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Hannibal chez les Allobroges

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Extrait Extrait de l'avant-dire : L'archéologie préhistorique permet de restituer des bribes du passé des hommes, de leurs techniques et de leur milieu à partir des documents exhumés du sol au gré des hasards ou grâce à des recherches systématiques. Des sites et des objets nouveaux, des archives réinterprétées viennent s'ajouter à un puzzle aux multiples trous, et les grandes lignes de l'aventure humaine s'ébauchent puis se complètent peu à peu. Avant l'écriture, donc, l'histoire des hommes comme de leurs activités s'élabore seulement à partir des vestiges mis au jour. C'est ce que je tente de faire depuis cinquante ans dans les Alpes, mais aujourd'hui, pourtant, j'aborde une problématique nouvelle. L'exploration du passé antique s'est limitée, pendant des siècles, à l'art de faire parler les sources écrites, et le rôle des archéologues s'est cantonné à la recherche de documents pour tenter d'illustrer les textes. Il est regrettable qu'en France certains continuent encore à cultiver la dichotomie entre les activités «manuelles» du chercheur sur le terrain et celles plus intellectuelles du savant dans son cabinet. Les deux disciplines, archéologie et histoire, tendent heureusement à se rapprocher, tant à l'université que dans l'esprit du public, et je suis reconnaissant à mes collègues protohistoriens ou historiens de l'âge du Fer qui, depuis quelques décennies, «révolutionnent» une conception trop littéraire des peuples antiques de l'Europe dite barbare, de leur vie comme de leurs croyances, par des découvertes extraordinaires récemment révélées au public. Mais une vieille réticence flotte encore chez quelques-uns, heureusement de plus en plus rares, qui professent la supériorité du texte et la primauté de la réflexion sur les données du concret. D'accord, l'écrit est irremplaçable, nous en convenons tous, pourtant il est fructueux d'y associer ce que nous apprennent d'autres moyens, comme l'archéologie, devenue une discipline à forte connotation scientifique, ce qui valide ses résultats. Cependant cette idée réductrice court toujours, fort dommageable aux recherches de terrain que beaucoup considèrent encore comme peu utiles puisque, pour eux, il est possible de tout savoir autrement... Il n'est que devoir le très faible nombre des fouilles concernant la protohistoire récente en France, comparé à celui des fouilles menées en Suisse, Italie ou Allemagne, pays qui considèrent l'étude de cette période comme la base nécessaire et incontournable de leur histoire. J'avoue mon étonnement attristé à la lecture, il y a peu, d'une phrase qui illustre mes propos : «Il faut partir des textes et ne leur opposer les réalités qu'en cas d'absolue impossibilité [de compréhension].» Elle provient d'un ouvrage récent sur Hannibal, très largement diffusé, dû à la plume d'un historien unanimement reconnu et honoré pour ses grandes connaissances. De tels a priori font émettre à certains des propos qui excèdent l'étendue réelle de leur savoir... Afficher moinsAfficher plus

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Extrait Extrait de l'avant-dire : L'archéologie préhistorique permet de restituer des bribes du passé des hommes, de leurs techniques et de leur milieu à partir des documents exhumés du sol au gré des hasards ou grâce à des recherches systématiques. Des sites et des objets nouveaux, des archives réinterprétées viennent s'ajouter à un puzzle aux multiples trous, et les grandes lignes de l'aventure humaine s'ébauchent puis se complètent peu à peu. Avant l'écriture, donc, l'histoire des hommes comme de leurs activités s'élabore seulement à partir des vestiges mis au jour. C'est ce que je tente de faire depuis cinquante ans dans les Alpes, mais aujourd'hui, pourtant, j'aborde une problématique nouvelle. L'exploration du passé antique s'est limitée, pendant des siècles, à l'art de faire parler les sources écrites, et le rôle des archéologues s'est cantonné à la recherche de documents pour tenter d'illustrer les textes. Il est regrettable qu'en France certains continuent encore à cultiver la dichotomie entre les activités «manuelles» du chercheur sur le terrain et celles plus intellectuelles du savant dans son cabinet. Les deux disciplines, archéologie et histoire, tendent heureusement à se rapprocher, tant à l'université que dans l'esprit du public, et je suis reconnaissant à mes collègues protohistoriens ou historiens de l'âge du Fer qui, depuis quelques décennies, «révolutionnent» une conception trop littéraire des peuples antiques de l'Europe dite barbare, de leur vie comme de leurs croyances, par des découvertes extraordinaires récemment révélées au public. Mais une vieille réticence flotte encore chez quelques-uns, heureusement de plus en plus rares, qui professent la supériorité du texte et la primauté de la réflexion sur les données du concret. D'accord, l'écrit est irremplaçable, nous en convenons tous, pourtant il est fructueux d'y associer ce que nous apprennent d'autres moyens, comme l'archéologie, devenue une discipline à forte connotation scientifique, ce qui valide ses résultats. Cependant cette idée réductrice court toujours, fort dommageable aux recherches de terrain que beaucoup considèrent encore comme peu utiles puisque, pour eux, il est possible de tout savoir autrement... Il n'est que devoir le très faible nombre des fouilles concernant la protohistoire récente en France, comparé à celui des fouilles menées en Suisse, Italie ou Allemagne, pays qui considèrent l'étude de cette période comme la base nécessaire et incontournable de leur histoire. J'avoue mon étonnement attristé à la lecture, il y a peu, d'une phrase qui illustre mes propos : «Il faut partir des textes et ne leur opposer les réalités qu'en cas d'absolue impossibilité [de compréhension].» Elle provient d'un ouvrage récent sur Hannibal, très largement diffusé, dû à la plume d'un historien unanimement reconnu et honoré pour ses grandes connaissances. De tels a priori font émettre à certains des propos qui excèdent l'étendue réelle de leur savoir... Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Hannibal chez les Allobroges: 218 avant Jésus-Christ La Grande Traversée des Alpes
Format
Relié
Publication
11 juin 2009
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
221
Taille
25 x 18 x 2 cm
Poids
830
ISBN-13
9782842064198
Livré entre : 27 juin - 30 juin
Disponible chez le fournisseur
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