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SOUVENIRS CURIEUX D UNE ESPECE DE HONGROIS

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Présentation de l'éditeur Ce Walter, n'est-ce pas une espèce de Hongrois ?» demandait l'un des caciques d'un quotidien national. Il n'avait pas tort, puisque Georges Walter est né en 1921 à Budapest. Titulaire, après bien des tribulations, de la carte de presse n°15 767, il a forgé son existence et sa réputation à la pointe de sa plume, précise et colorée, et au grain de sa voix de bronze, qui firent merveille durant cinquante années dans les journaux, sur les radios et à la télévision. De l'Amérique à la Chine et de Saigon à Prague, c'est à quelques-unes des grandes convulsions du XXe siècle que sont accrochés ses souvenirs, là où le spectacle du malheur des peuples donne au journaliste un sentiment d'impuissance tout en lui imposant le devoir de témoigner. Sur l'autre versant de son parcours, l'écrivain Georges Walter, prix Interallié pour Des vols de Vanessa, ouvre la belle anthologie de ses rencontres et de ses admirations : Julien Gracq, Ernst Jünger, Émile Cioran, et le cher Joseph Kessel, sans oublier Edgar A. Poe, le plus familier de ses fantômes. D'un lyrisme baroque jailli de la Mitteleuropa, on ne s'étonnera pas de percevoir les échos dans les souvenirs, en effet bien curieux, parfois jubilatoires, de cette espèce de Hongrois devenu joaillier de la langue française. Extrait Extrait du préambule : IL ÉTAIT UNE FOIS «Oui, monsieur, nous sommes le seul hôtel sans punaises dans toute la rue Mazarine. Et je peux le prouver !» Telle fut la déclaration que Mme Melchior, tenancière de l'hôtel du Sud, fit devant moi peu après la fin de la guerre, à deux pas du quai Conti, dans son bureau du premier étage. Cette dunette minuscule, d'où elle surveillait les allées et venues de la clientèle, renfermait aussi le canapé vénérable sur lequel, allongé tous les dimanches après-midi, M. Melchior écoutait à la radio son match de football en championnat de France de première division. Bien que ventru, c'était ce qu'on appelait un sportif, et malheur à qui l'aurait dérangé avant la mi-temps. Mme Melchior semblait émue par ma jeunesse, prête à me protéger, maternelle. Je la trouvai tout à fait aimable : voilà, me dis-je, une femme de coeur, incapable de me jeter dehors en cas de retard dans le paiement de mon loyer. Cette hypothèse suffit à me décider pour une chambre du cinquième étage, dépourvue, il va sans dire, d'ascenseur, mais offrant l'avantage de toilettes sur le palier. Je possédais de quoi vivre une semaine ou deux, et ne voyais guère comment remédier à mes plus récentes avanies - dont la perte de mon emploi de deuxième violon dans l'orchestre lamen­table du Caveau, obscur beuglant du faubourg Saint-Denis, rue d'Enghien. Il me semblait que jouer Le plus beau de tous les tangos du monde, Nuits de Chine et même quelques javas, humi­liait un instrument sur lequel un violoniste de génie avait exécuté chez moi pendant la guerre la chaconne de la Deuxième Sonate de Jean-Sébastien Bach. Cette situation peu reluisante me laissait toutefois de longues journées libres pour redécouvrir les rues et les ponts de Paris tout récemment souillés par les svastikas de l'armée allemande. Plus tard, comme j'avais des notions de mécanique horlogère, je pris la décision de louer, avenue de Saint-Ouen, dans un couloir qui sentait le rat crevé, un modeste local baptisé atelier où vint me rendre visite mon ancien maître de philosophie dans la khâgne de Marseille en 1939, Maurice Gaït, jeune professeur étincelant, toujours habillé avec recherche, à qui le proviseur du lycée Thiers demandait parfois l'autorisation d'assister à son cours. Le malheureux avait accepté à Vichy, après l'armistice, d'être nommé, dans le gouvernement du maréchal Pétain, chef de cabinet d'Abel Bonnard, ministre de l'Éducation nationale. Quand je l'avais rencontré après la Libération sur le boulevard Saint-Germain, chassé de l'Université, il n'était pas rasé et portait un imperméable sale. Comme je savais qu'il n'avait pas de sang sur les mains, j'allai le saluer. Non Afficher moinsAfficher plus

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Détails du livre

Titre complet
SOUVENIRS CURIEUX D UNE ESPECE DE HONGROIS
Editeur
Format
Broché
Publication
14 février 2008
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
684
Taille
21.3 x 14.5 x 4.5 cm
Poids
688
ISBN-13
9782847345025
Livré entre : 22 mai - 25 mai
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