes, romancière et biographe, construit une oeuvre emplie de portraits, d'aventures et d'aventurières, d'amour et d'amoureuses pour le plus grand plaisir d'un nombre croissant de lectrices et de lecteurs. Qu'elle fasse revivre la dernière muse de Ronsard ou qu'elle raconte les péripéties de Marie de Beaudry, la belle espionne du Roi Soleil, sa plume excelle à donner vie et chair à l'Histoire, grande ou petite, comme dans cette saisissante évocation de Moutnedjemet, Grande épouse royale. Extrait Emplis ta main avec toutes les fleurs que ton regard peut contempler. Papyrus d'Ani, XVIIIe dynastie. I LES FLEURS DE L'ENFANCE - Ne vous penchez pas au-dessus de l'eau ! La voix d'Agyr vient d'arrêter net l'élan d'Ankhésenpaaton et le mien. Ni la jeune princesse, ni moi, nous ne cueillerons les lotus à portée de nos mains avides. Désappointée, ma complice de toujours observe du coin de l'oeil le départ de notre nourrice. Hélas pour nous, Agyr n'a pas l'intention de cesser sa surveillance. Pour ma part, je ne tiens pas spécialement à cueillir un lotus blanc, mes préférences vont aux bleus, ceux qui s'épanouissent la nuit et auxquels les servantes attribuent des vertus exceptionnelles : garants de santé, de longévité et de bonheur, ces nénuphars bleus sont un don d'Aton, disent-elles. Ma compagne étant fort capable de désobéir, voire de tomber dans le bassin, j'entends la ramener à la raison pour nous éviter à toutes deux une punition sortie de l'imaginative tête de Néfertiti, sa mère. - Ankh, ne t'obstine pas, cela ne sert à rien, Agyr ne cédera pas, tu le sais. Si tu veux des lotus blancs, il te suffira de les demander à Pharaon, un serviteur t'en apportera autant que tu en voudras. La princesse ne renonce cependant pas à son projet : - Moutned, ce n'est pas des fleurs que j'ai envie, c'est de braver l'interdit... Réalise un peu : plus nous avançons en âge, moins nous avons de libertés. Je suis saturée des sempiternelles remarques qu'on me sert : «La fille de Pharaon doit afficher un maintien modeste», «Aton n'aime que les filles obéissantes», «Pour se rendre agréable au dieu unique, une princesse respecte les ordres de sa mère», «La Grande Épouse royale a toujours raison»... Ah ! tiens, je crois que j'aimerais mieux être la fille d'un serviteur que celle de Pharaon. - Ankh, nous ignorons les servitudes des gens du peuple. Je pressens qu'il vaut mieux vivre au Palais que dans les petites maisons des ouvriers de la cité ou, pire, dans les huttes des paysans au bord de l'Itéru. Souviens-toi, à notre dernière sortie, nous avons été épouvantées d'apercevoir des filles de notre âge repiquer des plants dans le limon après la crue. Pieds nus dans la boue, la tête au soleil tout le jour, crois-moi, elles ont dû envier Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Moutnedjemet, l'Oubliee
Format
Broché
Publication
15 décembre 2014
Pages
436
Taille
24 x 15 x 2.1 cm
Poids
436
ISBN-13
9782848782034
Livré entre : 8 juin - 11 juin
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