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L'homme aux livres

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Audience : Adulte - Haut niveau
Le Pitch
Présentation de l'éditeur " Cher Père, pourquoi moi ? Pourquoi as-Tu choisi ce petit Créole qui avait perdu le timbre et l'adresse de son lieu d'enfance ? Pourquoi ne m'as-Tu pas fait naître juif ? N'avais-Tu rien d'autre à me donner qu'un aïeul qui ne savait ni lire ni écrire, ayant pour toute souche le bois flotté sur la route des négriers ? Est-ce cela, être élu ? "Rien ne destinait Daniel Radford à ce chemin de vie. Rien, si ce n'est la révélation que son grand-père était d'origine juive. Le début d'une quête qui va mener " l'homme aux livres ", éditeur parisien, à la découverte du Livre, dans les pas d'un rescapé des camps. Au bout de ce chemin de quinze ans, passant par l'étude des textes sacrés et la traduction du Talmud, la poignante prière d'un homme qui ne s'est pas renié : " Pardonne-moi, ô mon Dieu, de me souvenir d'avoir été autre... "Homme aux passions multiples, Daniel Radford raconte la Guadeloupe de son enfance, bruyante et joyeuse, à laquelle ressemble tant la rue des Rosiers. D'une plume fervente et inspirée, il retrace la traversée d'une âme en quête de vérité, la sienne, dans le compagnonnage des grands convertis de l'Histoire dont l'exemple éclaire son itinéraire spirituel, de Pointe-à-Pitre à Jérusalem. Extrait Extrait du prologue La nuit est enfoncée dans mes yeux, une nuit épaisse qui pénètre mes orbites, elle s'étale de tout son long sur moi. La nuit et son étouffe-silence, pourtant si bien adaptée au peu de capacité que m'a laissé mon corps. La nuit s'engouffre, s'infiltre dans les mailles serrées de la moustiquaire, elle entre ici avec l'araignée de mes cauchemars. Mon ventre s'alourdit, le vent ne quitte plus mes organes et, malgré tout cet air qui me ballonne à me faire éclater, j'ai peur de rendre mon dernier souffle. Mon corps est las, il ne répond plus. Les yeux, la langue, la bouche, les mains, les seins, tout est répandu sur mon ventre; un bout de moi est si flasque qu'il est déjà mort. Je vis une mort en mitoyenneté, un crépuscule jour-nuit. Comme un gros cafard qui se serait brûlé une aile à la chaleur de la lampe et qui se débattrait maladroitement. Un soubresaut de vie, une métamorphose, voilà ce que je suis. Dans la pièce voisine, où vivait mon époux Rodolphe, sont exposées les photos de tous nos morts. Celle de Rodolphe, bien sûr, mais aussi celle de Bie, ma mère. C'est fou comme elle me ressemble : ce regard fixe et sévère, c'est tout moi. Pourtant, maman Bie était tendre et douce comme le sirop-batterie qui dégoulinait sur nos joues d'enfants. Paulette, ma fille, repose en son image ! Paupau que je m'apprête à rejoindre, et Tonton Jean le libraire, hémiplégique pour l'éternité dans sa berceuse penchée. Ils sont vivants, mes morts, ils me parlent en couleur sépia. Dans le silence de mon corps tremblé, distendu, ils ont fait de mes nerfs leur maison. Ils me regardent en souriant ou me considèrent d'un air grondeur. Ils grimacent, peut-être me voient-ils me décomposer avec plaisir. Je suis morte, mais les vivants ne le savent pas encore. Et moi, j'ai des doutes. Je suis morte et pourtant, vivante, j'ai toujours pensé que les instants qui fécondaient l'éternité ne s'arrêteraient jamais. Je croyais aussi que la mort était ce point qui touche l'innommable, un passage insupportable qui réside dans la peur. Eh bien ! figurez-vous qu'au moment fatidique, c'est l'araignée-pays qui me fit le plus d'effroi, celle qui guettait ma vie de l'autre côté de la moustiquaire distendue où je savais, pour l'avoir vu, qu'il existait un trou, celle qui me considérait, moi, ravet enfoncé dans mon lit en creux, comme une proie alléchante. J'avais tellement peur d'elle que je suis morte sans le savoir. Les photos de mes chers disparus se sont rapprochées. Oncle Guichard m'a dit : «Viens.» Papa Roro a rajeuni d'un coup dans son cadre et tapoté ma main : «Je suis venu te chercher.» Il souriait. Un brouhaha épouvantable dans ma maison, des cris, des voix, des rires, le coq chantait. Je ne sais pour Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur " Cher Père, pourquoi moi ? Pourquoi as-Tu