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GALLOU, Brodeuse de fer

3.7

(4)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
CommentairesAvant-dire Gallou a pulvérisé complètement et pour toujours mes préjugés sur la broderie : passe-temps mièvre pour femmes qui s’ennuient chez elles, nonnettes soumises, béguines en mal d’évasion ? Eh bien non. Ces idées préconçues étaient le fruit de mon ignorance, comme elles le sont toutes. Gallou n’avait pas l’intention d’écrire sa vie. Moi j’avais envie de parler d’elle, de dire l‘histoire extraordinaire de cette « petite fille cachée » devenue la Grande Gallou. Elle raconte si bien qu’il n’était pas difficile de retracer ce chemin de passion, de rigueur, semé de scènes pittoresques, inattendues. Plus qu’une biographie, les lignes qui suivent sont le résultat d’Entretiens avec Gallou. Certains noms propres ont été changés pour des raisons compréhensibles.,CommentairesBroderie ? — Venez vers les huit heures. Nous avons aussi invité Gallou. C’est une artiste, une brodeuse. Des oeuvres magnifiques ! En général, je partage les goûts artistiques de ces deux amies. Mais cette fois-là, comme entrée en matière, ce n’était pas très convaincant. La broderie, c’est mièvre ! Des ouvrages de dames qui s’ennuient dans leurs salons, des réminiscences d’après-midi à l’école, chez les sœurs, courbée sur le point de tige, de chaînette, de gribiche, avec tous ces fils qui s’emmêlent, se coupent, vivent leur vie indépendante et hostile en méprisant mes efforts… pouah ! Quel intérêt ? À huit heures vingt-cinq, Gallou a sonné. La porte s’est ouverte sur une dame de haute taille, aux larges épaules musclées. Cheveux poivre et sel polis, brillants, d’une coupe presque masculine. Un imperméable mastic intemporel, un jean, un pull marin rouge. Sourire franc mais discret. Démarche souple dans ses mocassins châtaigne. — Bonsoir, je suis un peu en retard ? Une voix très douce, presque fluette, légèrement voilée mais claire, gracieuse, un rien timide malgré une certaine assurance… Une voix surprenante pour ce physique d’athlète. Je l’apprendrai plus tard : tout en elle est force et douceur, souplesse et détermination. Grâce innée, violence calculée envers elle-même et les matériaux qu’elle travaille. En elle se confrontent, s’affrontent, parfois se réconcilient, les contraires. Brodeuse, donc ? Je la sentais capable de forger. — Oui, brodeuse à Paris, pour de grandes maisons qui fournissaient la haute couture : Rébé, Mesrine… Ce nom vous dit quelque chose ? Jacques Mesrine, l’ennemi public numéro un ! Oui, je l’ai bien connu ! Un garçon charmant… Nous travaillions pour Chanel, Dior… — Brodeuse pour Paris, ici en Auvergne aussi ?— Bien sûr ! Depuis que j’ai découvert ce pays, je suis incapable de le quitter. Mon histoire, c’est aussi celle de mon amour pour l’Auvergne. Pourtant, comme j’ai aimé Paris ! — Elle brode ici le bois, la pierre, le métal, précise notre hôtesse. Certainement cette femme à la force évidente, à la douceur apparente, ne pouvait pas accoucher de mièvreries. Impossible ! Il me fallait mettre en question mes préjugés sur la broderie. — Amoureuse de l’Auvergne sans y être née, alors ? Et la broderie, c’était un rêve d’enfant ? — Pas du tout ! Pour les deux, ce fut un coup de foudre ! Une fulgurance, une évidence. Imprévisible, soudaine, brutale. À laquelle il était impossible d’échapper. J’étais curieuse de voir les fruits de cette