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L'épreuve de la masculinité - sport, rituels et homophobie

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Le sport est omniprésent dans l'espace social, en particulier chez les hommes. Dès l'enfance, les garçons participent à des sports collectifs et sont amenés à adhérer aux valeurs que ceux-ci véhiculent. Ainsi, les rituels sportifs font partie intégrante de la construction de la masculinité. Pour surmonter les épreuves que leur impose l'équipe dont ils font partie, de nombreux jeunes hommes doivent se soumettre à des actes à connotation sexuelle. Victimes volontaires, ils obéissent aux lois de la masculinité, parfois avec crainte, mais souvent avec enthousiasme. Dans ces circonstances, génitalité et prouesses sportives se confondent souvent et deviennent en quelque sorte équivalents. Les jeunes hommes hétérosexuels rencontrés dans le cadre de cette recherche racontent comment le sport et ses rituels - qu'on pourrait percevoir comme des rites homosexuels - leur ont permis de devenir de vrais hommes. Ils expliquent de quelle manière ils ont résolu une importante contradiction : créer un univers de grande intimité physique - comprenant nudité et, éventuellement, génitalité - tout en adoptant des valeurs ouvertement homophobes. Après des études de sexologie et une maîtrise de sociologie, Simon Louis Lajeunesse complète un doctorat en service social à l'Université Laval à Québec. Il a publié de nombreux articles de vulgarisation scientifique, participé à la rédaction d'ouvrages sur le thème du suicide, du travail du sexe, ou des jeunes de la rue. Il poursuit actuellement une recherche mettant en lumière l'impact de la pornographie sur la sexualité des hommes hétérosexuels.ExtraitExtrait de l'introduction : La société de mon enfance, dans les années soixante, comportait trois sortes de garçons. Le premier groupe constituait une sorte de confrérie d'élus que tous admiraient pour leurs prouesses sportives. Ces garçons étaient les plus agressifs, les plus bagarreurs de tous et ils étaient également perçus comme les plus masculins. Le deuxième groupe, un peu disparate, rassemblait les garçons ordinaires qui tentaient de ressembler au premier groupe. Sans histoire particulière, ils suivaient les yeux fermés les règles de la masculinité. Le dernier groupe réunissait les «erreurs de la nature», parmi lesquelles on retrouvait les efféminés. Véritables contre-modèles, ces derniers constituaient tout ce qu'un garçon ne veut pas être. Ils étaient exclus du premier et du second groupe ; personne ne désirait être associé à eux. Les activités sportives ne leur donnaient pas la chance de se refaire une réputation. Ils finissaient par servir d'amusement public, phénomène souvent encouragé par les professeurs soit de façon manifeste, soit de manière silencieuse. Ces garçons étaient laissés à eux-mêmes, dans une sorte de fosse aux lions sociale. La plupart de leurs liens interpersonnels se tissaient avec les filles, ce qui n'aidait pas leur cause auprès des autres garçons, bien au contraire. De l'école primaire à la fin du secondaire, l'activité physique à la manière d'un baromètre servait à mesurer la masculinité des garçons. Au primaire, le ballon-chasseur était le sport obligatoire des cours de récréation. C'est au ballon-chasseur que certains s'illustraient particulièrement et que d'autres se ternissaient outrageusement. Afficher moinsAfficher plus

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Le Pitch

Le sport est omniprésent dans l'espace social, en particulier chez les hommes. Dès l'enfance, les garçons participent à des sports collectifs et sont amenés à adhérer aux valeurs que ceux-ci véhiculent. Ainsi, les rituels sportifs font partie intégrante de la construction de la masculinité. Pour surmonter les épreuves que leur impose l'équipe dont ils font partie, de nombreux jeunes hommes doivent se soumettre à des actes à connotation sexuelle. Victimes volontaires, ils obéissent aux lois de la masculinité, parfois avec crainte, mais souvent avec enthousiasme. Dans ces circonstances, génitalité et prouesses sportives se confondent souvent et deviennent en quelque sorte équivalents. Les jeunes hommes hétérosexuels rencontrés dans le cadre de cette recherche racontent comment le sport et ses rituels - qu'on pourrait percevoir comme des rites homosexuels - leur ont permis de devenir de vrais hommes. Ils expliquent de quelle manière ils ont résolu une importante contradiction : créer un univers de grande intimité physique - comprenant nudité et, éventuellement, génitalité - tout en adoptant des valeurs ouvertement homophobes. Après des études de sexologie et une maîtrise de sociologie, Simon Louis Lajeunesse complète un doctorat en service social à l'Université Laval à Québec. Il a publié de nombreux articles de vulgarisation scientifique, participé à la rédaction d'ouvrages sur le thème du suicide, du travail du sexe, ou des jeunes de la rue. Il poursuit actuellement une recherche mettant en lumière l'impact de la pornographie sur la sexualité des hommes hétérosexuels.ExtraitExtrait de l'introduction : La société de mon enfance, dans les années soixante, comportait trois sortes de garçons. Le premier groupe constituait une sorte de confrérie d'élus que tous admiraient pour leurs prouesses sportives. Ces garçons étaient les plus agressifs, les plus bagarreurs de tous et ils étaient également perçus comme les plus masculins. Le deuxième groupe, un peu disparate, rassemblait les garçons ordinaires qui tentaient de ressembler au premier groupe. Sans histoire particulière, ils suivaient les yeux fermés les règles de la masculinité. Le dernier groupe réunissait les «erreurs de la nature», parmi lesquelles on retrouvait les efféminés. Véritables contre-modèles, ces derniers constituaient tout ce qu'un garçon ne veut pas être. Ils étaient exclus du premier et du second groupe ; personne ne désirait être associé à eux. Les activités sportives ne leur donnaient pas la chance de se refaire une réputation. Ils finissaient par servir d'amusement public, phénomène souvent encouragé par les professeurs soit de façon manifeste, soit de manière silencieuse. Ces garçons étaient laissés à eux-mêmes, dans une sorte de fosse aux lions sociale. La plupart de leurs liens interpersonnels se tissaient avec les filles, ce qui n'aidait pas leur cause auprès des autres garçons, bien au contraire. De l'école primaire à la fin du secondaire, l'activité physique à la manière d'un baromètre servait à mesurer la masculinité des garçons. Au primaire, le ballon-chasseur était le sport obligatoire des cours de récréation. C'est au ballon-chasseur que certains s'illustraient particulièrement et que d'autres se ternissaient outrageusement. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
L'épreuve de la masculinité : Sports, rituels et homophobie
Editeur
Format
Broché
Publication
09 octobre 2008
Contributeur
Lajeunesse, Simon Louis
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
234
Taille
22 x 15 x 1.9 cm
Poids
328
ISBN-13
9782845471863

Auteur

Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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