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et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe

2.9

(6)

Audience : Jeunesse - A partir de 11 ans
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe Extrait Glisse glisse la nuit sur la jupe de cuir bleu si courte et si étroite qu'elle oblige Bleuet à marcher à tout petits pas. Ses talons frappent le sol sans qu'elle y mette aucun effet de hanches. Simplement ils frappent et martèlent le bitume comme le font les femmes depuis la nuit des temps. Et le jeu de ses jambes découvertes quelle que soit la saison incite les regards des hommes qui s'arriment à ses pas. S'ils l'interpellent, elle se retourne à peine, avec indifférence, fixe de ses yeux noirs de pierre plate un point à l'horizon. Son regard est si sombre que la lumière fuit. Sous la crinière brune, emmêlée, son visage sans fard, d'une pâleur d'hiver, n'a aucune expression, sinon celle du vide ou du désespoir et cela même est attirant sans que chacun s'en doute. Elle traîne son corps léger, son absence de formes : ni seins, ni hanches, ni fesses rebondies. Elle est ligne, des épaules aux chevilles. Elle est tige gracile, haute pour une femme. Menton trop pointu, visage large, et si lisse qu'aucune marque du temps n'a pu s'y inscrire. Jambes interminables sur lesquelles est posée, comme oubliée, la jupe et, revêtant son torse étroit, un court blouson assorti. Du sac en bandoulière, énorme poche noire, émerge une tête fine, à l'oeil arrondi, sans cesse en mouvement, une crête rouge que le moindre rayon de soleil fait étinceler, un cou de plumes fauves, une queue de jais, c'est Marilyn la poule, sa compagne. Elle va où Bleuet va. Si l'on aperçoit Marilyn au bord du trottoir, les femmes chuchotent que l'autre poule rôde... On ne sait rien de Bleuet, à Lenbourg, sinon qu'elle vient de loin, mais tout est loin ici. Trop loin de la ville, trop loin des forêts, trop loin de la mine, trop loin de la frontière. Si loin de la mer. Un gros bourg endormi aux maisons de brique rouge, à deux étages, rectilignes et dures. Ni ville ni campagne, un bout de plaine où peu de gens passent, des cultures tout autour : pommes de terre, betteraves, blé. Des agriculteurs, samedi soir, viennent se gonfler de bière et plaisanter dans les deux cafés du bas. Il y a bien sûr un haut où se trouve l'église, et un bas où vivent les ouvriers, les étrangers, les démunis, c'est un peu la même chose, l'essentiel étant qu'existe ce haut et qu'existe ce bas comme tout bourg qui s'honore, et qu'importe si le terrain est sans relief. Afficher moinsAfficher plus

et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe

2.9

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Le Pitch

Présentation de l'éditeur Et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe Extrait Glisse glisse la nuit sur la jupe de cuir bleu si courte et si étroite qu'elle oblige Bleuet à marcher à tout petits pas. Ses talons frappent le sol sans qu'elle y mette aucun effet de hanches. Simplement ils frappent et martèlent le bitume comme le font les femmes depuis la nuit des temps. Et le jeu de ses jambes découvertes quelle que soit la saison incite les regards des hommes qui s'arriment à ses pas. S'ils l'interpellent, elle se retourne à peine, avec indifférence, fixe de ses yeux noirs de pierre plate un point à l'horizon. Son regard est si sombre que la lumière fuit. Sous la crinière brune, emmêlée, son visage sans fard, d'une pâleur d'hiver, n'a aucune expression, sinon celle du vide ou du désespoir et cela même est attirant sans que chacun s'en doute. Elle traîne son corps léger, son absence de formes : ni seins, ni hanches, ni fesses rebondies. Elle est ligne, des épaules aux chevilles. Elle est tige gracile, haute pour une femme. Menton trop pointu, visage large, et si lisse qu'aucune marque du temps n'a pu s'y inscrire. Jambes interminables sur lesquelles est posée, comme oubliée, la jupe et, revêtant son torse étroit, un court blouson assorti. Du sac en bandoulière, énorme poche noire, émerge une tête fine, à l'oeil arrondi, sans cesse en mouvement, une crête rouge que le moindre rayon de soleil fait étinceler, un cou de plumes fauves, une queue de jais, c'est Marilyn la poule, sa compagne. Elle va où Bleuet va. Si l'on aperçoit Marilyn au bord du trottoir, les femmes chuchotent que l'autre poule rôde... On ne sait rien de Bleuet, à Lenbourg, sinon qu'elle vient de loin, mais tout est loin ici. Trop loin de la ville, trop loin des forêts, trop loin de la mine, trop loin de la frontière. Si loin de la mer. Un gros bourg endormi aux maisons de brique rouge, à deux étages, rectilignes et dures. Ni ville ni campagne, un bout de plaine où peu de gens passent, des cultures tout autour : pommes de terre, betteraves, blé. Des agriculteurs, samedi soir, viennent se gonfler de bière et plaisanter dans les deux cafés du bas. Il y a bien sûr un haut où se trouve l'église, et un bas où vivent les ouvriers, les étrangers, les démunis, c'est un peu la même chose, l'essentiel étant qu'existe ce haut et qu'existe ce bas comme tout bourg qui s'honore, et qu'importe si le terrain est sans relief. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
et que la nuit glisse sur le bleu de ta jupe: PHOTO ROMAN
Format
Broché
Publication
02 avril 2008
Audience
Jeunesse - A partir de 11 ans
Pages
112
Taille
13.5 x 16 x 0.9 cm
Poids
155
ISBN-13
9782844206312

Auteur

Livré entre : 15 juin - 20 juin
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