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Usages de la bible

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Intitulé «Usages de la Bible. Interprétations et lectures sociales», ce numéro de Médiévales a pour ambition de donner à un public d'historiens non spécialisés un exemple des travaux qui se mènent depuis une vingtaine d'années sur la fonction (les fonctions) des Écritures au sein de ta société médiévale, qui est avant tout une société chrétienne ordonnée par une parole venant de l'au-delà. Les premières contributions du numéro s'intéressent aux lectures sociopolitiques tirées de la Bible, dont les interprétations alimentent des règles de «bon gouvernement» Une seconde série d'articles est consacrée à la Bible comme modèle d'autorité, en quelque sorte comme «autorité des autorités,» à un époque qui distingue encore mal l'auteur de l'autorité qui le porte. Extrait USAGES DE LA BIBLE ET INSTITUTION DU SENS DANS L'OCCIDENT MÉDIÉVAL La Bible était au Moyen Âge indissociable de ses commentaires, et ceux-ci ont été un lieu de réflexion et d'élaborations conceptuelles propres à rendre intelligible, à maîtriser ou à transformer la société. Partant de telles prémisses, les chercheurs réunis à Auxerre, le 24 janvier 2008, pour préparer ce dossier de la revue Médiévales se sont attachés à quelques cas d'interprétation du texte sacré à l'évidence marqués par les besoins de leur temps, ainsi qu'aux principes d'herméneutique qui ont pu guider les acteurs sociaux ou légitimer leur action. La Bible, la norme et les clercs La question des usages de la Bible en Occident chrétien doit être rapportée à deux données structurelles. La première concerne la place très particulière du Livre sacré dans les systèmes de normes en vigueur dans la société médiévale. La valeur prescriptive de la Bible fut, en effet, bien moindre dans le monde chrétien que ne l'était celle de la Torah pour les Juifs ou celle du Coran dans les pays musulmans : l'existence dans l'Occident chrétien d'un autre corpus de règles, le droit romain, explique en partie cette situation. Celle-ci ne concerne toutefois que l'Antiquité tardive, un monde où le droit organisait une part importante des rapports sociaux, puis l'ère qui s'ouvrit aux XIIe et XIIIe siècles, lorsque le processus de genèse de l'Etat imposa dans les pays européens un nouveau développement des savoirs et des institutions juridiques. Entre ces deux moments, la Bible fut pendant plusieurs siècles l'une des principales sources de l'autorité. Illustrant la fonction normative alors reconnue au texte sacré (et à son commentaire), le catalogue de la bibliothèque de Reichenau, l'une des grandes abbayes carolingiennes, signale, sous une rubrique annonçant des livres de «lois» (de legibus), un ouvrage réunissant «les capitulaires de l'empereur Charles et les gloses sur la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, les livres des Juges, de Josué, de Ruth et des Rois» : ainsi le recueil des textes législatifs émanant de Charlemagne se trouvait-il associé, au ixe siècle, à plusieurs livres glosés de l'Ancien Testament, dans un volume rangé au sein d'une série d'ouvrages relatifs aux «lois». De manière générale, un certain nombre de règles énoncées dans les livres vétéro-testamentaires furent transformées, dans le haut Moyen Âge, en normes chrétiennes, diffusées par la littérature canonique, mais aussi par la législation royale. Jusqu'au XIIe siècle, les autorités (ecclésiastiques) affirmèrent d'ailleurs la dimension juridique de la Bible. Il arriva cependant que des recommandations bibliques fussent jugées obsolètes, entraînant dans ce cas des discussions à propos des relations entre l'ancienne et la nouvelle Loi. Soucieux de concilier l'autorité de la Bible et la pratique judiciaire de son temps, le grand canoniste Gratien entreprit, au milieu du XIIe siècle, d'opérer une distinction, parmi les commandements du texte sacré, entre les moralia, auxquels devait se conformer le comportement des fidèles, et les mystica, dont le sens était allégorique. La réception ou le dépasseme Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Intitulé «Usages de la Bible. Interprétations et lectures sociales», ce numéro de Médiévales a pour