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Petites histoires douces amères

1.0

(1)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Petites histoires douces amèresExtraitLa noce avait été superbe. Pour marier leur fille aînée, les Taupenot, vignerons dans un village de la Côte de Nuits-Saint-Georges, n'avaient reculé devant aucune dépense. Ils avaient de l'argent : les deux dernières vendanges avaient été très réussies, et ils avaient vendu d'abondance, à des Japonais, deux excellents millésimes de huit ans d'âge. La recette avait été fameuse. Aussi, comme tous les vignerons, ils avaient eu plaisir à faire la fête - à «jeter l'argent par les fenêtres», comme on dit dans l'Auxois voisin, terre d'élevage et de parcimonie. Il faut dire que les Taupenot mariaient leur fille aînée, la belle Edwige : élégamment jambée, la croupe engageante, la taille bien prise et des seins jolis qui pointaient, victorieux, sous le corsage. Ajoutez à cela un visage épanoui aux pommettes hautes et dorées, des yeux noisette qui ne savaient pas ce que se baisser veut dire, une bouche aussi vermeille que le jus de raisin à la première pressée, et des cheveux châtains, coiffes en deux bandeaux brillants. Un bijou de la nature. À côté de cette opulente beauté, sa soeur cadette, Sylvette, mince jeune fille de seize ans au teint pâle, aux yeux rêveurs et aux traits mignons, paraissait effacée; toujours en retrait, elle ne cherchait pas à voler la vedette à sa soeur. C'était évident : elle semblait ailleurs. La noce avait duré deux jours : la famille proche et lointaine, la clientèle française et étrangère avaient été de la fête. Un restaurateur réputé était venu de Lyon - au diable l'avarice ! Edwige épousait Paul, le fils d'un viticulteur de Pommard. Belle propriété, bel étalon. Et, pendant l'apéritif déjà, les gôguenettes fusèrent d'abondance : les plus coquins se plaisaient à imaginer les épousailles intimes de si beaux spécimens de l'espèce vigneronne. Les bons vins aidant, le verbe commençait à donner carrément dans la grivoiserie. Les beaux-pères se tapaient dans la main comme des maquignons, en éclatant de rire à l'évocation des rejetons à venir. Les belles-mères, plus discrètes, parlaient déjà pouponnage. Les copains et copines des mariés riaient à gorge déployée à la moindre allusion. Afficher moinsAfficher plus

Petites histoires douces amères

1.0

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Le Pitch

Petites histoires douces amèresExtraitLa noce avait été superbe. Pour marier leur fille aînée, les Taupenot, vignerons dans un village de la Côte de Nuits-Saint-Georges, n'avaient reculé devant aucune dépense. Ils avaient de l'argent : les deux dernières vendanges avaient été très réussies, et ils avaient vendu d'abondance, à des Japonais, deux excellents millésimes de huit ans d'âge. La recette avait été fameuse. Aussi, comme tous les vignerons, ils avaient eu plaisir à faire la fête - à «jeter l'argent par les fenêtres», comme on dit dans l'Auxois voisin, terre d'élevage et de parcimonie. Il faut dire que les Taupenot mariaient leur fille aînée, la belle Edwige : élégamment jambée, la croupe engageante, la taille bien prise et des seins jolis qui pointaient, victorieux, sous le corsage. Ajoutez à cela un visage épanoui aux pommettes hautes et dorées, des yeux noisette qui ne savaient pas ce que se baisser veut dire, une bouche aussi vermeille que le jus de raisin à la première pressée, et des cheveux châtains, coiffes en deux bandeaux brillants. Un bijou de la nature. À côté de cette opulente beauté, sa soeur cadette, Sylvette, mince jeune fille de seize ans au teint pâle, aux yeux rêveurs et aux traits mignons, paraissait effacée; toujours en retrait, elle ne cherchait pas à voler la vedette à sa soeur. C'était évident : elle semblait ailleurs. La noce avait duré deux jours : la famille proche et lointaine, la clientèle française et étrangère avaient été de la fête. Un restaurateur réputé était venu de Lyon - au diable l'avarice ! Edwige épousait Paul, le fils d'un viticulteur de Pommard. Belle propriété, bel étalon. Et, pendant l'apéritif déjà, les gôguenettes fusèrent d'abondance : les plus coquins se plaisaient à imaginer les épousailles intimes de si beaux spécimens de l'espèce vigneronne. Les bons vins aidant, le verbe commençait à donner carrément dans la grivoiserie. Les beaux-pères se tapaient dans la main comme des maquignons, en éclatant de rire à l'évocation des rejetons à venir. Les belles-mères, plus discrètes, parlaient déjà pouponnage. Les copains et copines des mariés riaient à gorge déployée à la moindre allusion. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Petites histoires douces amères
Editeur
Format
Grand Format
Publication
01 janvier 2011
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
270
Taille
20.5 x 14 x 2.2 cm
Poids
342
ISBN-13
9782843375873

Auteur

Livré entre : 10 juillet - 15 juillet
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