choisi ce petit Créole qui avait perdu le timbre et l'adresse de son lieu d'enfance ? Pourquoi ne m'as-Tu pas fait naître juif ? N'avais-Tu rien d'autre à me donner qu'un aïeul qui ne savait ni lire ni écrire, ayant pour toute souche le bois flotté sur la route des négriers ? Est-ce cela, être élu ? "Rien ne destinait Daniel Radford à ce chemin de vie. Rien, si ce n'est la révélation que son grand-père était d'origine juive. Le début d'une quête qui va mener " l'homme aux livres ", éditeur parisien, à la découverte du Livre, dans les pas d'un rescapé des camps. Au bout de ce chemin de quinze ans, passant par l'étude des textes sacrés et la traduction du Talmud, la poignante prière d'un homme qui ne s'est pas renié : " Pardonne-moi, ô mon Dieu, de me souvenir d'avoir été autre... "Homme aux passions multiples, Daniel Radford raconte la Guadeloupe de son enfance, bruyante et joyeuse, à laquelle ressemble tant la rue des Rosiers. D'une plume fervente et inspirée, il retrace la traversée d'une âme en quête de vérité, la sienne, dans le compagnonnage des grands convertis de l'Histoire dont l'exemple éclaire son itinéraire spirituel, de Pointe-à-Pitre à Jérusalem. Extrait Extrait du prologue La nuit est enfoncée dans mes yeux, une nuit épaisse qui pénètre mes orbites, elle s'étale de tout son long sur moi. La nuit et son étouffe-silence, pourtant si bien adaptée au peu de capacité que m'a laissé mon corps. La nuit s'engouffre, s'infiltre dans les mailles serrées de la moustiquaire, elle entre ici avec l'araignée de mes cauchemars. Mon ventre s'alourdit, le vent ne quitte plus mes organes et, malgré tout cet air qui me ballonne à me faire éclater, j'ai peur de rendre mon dernier souffle. Mon corps est las, il ne répond plus. Les yeux, la langue, la bouche, les mains, les seins, tout est répandu sur mon ventre; un bout de moi est si flasque qu'il est déjà mort. Je vis une mort en mitoyenneté, un crépuscule jour-nuit. Comme un gros cafard qui se serait brûlé une aile à la chaleur de la lampe et qui se débattrait maladroitement. Un soubresaut de vie, une métamorphose, voilà ce que je suis. Dans la pièce voisine, où vivait mon époux Rodolphe, sont exposées les photos de tous nos morts. Celle de Rodolphe, bien sûr, mais aussi celle de Bie, ma mère. C'est fou comme elle me ressemble : ce regard fixe et sévère, c'est tout moi. Pourtant, maman Bie était tendre et douce comme le sirop-batterie qui dégoulinait sur nos joues d'enfants. Paulette, ma fille, repose en son image ! Paupau que je m'apprête à rejoindre, et Tonton Jean le libraire, hémiplégique pour l'éternité dans sa berceuse penchée. Ils sont vivants, mes morts, ils me parlent en couleur sépia. Dans le silence de mon corps tremblé, distendu, ils ont fait de mes nerfs leur maison. Ils me regardent en souriant ou me considèrent d'un air grondeur. Ils grimacent, peut-être me voient-ils me décomposer avec plaisir. Je suis morte, mais les vivants ne le savent pas encore. Et moi, j'ai des doutes. Je suis morte et pourtant, vivante, j'ai toujours pensé que les instants qui fécondaient l'éternité ne s'arrêteraient jamais. Je croyais aussi que la mort était ce point qui touche l'innommable, un passage insupportable qui réside dans la peur. Eh bien ! figurez-vous qu'au moment fatidique, c'est l'araignée-pays qui me fit le plus d'effroi, celle qui guettait ma vie de l'autre côté de la moustiquaire distendue où je savais, pour l'avoir vu, qu'il existait un trou, celle qui me considérait, moi, ravet enfoncé dans mon lit en creux, comme une proie alléchante. J'avais tellement peur d'elle que je suis morte sans le savoir. Les photos de mes chers disparus se sont rapprochées. Oncle Guichard m'a dit : «Viens.» Papa Roro a rajeuni d'un coup dans son cadre et tapoté ma main : «Je suis venu te chercher.» Il souriait. Un brouhaha épouvantable dans ma maison, des cris, des voix, des rires, le coq chantait. Je ne sais pour Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
L'homme aux livres
Editeur
Format
Broché
Publication
03 octobre 2012
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
282
Taille
22.7 x 14.3 x 2.5 cm
Poids
380
ISBN-13
9782845923911
Livré entre : 23 janvier - 26 janvier
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