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Henri Huet: "J'étais photographe de guerre au Viêtnam"

4.8

(6)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
La passion d'un métier, celui de photographe de presse, a conduit Henri Huet à sillonner les routes du Viêtnam en guerre pendant près de vingt ans. L'amour du pays où il est né et qui coule dans ses veines se reflète dans ses photos, douloureux témoignages d'un conflit dont tous les hommes sont les victimes. Ses clichés, emprunts de courage et d'humanité, ont eu le pouvoir de changer le regard de l'Amérique sur cette guerre. Entrés dans la mémoire collective, ils demeurent des références pour les photogrpahes d'aujoud'hui. Quant à l'homme, il a définitivement marqué tous ceux qui l'ont croisés, journalistes ou militaires. Comme bien d'autres, Henri Huet a donné sa vie pour ce métier. Modestement, ainsi qu'à son habitude. Il a disparu le 10 février 1971, dans un hélicoptère en flammes, lors de l'invasion du Laos par les troupes sud-vietnamiennes. Ce livre rend enfin hommage à son talent et à ses convictions.ExtraitExtrait de la préface de Horst Faas : Trente ans après l'entrée dans Saigon des tanks nord-vietnamiens, qui mettait fin à la guerre du Vietnam, un groupe de soixante journalistes grisonnants se tenait sous un soleil de plomb devant la cathédrale Notre-Dame (Nha Tho Duc Ba) pour rendre hommage à leurs amis et collègues morts ou disparus. Deux anciens correspondants de guerre commencèrent à lire les noms de ces amis qui les avaient laissés vieillir sans eux. Chaque nom qui résonnait - entre autres ceux des photographes Larry Burrows, Dickey Chapelle, Gilles Caron, Michel Laurent, Dana Stone, Kent Potter, Kyoishi Sawada - faisait surgir des images de rencontres et de discussions ou le souvenir diffus du jour de leur mort... Certains faisaient remonter de ma mémoire les photos prises par ces compagnons disparus, régulièrement republiées pour certaines. Quand le nom d'Henri Huet fut prononcé, mes pensées se détachèrent du passé. Et si Henri était vivant aujourd'hui ? Ferait-il partie de notre petit groupe ? Se sentirait-il toujours chez lui à Hô Chi Minh-Ville, où le Saigon provincial de sa jeunesse avait été remplacé par le béton, le verre et l'acier des buildings, où la guerre qu'il photographiait si bien était devenue une attraction touristique, où la génération d'après-guerre surfait sur Internet ? Tous ceux qui se tenaient, tête nue, sous la statue de Notre-Dame, savaient qui était Henri Huet et avaient leurs propres souvenirs de lui. C'est en 1964 que j'avais remarqué Henri pour la première fois alors que nous photographions tous deux les manifestations bouddhistes contre le gouvernement sud-vietnamien. Je travaillais pour Associated Press et lui pour notre concurrent principal, UPI. Moins d'un an plus tard, Eddie Adams, photographe d'AP, l'avait convaincu de nous rejoindre. 1965 avait été une année terrible pour AP. Nous avions perdu deux photographes : le talentueux et courageux Huynh Thanh My et Bernard Kolenberg. Aussi l'agence avait-elle besoin d'Henri pour photographier la guerre au jour le jour. Et c'est ce qu'il fit pendant six ans. Des années plus tard, j'ai pu dire qu'Henri «allait à la guerre comme on va au bureau, au moins cinq jours par semaine, et cela chaque semaine». Comme en témoignent tous ceux qui ont participé à ce livre, Henri était charmant, intelligent, soucieux de rendre compte de cette guerre qui meurtrissait son pays, le Vietnam. C'était un homme bienveillant. La compassion faisait partie de ses qualités et il savait la traduire en photographie. Afficher moinsAfficher plus

Henri Huet: "J'étais photographe de guerre au Viêtnam"

