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IL NE FAUT PAS MOURIR DEUX FOIS

4.1

(14)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Il ne faut pas mourir deux fois Extrait UNE TOMBE DU VIEUX CIMETIÈRE La tombe était proche de la rue principale du quartier de Pueblo Nuevo, dans le cimetière où toutes les tombes sont anciennes. Celle-ci faisait peut-être exception à la règle : la dalle était récente à tout le moins. L'homme planté devant, le front baissé et les mains dans le dos, avait l'air de prier face à la brise marine. Le cimetière Nuevo est le plus ancien, en toute logique. Au XIXe siècle, c'était le cimetière officiel de Barcelone, avant qu'on ne crée celui de Montjuich. Il était peuplé de statues de femmes qui levaient les yeux vers le ciel, de silhouettes à genoux près d'une flamme et d'effigies d'enfants sans âge qui là-haut priaient pour nous. Un couple de matous attendait son heure devant chaque sépulture. L'homme qui priait n'attendait plus grand-chose, vraisemblablement. Il était encore jeune - quarante-cinq ans à peine - mais semblait accablé, désespéré, comme s'il n'avait même pas la force de nettoyer la pierre tombale. Sur le marbre blanc, un simple prénom féminin : «Elisa.» Quelques années plus tôt, cette terre avait été maudite, même s'il s'agissait de la nécropole romantique de la ville. Des abris de fortune s'adossaient alors aux murs d'enceinte, un cloaque immonde empoisonnait l'atmosphère et des coups de feu retentissaient non loin dans le Campo de la Bota, où les franquistes fusillaient les ennemis éternels de l'Espagne. Ces monceaux d'ennemis abattus avaient laissé place à un modeste monument, au souvenir d'un fils et au cri d'une mouette, rien d'autre. Aujourd'hui, en revanche, c'est une terre riche, pleine de promesses. A proximité, on a édifié la ville olympique et prolongé la Diagonal pour bâtir à tout-va des bureaux pour monsieur Rockefeller et des hôtels pour l'émir Saïd. Dans les environs, on a aussi érigé un Forum des Cultures pour que les citadins piquent un somme pendant les discours ou, en tout cas, qu'ils voient la Méditerranée. Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Il ne faut pas mourir deux fois Extrait UNE TOMBE DU VIEUX CIMETIÈRE La tombe était proche de la rue principale du quartier de Pueblo Nuevo, dans le cimetière où toutes les tombes sont anciennes. Celle-ci faisait peut-être exception à la règle : la dalle était récente à tout le moins. L'homme planté devant, le front baissé et les mains dans le dos, avait l'air de prier face à la brise marine. Le cimetière Nuevo est le plus ancien, en toute logique. Au XIXe siècle, c'était le cimetière officiel de Barcelone, avant qu'on ne crée celui de Montjuich. Il était peuplé de statues de femmes qui levaient les yeux vers le ciel, de silhouettes à genoux près d'une flamme et d'effigies d'enfants sans âge qui là-haut priaient pour nous. Un couple de matous attendait son heure devant chaque sépulture. L'homme qui priait n'attendait plus grand-chose, vraisemblablement. Il était encore jeune - quarante-cinq ans à peine - mais semblait accablé, désespéré, comme s'il n'avait même pas la force de nettoyer la pierre tombale. Sur le marbre blanc, un simple prénom féminin : «Elisa.» Quelques années plus tôt, cette terre avait été maudite, même s'il s'agissait de la nécropole romantique de la ville. Des abris de fortune s'adossaient alors aux murs d'enceinte, un cloaque immonde empoisonnait l'atmosphère et des coups de feu retentissaient non loin dans le Campo de la Bota, où les franquistes fusillaient les ennemis éternels de l'Espagne. Ces monceaux d'ennemis abattus avaient laissé place à un modeste monument, au souvenir d'un fils et au cri d'une mouette, rien d'autre. Aujourd'hui, en revanche, c'est une terre riche, pleine de promesses. A proximité, on a édifié la ville olympique et prolongé la Diagonal pour bâtir à tout-va des bureaux pour monsieur Rockefeller et des hôtels pour l'émir Saïd. Dans les environs, on a aussi érigé un Forum des Cultures pour que les citadins piquent un somme pendant les discours ou, en tout cas, qu'ils voient la Méditerranée. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
IL NE FAUT PAS MOURIR DEUX FOIS (0000)
Editeur
Format
Grand Format
Publication
18 novembre 2010
Traduction
Josse, Christophe
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
348
Taille
20 x 14.5 x 2.7 cm
Poids
467
ISBN-13
9782841725243

Auteur

Livré entre : 15 juin - 18 juin
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