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Dix ans en quarantaine

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur À sept ans, on m'a dit que j'avais l'âge de raison et j'étais fière. À dix-huit ans, déclarée majeure, j'ai cru que j'étais adulte. À trente-trois ans, j'ai pensé que j'avais l'âge du Christ et que j'allais peut-être mourir comme lui, signe que je ne me prenais pas pour n'importe qui. À quarante ans, j'ai commencé à réaliser que non seulement je n'étais pas le Christ, mais je n'étais pas non plus Hannah Arendt, Colette ou Marie Curie... Enfin, pas aussi géniale que je m'étais rêvée. Comme par hasard, mon fils adolescent a découvert au même moment que j'étais moins formidable que ce qu'il avait cru durant son enfance. Et, pour couronner le tout, le miroir m'a balancé mes premières rides en plein visage. Plus de doute possible : j'entrais en quarantaine ! Journaliste et éditrice à Paris. Pascale Leroy s'approche en douceur de la cinquantaine. Elle a déjà publié aux Éditions Anne Carrière Voyage au bout de l'angoisse (1997). Extrait Extrait du prélude : Ça pourrait commencer comme la chanson : «Je m'souviens ma mère m'disait...» Oui, ma mère disait, répétait même : «Pour une femme, le plus bel âge, c'est la trentaine», affirmation reprise en choeur par ses soeurs, ses amies, toutes celles qui avaient déjà traversé cette décennie qu'elles décrivaient glorieuse, se gardant bien de révéler ce qu'il y avait après. Après ? Les femmes semblaient sauter à pieds joints sur la cinquantaine, souvent réduite à la (pré) ménopause, avec son cortège de vapeurs, déprime et autres symptômes dessinant la fin de quelque chose. Que pouvait-il donc se passer entre trente et cinquante ans pour que personne n'en parle jamais ? Un âge pour rien, des années insignifiantes ? ou si riches en surprises et en épanouissement qu'on les gardait secrètes, afin de ne pas en flétrir le souvenir ? Et puis voilà que, pour moi comme pour les autres, le temps a passé. La trentaine a filé, peut-être un peu moins glorieuse qu imaginé - mais sans doute me manque-t-il cette distance qui magnifie -, jusqu'au jour où je me suis retrouvée à souffler vaillamment quarante bougies, tout étonnée de constater que, malgré le silence maternel, le mystère ne semblait pas assez effrayant pour engendrer déjà les regrets. J'étais donc sauvée, j'avais encore quelques très belles années devant moi qui me conduiraient en douceur au prochain changement de décennie. Maman et ses pairs avaient raison : quarante ans, ça ne valait peut-être pas qu'on en parle. Pourtant... Les bougies étaient éteintes depuis quelques mois, les quarante roses blanches de mon bouquet d'anniversaire, après un détour par l'ocre, viraient au sépia, quand un drôle de spleen a commencé à m'envahir. Oh, presque rien, juste une impression désagréable, comme un sentiment d'étrangeté à moi-même, un léger décalage entre moi et moi, qui me cueillait le matin face au miroir de la salle de bains. Dans le reflet des vitres du métro, des vitrines éclairées au néon, loin de se dissiper, la sensation m'impressionnait encore davantage. À qui appartenait donc ce visage moins lisse dans lequel, furtives, encore indis­ciplinées, les rides cherchaient un sillon à creuser ? «Ridules», disent les magazines féminins pour atténuer la cruauté de la réalité. Qu'importent les mots, j'avais du mal à me reconnaître, semblable et différente à la fois, inconnue familière que j'allais devoir apprivoiser. Ce visage était sûrement moins vieux que je ne le croyais, mais moi, je ne voyais que ça, les marques, les plis, les cernes qu'une bonne nuit de sommeil et bientôt quelques jours, un mois de vacances ne parvenaient pas à effacer. Il fallait se rendre à l'évidence : puisque tout le repos du monde ne pouvait rien pour moi, c'est donc que, de passagère, ma fatigue s'était faite durable, chronique, profonde. Si profonde qu'elle se remarquait à l'oeil nu. Grosse fatigue, oui. Il m'a fallu du temps pour comprendre : plus jamais mon visage ne ressemblerait à celui auquel je m'étais habituée et que je voula Afficher moinsAfficher plus