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La passion d'un métier, celui de photographe de presse, a conduit Henri Huet à sillonner les routes du Viêtnam en guerre pendant près de vingt ans. L'amour du pays où il est né et qui coule dans ses veines se reflète dans ses photos, douloureux témoignages d'un conflit dont tous les hommes sont les victimes. Ses clichés, emprunts de courage et d'humanité, ont eu le pouvoir de changer le regard de l'Amérique sur cette guerre. Entrés dans la mémoire collective, ils demeurent des références pour les photogrpahes d'aujoud'hui. Quant à l'homme, il a définitivement marqué tous ceux qui l'ont croisés, journalistes ou militaires. Comme bien d'autres, Henri Huet a donné sa vie pour ce métier. Modestement, ainsi qu'à son habitude. Il a disparu le 10 février 1971, dans un hélicoptère en flammes, lors de l'invasion du Laos par les troupes sud-vietnamiennes. Ce livre rend enfin hommage à son talent et à ses convictions.ExtraitExtrait de la préface de Horst Faas : Trente ans après l'entrée dans Saigon des tanks nord-vietnamiens, qui mettait fin à la guerre du Vietnam, un groupe de soixante journalistes grisonnants se tenait sous un soleil de plomb devant la cathédrale Notre-Dame (Nha Tho Duc Ba) pour rendre hommage à leurs amis et collègues morts ou disparus. Deux anciens correspondants de guerre commencèrent à lire les noms de ces amis qui les avaient laissés vieillir sans eux. Chaque nom qui résonnait - entre autres ceux des photographes Larry Burrows, Dickey Chapelle, Gilles Caron, Michel Laurent, Dana Stone, Kent Potter, Kyoishi Sawada - faisait surgir des images de rencontres et de discussions ou le souvenir diffus du jour de leur mort... Certains faisaient remonter de ma mémoire les photos prises par ces compagnons disparus, régulièrement republiées pour certaines. Quand le nom d'Henri Huet fut prononcé, mes pensées se détachèrent du passé. Et si Henri était vivant aujourd'hui ? Ferait-il partie de notre petit groupe ? Se sentirait-il toujours chez lui à Hô Chi Minh-Ville, où le Saigon provincial de sa jeunesse avait été remplacé par le béton, le verre et l'acier des buildings, où la guerre qu'il photographiait si bien était devenue une attraction touristique, où la génération d'après-guerre surfait sur Internet ? Tous ceux qui se tenaient, tête nue, sous la statue de Notre-Dame, savaient qui était Henri Huet et avaient leurs propres souvenirs de lui. C'est en 1964 que j'avais remarqué Henri pour la première fois alors que nous photographions tous deux les manifestations bouddhistes contre le gouvernement sud-vietnamien. Je travaillais pour Associated Press et lui pour notre concurrent principal, UPI. Moins d'un an plus tard, Eddie Adams, photographe d'AP, l'avait convaincu de nous rejoindre. 1965 avait été une année terrible pour AP. Nous avions perdu deux photographes : le talentueux et courageux Huynh Thanh My et Bernard Kolenberg. Aussi l'agence avait-elle besoin d'Henri pour photographier la guerre au jour le jour. Et c'est ce qu'il fit pendant six ans. Des années plus tard, j'ai pu dire qu'Henri «allait à la guerre comme on va au bureau, au moins cinq jours par semaine, et cela chaque semaine». Comme en témoignent tous ceux qui ont participé à ce livre, Henri était charmant, intelligent, soucieux de rendre compte de cette guerre qui meurtrissait son pays, le Vietnam. C'était un homme bienveillant. La compassion faisait partie de ses qualités et il savait la traduire en photographie. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Henri Huet: "J'étais photographe de guerre au Viêtnam"
Format
Relié
Publication
30 août 2006
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
191
Taille
30 x 24 x 2.9 cm
Poids
1475
ISBN-13
9782842776541
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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