passion. Et de connaître les conditions de leur conception. Sur son invitation, je pris donc la route tortueuse qui grimpe vers sa maison. Bois clairsemés de hêtres, de chênes noirs. Quelques pins. À l’arrivée dans ce petit village isolé, la vue se dégage, immense, sur les volcans assoupis, les chaînes successives de montagnes bleu outremer dans la brume de beau temps : au nord-ouest, le Puy de Dôme émergeant de dômes et cratères bien rangés. [...],PrésentationElle a connu la guerre, l’injustice, la méchanceté, la pauvreté. Elle a connu le Paris des années cinquante, des personnages pittoresques ou prestigieux, l’Auvergne dans toute sa rudesse et sa beauté. Une grande passion a changé sa vie. Voici l’histoire authentique d’une petite fille enfant naturelle qui avait voulu mourir et qui est devenue une grande artiste, pleine d’humour et de générosité. Ces pages magnifiquement illustrées dévoilent une partie de son talent. EXTRAIT DE LA PREFACE Sacrée Gallou ! C’est Anne, fascinée, - à juste titre – qui m’a menée à Gallou. Et je n’ai pas été déçue. Sacrée Gallou ! J’ai fait sa connaissance à travers ses œuvres, exposées dans un lieu splendide, une sorte de donjon, en pleine nature. J’ai aussitôt pris des photos de détails. Et Gallou m’est apparue, devant la fenêtre : magnifique, tellurique, à la fois puissante et douce, à la mesure de cette Auvergne où elle a choisi de vivre, par amour : ce pays qui lui ressemble. — Je serai sa biographe – m’a dit Anne. Et voici : un an plus tard, c’est chose faite. Grâce à Anne, on entre dans la vie de Gallou. Par la petite porte : celle de l’enfance, des premiers chagrins, violents, terribles ; des premières amours : la broderie, une femme interdite, trop aimée, un saint brodé d’or. Anne s’efface : elle laisse la parole à Gallou. D’elle, on apprend l’essentiel, par sa voix : la souffrance, la misère, le bonheur, la passion. Ce récit tissé autour des mots de Gallou aurait pu s’appeler : Une vie. Une vie qui donne envie de connaître Gallou, la femme, ses œuvres, et de les aimer. La brodeuse de fer, la graveuse de métal, la sculpteuse de souche. Ah ! si j’étais riche… je m’offrirais le sommier brodé par Gallou – sa plus belle œuvre selon moi, avec une vierge en bois noir – et une maison en Auvergne pour l’y mettre, et y vivre. La maison-atelier de Gallou, où Anne m’a menée, est à son image : belle, puissante, onirique et concrète… enserrée dans une nature formidable. Je l’y vois encore, un été, polir et broder une souche claire, à la fente érotique, tissée comme un corset : entre la femme et l’arbre, une liaison dangereuse. Le jardin de Gallou : un plateau hérissé de volcans assoupis. Sacrée Gallou, qui a réussi le tour de force de s’extirper de la misère, et, au lieu de subir sa vie, de lui donner un sens : celui de la beauté, de la création, de la joie, malgré la souffrance. Et, une fois ce beau texte lu – la Brodeuse de fer - on n’oubliera jamais Gallou, ni son grand ami, l’ennemi public numéro 1, un certain Mesrine, jeune homme charmant mais un peu fou, dont le père avait un atelier de broderie à Paris, et dont la maison fut pendant des années celle de Gallou. C’est tout un passé, un monde disparu qui renaît ici : cette volière de brodeuses, l’ombre de Mesrine jeune, qui passe et repasse, séduisant, inquiétant. Gallou s’efface devant son peintre d’époux, Giron : des deux l’artiste, selon elle. [...] Élise FONTENAILLE Afficher moinsAfficher plus