Dix ans en quarantaine

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Présentation de l'éditeur À sept ans, on m'a dit que j'avais l'âge de raison et j'étais fière. À dix-huit ans, déclarée majeure, j'ai cru que j'étais adulte. À trente-trois ans, j'ai pensé que j'avais l'âge du Christ et que j'allais peut-être mourir comme lui, signe que je ne me prenais pas pour n'importe qui. À quarante ans, j'ai commencé à réaliser que non seulement je n'étais pas le Christ, mais je n'étais pas non plus Hannah Arendt, Colette ou Marie Curie... Enfin, pas aussi géniale que je m'étais rêvée. Comme par hasard, mon fils adolescent a découvert au même moment que j'étais moins formidable que ce qu'il avait cru durant son enfance. Et, pour couronner le tout, le miroir m'a balancé mes premières rides en plein visage. Plus de doute possible : j'entrais en quarantaine ! Journaliste et éditrice à Paris. Pascale Leroy s'approche en douceur de la cinquantaine. Elle a déjà publié aux Éditions Anne Carrière Voyage au bout de l'angoisse (1997). Extrait Extrait du prélude : Ça pourrait commencer comme la chanson : «Je m'souviens ma mère m'disait...» Oui, ma mère disait, répétait même : «Pour une femme, le plus bel âge, c'est la trentaine», affirmation reprise en choeur par ses soeurs, ses amies, toutes celles qui avaient déjà traversé cette décennie qu'elles décrivaient glorieuse, se gardant bien de révéler ce qu'il y avait après. Après ? Les femmes semblaient sauter à pieds joints sur la cinquantaine, souvent réduite à la (pré) ménopause, avec son cortège de vapeurs, déprime et autres symptômes dessinant la fin de quelque chose. Que pouvait-il donc se passer entre trente et cinquante ans pour que personne n'en parle jamais ? Un âge pour rien, des années insignifiantes ? ou si riches en surprises et en épanouissement qu'on les gardait secrètes, afin de ne pas en flétrir le souvenir ? Et puis voilà que, pour moi comme pour les autres, le temps a passé. La trentaine a filé, peut-être un peu moins glorieuse qu imaginé - mais sans doute me manque-t-il cette distance qui magnifie -, jusqu'au jour où je me suis retrouvée à souffler vaillamment quarante bougies, tout étonnée de constater que, malgré le silence maternel, le mystère ne semblait pas assez effrayant pour engendrer déjà les regrets. J'étais donc sauvée, j'avais encore quelques très belles années devant moi qui me conduiraient en douceur au prochain changement de décennie. Maman et ses pairs avaient raison : quarante ans, ça ne valait peut-être pas qu'on en parle. Pourtant... Les bougies étaient éteintes depuis quelques mois, les quarante roses blanches de mon bouquet d'anniversaire, après un détour par l'ocre, viraient au sépia, quand un drôle de spleen a commencé à m'envahir. Oh, presque rien, juste une impression désagréable, comme un sentiment d'étrangeté à moi-même, un léger décalage entre moi et moi, qui me cueillait le matin face au miroir de la salle de bains. Dans le reflet des vitres du métro, des vitrines éclairées au néon, loin de se dissiper, la sensation m'impressionnait encore davantage. À qui appartenait donc ce visage moins lisse dans lequel, furtives, encore indis­ciplinées, les rides cherchaient un sillon à creuser ? «Ridules», disent les magazines féminins pour atténuer la cruauté de la réalité. Qu'importent les mots, j'avais du mal à me reconnaître, semblable et différente à la fois, inconnue familière que j'allais devoir apprivoiser. Ce visage était sûrement moins vieux que je ne le croyais, mais moi, je ne voyais que ça, les marques, les plis, les cernes qu'une bonne nuit de sommeil et bientôt quelques jours, un mois de vacances ne parvenaient pas à effacer. Il fallait se rendre à l'évidence : puisque tout le repos du monde ne pouvait rien pour moi, c'est donc que, de passagère, ma fatigue s'était faite durable, chronique, profonde. Si profonde qu'elle se remarquait à l'oeil nu. Grosse fatigue, oui. Il m'a fallu du temps pour comprendre : plus jamais mon visage ne ressemblerait à celui auquel je m'étais habituée et que je voula Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Dix ans en quarantaine
Format
Grand Format
Publication
14 novembre 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
191
Taille
20.7 x 14.3 x 1.8 cm
Poids
273
ISBN-13
9782843373879
Livré entre : 31 juillet - 3 août
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