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La Mate : l'enfance

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Nu, le corps de la Mate était tout bourrelé, avec des seins et des fesses énormes comme la Vénus callipyge, et, au ventre, comme le visage recousu de Frankenstein, nombre de cicatrices et de coutures : verticales, horizontales et de travers. Toutes très impressionnantes, stigmates de ses multiples accouchements, césariennes et opérations, dont elle se vantait tant ! Son corps était un champ de bataille avec la vie, une guerre contre la mort ! C'est l'histoire d'une famille nombreuse dans les années 1960. Un père médecin militaire pour le moins bipolaire, et une mère polyamoureuse, prolifique, réglant parfois les problèmes d'argent avec une remarquable désinvolture. Flore Lefebvre des Noëttes raconte, son enfance, les rires, les peurs, les jeux, la maison au bord de la mer et la douceur pastel de la grand-mère. Un récit qui prend la forme géante d'un conte. Extrait PROLOGUE Mater Noster ! Pater et Mater Noster ! Le Pater, la Mater ! Le Pate, la Mate ! «Faire pat» et «faire mat» sont deux figures finales du jeu d'échecs. Pate et Mate ! Ainsi appelions-nous nos «paternels», avec un mélange de peur, de mépris et de haine. C'était à l'adolescence l'ennemi à abattre ! Si nous voulions survivre il fallait abattre le Pate et la Mate ou fuir très loin et faire sa vie tout seul. A 18 ans, nous les aînés, partîmes donc de la maison les uns après les autres ! «Salut les paternels, on va voir ailleurs !» Mes quatre derniers frère et soeurs, eux, restèrent à la maison assez tard, car ils y furent plus heureux, plus chouchoutés par la Mate. LE PATE Édouard de son prénom, comme son père, comme tous ses ancêtres jusqu'à Zenon, cousin par alliance de Napoléon Ier comme notre grand frère, Édouard I, décédé enfant, comme mon petit frère, Édouard II, qui appela également son propre fils Édouard, Édouard III. Le Pate, Édouard Fervent de Lamorantière, n'a pas connu son pate, mort à la guerre 14-18. Le Pate était médecin militaire, lieutenant-colonel, quand il fut dans l'impossibilité de travailler, tombé fou l'année de ma naissance en 1957. Le Pate est mort il y a longtemps. Il était beau et effrayant. Entre deux séjours à l'asile, le Pate nous apprenait à lire et à écrire, à jouer aux échecs en nous donnant sa dame pour équilibrer, à nager en nous tenant le menton d'une main et le maillot de l'autre, à faire du vélo. Il nous faisait faire nos devoirs en nous engueulant quand on n'allait pas assez vite ou qu'on ne comprenait pas, nous faisait pleurer en nous traitant de «bougre d'imbécile, mais réfléchis donc !» puis disait : «Allez, t'es nulle, file dans ta chambre !» Une fois, ma soeur Antoinette apprenait à lire avec lui et devait nommer des syllabes : «b et u : bu ; f et u : fu ; v et u : vu ; r et u : ru ; d et u : du...» Vint le fatal«c et u», mais jamais elle n'osa prononcer «cu» ! Le Pate aimait à nous emmener à la Comédie-Française pour voir Le Malade imaginaire, avec Louis Seigner, où je n'ai jamais autant ri, j'avais 7 ans, Les Fourberies de Scapin, Cyrano de Bergerac, les Courteline et Feydeau et autres pièces avec Jean Piat, Georges Descrières, Jacques Charon et Jacques Toja, Micheline Boudet dans Mais n 'te promène donc pas toute nue. La Mate qui aimait rire nous emmenait voir les Frères Jacques, Raymond Devos et Coluche. Le Pate avait un ami très cher, qui créa l'«Atelier des moins de 15 ans» du musée des Arts décoratifs, nous y allions gratis, les dix enfants, les jeudis après-midi. Cet ami était Pierre Belvès, qu'on appelait «Pierre Belle Veste». Il nous apprit à dessiner et à peindre, en copiant des chefs-d'oeuvre projetés en diapos ou en allant devant les toiles de maîtres au musée. Nous les copiions sur d'immenses feuilles de papier épais qu'il découpait à la main en faisant plusieurs fois le pli au milieu. Il nous apprit que les affiches publicitaires déchirées c'était beau comme du Robert Rauschenberg. Pierre «Belle Veste», comme on disait, illustrait merveilleusement des hist Afficher moinsAfficher plus

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Détails du livre

Titre complet
La Mate : l'enfance
Format
Grand Format
Publication
06 février 2015
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
128
Taille
17.5 x 10.8 x 1 cm
Poids
144
ISBN-13
9782846814447

Auteur

Livré entre : 23 juin - 26 juin
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