GALLOU, Brodeuse de fer

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Mais cette fois-là, comme entrée en matière, ce n’était pas très convaincant. La broderie, c’est mièvre ! Des ouvrages de dames qui s’ennuient dans leurs salons, des réminiscences d’après-midi à l’école, chez les sœurs, courbée sur le point de tige, de chaînette, de gribiche, avec tous ces fils qui s’emmêlent, se coupent, vivent leur vie indépendante et hostile en méprisant mes efforts… pouah ! Quel intérêt ? À huit heures vingt-cinq, Gallou a sonné. La porte s’est ouverte sur une dame de haute taille, aux larges épaules musclées. Cheveux poivre et sel polis, brillants, d’une coupe presque masculine. Un imperméable mastic intemporel, un jean, un pull marin rouge. Sourire franc mais discret. Démarche souple dans ses mocassins châtaigne. — Bonsoir, je suis un peu en retard ? Une voix très douce, presque fluette, légèrement voilée mais claire, gracieuse, un rien timide malgré une certaine assurance… Une voix surprenante pour ce physique d’athlète. Je l’apprendrai plus tard : tout en elle est force et douceur, souplesse et détermination. Grâce innée, violence calculée envers elle-même et les matériaux qu’elle travaille. En elle se confrontent, s’affrontent, parfois se réconcilient, les contraires. Brodeuse, donc ? Je la sentais capable de forger. — Oui, brodeuse à Paris, pour de grandes maisons qui fournissaient la haute couture : Rébé, Mesrine… Ce nom vous dit quelque chose ? Jacques Mesrine, l’ennemi public numéro un ! Oui, je l’ai bien connu ! Un garçon charmant… Nous travaillions pour Chanel, Dior… — Brodeuse pour Paris, ici en Auvergne aussi ?— Bien sûr ! Depuis que j’ai découvert ce pays, je suis incapable de le quitter. Mon histoire, c’est aussi celle de mon amour pour l’Auvergne. Pourtant, comme j’ai aimé Paris ! — Elle brode ici le bois, la pierre, le métal, précise notre hôtesse. Certainement cette femme à la force évidente, à la douceur apparente, ne pouvait pas accoucher de mièvreries. Impossible ! Il me fallait mettre en question mes préjugés sur la broderie. — Amoureuse de l’Auvergne sans y être née, alors ? Et la broderie, c’était un rêve d’enfant ? — Pas du tout ! Pour les deux, ce fut un coup de foudre ! Une fulgurance, une évidence. Imprévisible, soudaine, brutale. À laquelle il était impossible d’échapper. J’étais curieuse de voir les fruits de cette passion. Et de connaître les conditions de leur conception. Sur son invitation, je pris donc la route tortueuse qui grimpe vers sa maison. Bois clairsemés de hêtres, de chênes noirs. Quelques pins. À l’arrivée dans ce petit village isolé, la vue se dégage, immense, sur les volcans assoupis, les chaînes successives de montagnes bleu outremer dans la brume de beau temps : au nord-ouest, le Puy de Dôme émergeant de dômes et cratères bien rangés. [...],PrésentationElle a connu la guerre, l’injustice, la méchanceté, la pauvreté. Elle a connu le Paris des années cinquante, des personnages pittoresques ou prestigieux, l’Auvergne dans toute sa rudesse et sa beauté. Une grande passion a changé sa vie. Voici l’histoire authentique d’une petite fille enfant naturelle qui avait voulu mourir et qui est devenue une grande artiste, pleine d’humour et de générosité. Ces pages magnifiquement illustrées dévoilent une partie de son talent. EXTRAIT DE LA PREFACE Sacrée Gallou ! C’est Anne, fascinée, - à juste titre – qui m’a menée à Gallou. Et je n’ai pas été déçue. Sacrée Gallou ! J’ai fait sa connaissance à travers ses œuvres, exposées dans un lieu splendide, une sorte de donjon, en pleine nature. J’ai aussitôt pris des photos de détails. Et Gallou m’est apparue, devant la fenêtre : magnifique, tellurique, à la fois puissante et douce, à la mesure de cette Auvergne où elle a choisi de vivre, par amour : ce pays qui lui ressemble. — Je serai sa biographe – m’a dit Anne. Et voici : un an plus tard, c’est chose faite. Grâce à Anne, on entre dans la vie de Gallou. Par la petite porte : celle de l’enfance, des premiers chagrins, violents, terribles ; des premières amours : la broderie, une femme interdite, trop aimée, un saint brodé d’or. Anne s’efface : elle laisse la parole à Gallou. D’elle, on apprend l’essentiel, par sa voix : la souffrance, la misère, le bonheur, la passion. Ce récit tissé autour des mots de Gallou aurait pu s’appeler : Une vie. Une vie qui donne envie de connaître Gallou, la femme, ses œuvres, et de les aimer. La brodeuse de fer, la graveuse de métal, la sculpteuse de souche. Ah ! si j’étais riche… je m’offrirais le sommier brodé par Gallou – sa plus belle œuvre selon moi, avec une vierge en bois noir – et une maison en Auvergne pour l’y mettre, et y vivre. La maison-atelier de Gallou, où Anne m’a menée, est à son image : belle, puissante, onirique et concrète… enserrée dans une nature formidable. Je l’y vois encore, un été, polir et broder une souche claire, à la fente érotique, tissée comme un corset : entre la femme et l’arbre, une liaison dangereuse. Le jardin de Gallou : un plateau hérissé de volcans assoupis. Sacrée Gallou, qui a réussi le tour de force de s’extirper de la misère, et, au lieu de subir sa vie, de lui donner un sens : celui de la beauté, de la création, de la joie, malgré la souffrance. Et, une fois ce beau texte lu – la Brodeuse de fer - on n’oubliera jamais Gallou, ni son grand ami, l’ennemi public numéro 1, un certain Mesrine, jeune homme charmant mais un peu fou, dont le père avait un atelier de broderie à Paris, et dont la maison fut pendant des années celle de Gallou. C’est tout un passé, un monde disparu qui renaît ici : cette volière de brodeuses, l’ombre de Mesrine jeune, qui passe et repasse, séduisant, inquiétant. Gallou s’efface devant son peintre d’époux, Giron : des deux l’artiste, selon elle. 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Détails du livre

Titre complet
Gallou: Brodeuse de fer
Editeur
Format
Grand Format
Publication
10 décembre 2018
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
146
Taille
20 x 12 x 0.9 cm
Poids
166
ISBN-13
9782848196626
Livré entre : 10 mars - 13 mars
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