ambition de donner à un public d'historiens non spécialisés un exemple des travaux qui se mènent depuis une vingtaine d'années sur la fonction (les fonctions) des Écritures au sein de ta société médiévale, qui est avant tout une société chrétienne ordonnée par une parole venant de l'au-delà. Les premières contributions du numéro s'intéressent aux lectures sociopolitiques tirées de la Bible, dont les interprétations alimentent des règles de «bon gouvernement» Une seconde série d'articles est consacrée à la Bible comme modèle d'autorité, en quelque sorte comme «autorité des autorités,» à un époque qui distingue encore mal l'auteur de l'autorité qui le porte. Extrait USAGES DE LA BIBLE ET INSTITUTION DU SENS DANS L'OCCIDENT MÉDIÉVAL La Bible était au Moyen Âge indissociable de ses commentaires, et ceux-ci ont été un lieu de réflexion et d'élaborations conceptuelles propres à rendre intelligible, à maîtriser ou à transformer la société. Partant de telles prémisses, les chercheurs réunis à Auxerre, le 24 janvier 2008, pour préparer ce dossier de la revue Médiévales se sont attachés à quelques cas d'interprétation du texte sacré à l'évidence marqués par les besoins de leur temps, ainsi qu'aux principes d'herméneutique qui ont pu guider les acteurs sociaux ou légitimer leur action. La Bible, la norme et les clercs La question des usages de la Bible en Occident chrétien doit être rapportée à deux données structurelles. La première concerne la place très particulière du Livre sacré dans les systèmes de normes en vigueur dans la société médiévale. La valeur prescriptive de la Bible fut, en effet, bien moindre dans le monde chrétien que ne l'était celle de la Torah pour les Juifs ou celle du Coran dans les pays musulmans : l'existence dans l'Occident chrétien d'un autre corpus de règles, le droit romain, explique en partie cette situation. Celle-ci ne concerne toutefois que l'Antiquité tardive, un monde où le droit organisait une part importante des rapports sociaux, puis l'ère qui s'ouvrit aux XIIe et XIIIe siècles, lorsque le processus de genèse de l'Etat imposa dans les pays européens un nouveau développement des savoirs et des institutions juridiques. Entre ces deux moments, la Bible fut pendant plusieurs siècles l'une des principales sources de l'autorité. Illustrant la fonction normative alors reconnue au texte sacré (et à son commentaire), le catalogue de la bibliothèque de Reichenau, l'une des grandes abbayes carolingiennes, signale, sous une rubrique annonçant des livres de «lois» (de legibus), un ouvrage réunissant «les capitulaires de l'empereur Charles et les gloses sur la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, les livres des Juges, de Josué, de Ruth et des Rois» : ainsi le recueil des textes législatifs émanant de Charlemagne se trouvait-il associé, au ixe siècle, à plusieurs livres glosés de l'Ancien Testament, dans un volume rangé au sein d'une série d'ouvrages relatifs aux «lois». De manière générale, un certain nombre de règles énoncées dans les livres vétéro-testamentaires furent transformées, dans le haut Moyen Âge, en normes chrétiennes, diffusées par la littérature canonique, mais aussi par la législation royale. Jusqu'au XIIe siècle, les autorités (ecclésiastiques) affirmèrent d'ailleurs la dimension juridique de la Bible. Il arriva cependant que des recommandations bibliques fussent jugées obsolètes, entraînant dans ce cas des discussions à propos des relations entre l'ancienne et la nouvelle Loi. Soucieux de concilier l'autorité de la Bible et la pratique judiciaire de son temps, le grand canoniste Gratien entreprit, au milieu du XIIe siècle, d'opérer une distinction, parmi les commandements du texte sacré, entre les moralia, auxquels devait se conformer le comportement des fidèles, et les mystica, dont le sens était allégorique. La réception ou le dépasseme Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Usages de la bible
Editeur
Format
Broché
Publication
22 janvier 2009
Auteur
Lauwers (Dir.), Michel
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
192
Taille
22 x 15.5 x 1.2 cm
Poids
302
ISBN-13
9782842922214

Auteur

Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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