Passer au contenu
Mon compte
Wishlist
Panier 00:00

Les vivants et les ombres

3.6

(143)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur LES VIVANTS ET LES OMBRES. Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d'un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière. En Galicie, terre rattachée à l'empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l'auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants. Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l'écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l'histoire de l'Europe. Elle est partout, entend tout, garde en elle toutes les ombres d'un passé qu'elle connaît mieux que les vivants. Mais les vivants ont sur elle un avantage qu'elle leur envie : leurs drames, leurs désirs et leur mobilité. Les femmes surtout la fascinent. Condamnées comme elle à la réclusion dans la sphère domestique, elles sont réduites, de mère en fille et de tante en nièce, à attendre l'amour en scrutant l'horizon. Mais l'horizon, c'est toujours la plaine, les champs, le clocher de la petite église uniate. Les arbres poussent, les vies se nouent et on dirait que rien ne change... Rien ne change, vraiment ? Pourtant, voilà qu'on se trouve au seuil du XXe siècle avec l'impression d'en avoir déjà entrevu les exodes, les cassures et les embrasements. Une jeune femme, enfin, réussira à s'en aller... DIANE MEUR, traductrice et romancière, est née à Bruxelles en 1970 et vit à Paris depuis vingt ans. Dans ce livre, où la maîtrise narrative le dispute à une fantaisie hantée, elle renoue avec la veine historique de son premier roman, La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même (Sabine Wespieser éditeur, 2002) qui lui valut un accueil critique et public très favorable. Extrait Sur l'arrière il y a le parc, les champs. Les jours d'été, une brume de chaleur voile les collines et au-dessus des blés l'air tremble, habité de guêpes et de papillons. Il y a des fermes aussi, dont les toits descendent si bas qu'à l'herbe haute, quand je n'en aperçois plus les fenêtres ni les portes, elles semblent de chastes jupes dont s'élève, en guise de torse, une mélancolique fumée. Parfois les enfants de paysans viennent ici marauder une poire, une poignée de cerises. Du temps de Gavryl ils auraient reçu des pierres, des injures dans leur langue, peut-être la menace d'un rapport au bailli. Ils se seraient sauvés en direction des jupes, les chiens auraient hurlé, Gavryl, à la grille, se serait arrêté sur un dernier coup de gueule ; et j'aurais vu ses bottes, lentement, s'en revenir vers moi. Voilà longtemps qu'il a rejoint ses frères ruthènes, le vieux Gavryl, dans le cimetière de l'église uniate, qui dresse parmi les fermes son humble clocher de bois ; et seule la stèle de sa tombe, surmontée d'un saint au visage renfrogné, effraie encore la gent gamine après l'office du dimanche. Bien après lui, il y a eu un certain M. Jäger, Bas-Autrichien dont l'accent nasillard, le pince-nez métallique, les manières urbaines d'ingénieur en retraite parurent aux Zemka plus dignes de leur rang. Celui-là ne criait pas, ne portait pas de bottes : il frappait poliment à la porte des chaumières, mais à sa vue les paysannes reculaient vers le mur auquel pendait déjà une lithographie de François-Joseph, comme pour en appeler à Son Impériale protection devant les ennuis qui s'annonçaient. Il a pourtant fini par s'en aller aussi, M. Jäger, une nuit de 1869. Il s'en allait avec le salaire des trois cents ouvriers de la sucrerie et un gros paquet d'actions de chemin de fer, ne laissant derrière lui que son inutile pince-nez qu'escroc en toutes choses, il ne portait apparemment que pour se donner bel air. L'enquête devait révéler des comptes truqués, une moralité Afficher moinsAfficher plus

Les vivants et les ombres

3.6

(143)

2,95 €
29,40 € -89%
Sélectionnez la condition
 
Il ne reste plus que 1 exemplaire(s) en stock
2,95 €
29,40 € -89%

Le Pitch

Présentation de l'éditeur LES VIVANTS ET LES OMBRES. Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d'un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière. En Galicie, terre rattachée à l'empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l'auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants. Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l'écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l'histoire de l'Europe. Elle est partout, entend tout, garde en elle toutes les ombres d'un passé qu'elle connaît mieux que les vivants. Mais les vivants ont sur elle un avantage qu'elle leur envie : leurs drames, leurs désirs et leur mobilité. Les femmes surtout la fascinent. Condamnées comme elle à la réclusion dans la sphère domestique, elles sont réduites, de mère en fille et de tante en nièce, à attendre l'amour en scrutant l'horizon. Mais l'horizon, c'est toujours la plaine, les champs, le clocher de la petite église uniate. Les arbres poussent, les vies se nouent et on dirait que rien ne change... Rien ne change, vraiment ? Pourtant, voilà qu'on se trouve au seuil du XXe siècle avec l'impression d'en avoir déjà entrevu les exodes, les cassures et les embrasements. Une jeune femme, enfin, réussira à s'en aller... DIANE MEUR, traductrice et romancière, est née à Bruxelles en 1970 et vit à Paris depuis vingt ans. Dans ce livre, où la maîtrise narrative le dispute à une fantaisie hantée, elle renoue avec la veine historique de son premier roman, La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même (Sabine Wespieser éditeur, 2002) qui lui valut un accueil critique et public très favorable. Extrait Sur l'arrière il y a le parc, les champs. Les jours d'été, une brume de chaleur voile les collines et au-dessus des blés l'air tremble, habité de guêpes et de papillons. Il y a des fermes aussi, dont les toits descendent si bas qu'à l'herbe haute, quand je n'en aperçois plus les fenêtres ni les portes, elles semblent de chastes jupes dont s'élève, en guise de torse, une mélancolique fumée. Parfois les enfants de paysans viennent ici marauder une poire, une poignée de cerises. Du temps de Gavryl ils auraient reçu des pierres, des injures dans leur langue, peut-être la menace d'un rapport au bailli. Ils se seraient sauvés en direction des jupes, les chiens auraient hurlé, Gavryl, à la grille, se serait arrêté sur un dernier coup de gueule ; et j'aurais vu ses bottes, lentement, s'en revenir vers moi. Voilà longtemps qu'il a rejoint ses frères ruthènes, le vieux Gavryl, dans le cimetière de l'église uniate, qui dresse parmi les fermes son humble clocher de bois ; et seule la stèle de sa tombe, surmontée d'un saint au visage renfrogné, effraie encore la gent gamine après l'office du dimanche. Bien après lui, il y a eu un certain M. Jäger, Bas-Autrichien dont l'accent nasillard, le pince-nez métallique, les manières urbaines d'ingénieur en retraite parurent aux Zemka plus dignes de leur rang. Celui-là ne criait pas, ne portait pas de bottes : il frappait poliment à la porte des chaumières, mais à sa vue les paysannes reculaient vers le mur auquel pendait déjà une lithographie de François-Joseph, comme pour en appeler à Son Impériale protection devant les ennuis qui s'annonçaient. Il a pourtant fini par s'en aller aussi, M. Jäger, une nuit de 1869. Il s'en allait avec le salaire des trois cents ouvriers de la sucrerie et un gros paquet d'actions de chemin de fer, ne laissant derrière lui que son inutile pince-nez qu'escroc en toutes choses, il ne portait apparemment que pour se donner bel air. L'enquête devait révéler des comptes truqués, une moralité Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Les vivants et les ombres
Auteur
Format
Grand Format
Publication
23 août 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
720
Taille
18.5 x 14.2 x 4.7 cm
Poids
668
ISBN-13
9782848050560
Livré entre : 24 mars - 27 mars
Disponible chez le fournisseur
Impression à la demande
Expédition immédiate
Chez vous entre :
Les délais de livraison ont tendance à s'accélérer ces dernières semaines, le temps indiqué peut être plus court que prévu. Les délais de livraison ont tendance à s'allonger ces dernières semaines, le temps indiqué peut être plus long que prévu.
Livraison gratuite (FR et BE) à partir de 25,00 € de livres d'occasion
Retour GRATUIT sous 14 jours.
Image to render

Revendez-le sur notre application!

Aller plus loin

Vous pouvez également aimer

Récemment consultés