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Leur silence

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Sept heures du matin. Au bord de la Dordogne, une petite ville de province entre Bergerac et Sarlat. Alors qu'il se rend de bon matin au collège où il travaille, Vincent Dewasne s'étonne de voir entrouverte la porte du domicile de Mme Alectat, une voisine. Il entre, découvre la cuisine en désordre, des traces de lutte et, dans une chambre sens dessus dessous, la vieille dame assassinée. Très vite il ressort, mais au lieu d'avertir les voisins ou la police, il va donner ses cours au collège et rentre chez lui dans l'après-midi comme d'habitude. À sa femme et à sa mère, malgré son désarroi grandissant, il ne dira rien non plus... Pourquoi ce silence ? Comment un appel téléphonique suffira-t-il à bouleverser sa vie apparemment si tranquille ? Prise dans les remous d'un obsédant secret de famille, encadrée dans le décor d'une maison aux mystérieux éléphants, l'histoire avance au rythme des sentiments et au fil des non-dits de Vincent et des siens. Dans un univers à la Patricia Highsmith ou à la Georges Simenon, l'intrigue s'arc-boute dans une tension vibrante, au suspense palpable. Pierre Guyard enseigne le latin et le français à Fort-de-France. Son premier roman, Le Bonheur des Fous, est paru chez Grasset en 1973- Leur Silence est son deuxième roman. Le troisième est en préparation. Extrait 9 juillet 1960, 17 heures On a beau tuer les morts, ils reviennent. Il faut s'y faire. Mais, pour Vincent Dewasne, chaque fois que Jean reparaît, c'est un choc, qui ne faiblit pas. La chaleur lui monte au visage et son coeur bat plus vite. «Petit merdeux», dit la voix disparue. Il est là, jeune, fort, toujours aussi beau, regard acéré, sourire insolent, avec de l'eau sur le visage à cause de ses cheveux trempés. Et avec lui, l'accompagnant aussitôt, le précédant parfois, le frémissant murmure du fleuve envahit l'univers. Les soirs d'été, au crépuscule, des barques glissent entre ses berges qui reculent, dans un halo de sang et d'or. Nonchalantes, par endroits très profondes, ses eaux passent pour dangereuses, mais peu de gens y pensent : ils se disent qu'il n'y a rien à craindre tant qu'on ne prend pas de risques. Ils ne savent pas. À peine entendent-ils autour d'eux leur chuchotis paisible, qui les rassure plutôt. Pour eux la vie coule sans drames, dans la simplicité des jours qui viennent, les enfants voient s'en aller leurs parents et continuent leur vie sans eux. Les gens de maintenant sont-ils aussi naïfs et sans méfiance ? Sous les reflets chatoyants des remous qui naissent et disparaissent à la surface, devinent-ils la mort, en train d'attendre patiemment sur son matelas de vase ? Certains matins trop doux, quand l'hiver touche à sa fin, la rivière monte. Trop de neiges qui fondent là-bas, dans les montagnes lointaines. Quand on se penche par-dessus les garde-fous, l'eau clapote le long des pierres de soutènement : elle lèche le tuffeau et murmure, murmure jour et nuit, sans fin. Sous la pellicule un peu trouble, elle emporte à toute allure les feuilles, les brindilles, les branches mortes des arbres poussés sur les îles en amont, avec des tourbillons de terre et de gravier. Sa rumeur ne cesse jamais. C'est parce que la route longe la rivière, sur des quais qu'il faut suivre jusqu'au dernier pour trouver la maison des Dewasne, à la sortie de la ville. Par une douce nuit d'avril, l'eau déborde, progresse patiemment, se jouant de tous les obstacles : réveillés par un silence qui vient d'un autre monde, les garçons découvrent que les terres en contrebas, le talus herbeux qui prolonge les parapets, la route elle-même ont disparu. La maison flotte, immobile, retenue par le poids de ses hauts murs autour desquels rampe l'odeur douce-amère de cette eau froide et limoneuse. Les jours suivants, aussitôt que l'aîné des deux frères ouvre à l'aube la fenêtre de leur chambre, ses reflets bondissent au plafond, miroitent sur les murs, palpitent sur eux. Biographie de l'auteur Pierre Guyard enseigne le Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Sept heures du matin. Au bord de la Dordogne, une petite ville de province entre Bergerac et Sarlat. Alors qu'il se rend de bon matin au collège où il travaille, Vincent Dewasne s'étonne de voir entrouverte la porte du domicile de Mme Alectat, une voisine. Il entre, découvre la cuisine en désordre, des traces de lutte et, dans une chambre sens dessus dessous, la vieille dame assassinée. Très vite il ressort, mais au lieu d'avertir les voisins ou la police, il va donner ses cours au collège et rentre chez lui dans l'après-midi comme d'habitude. À sa femme et à sa mère, malgré son désarroi grandissant, il ne dira rien non plus... Pourquoi ce silence ? Comment un appel téléphonique suffira-t-il à bouleverser sa vie apparemment si tranquille ? Prise dans les remous d'un obsédant secret de famille, encadrée dans le décor d'une maison aux mystérieux éléphants, l'histoire avance au rythme des sentiments et au fil des non-dits de Vincent et des siens. Dans un univers à la Patricia Highsmith ou à la Georges Simenon, l'intrigue s'arc-boute dans une tension vibrante, au suspense palpable. Pierre Guyard enseigne le latin et le français à Fort-de-France. Son premier roman, Le Bonheur des Fous, est paru chez Grasset en 1973- Leur Silence est son deuxième roman. Le troisième est en préparation. Extrait 9 juillet 1960, 17 heures On a beau tuer les morts, ils reviennent. Il faut s'y faire. Mais, pour Vincent Dewasne, chaque fois que Jean reparaît, c'est un choc, qui ne faiblit pas. La chaleur lui monte au visage et son coeur bat plus vite. «Petit merdeux», dit la voix disparue. Il est là, jeune, fort, toujours aussi beau, regard acéré, sourire insolent, avec de l'eau sur le visage à cause de ses cheveux trempés. Et avec lui, l'accompagnant aussitôt, le précédant parfois, le frémissant murmure du fleuve envahit l'univers. Les soirs d'été, au crépuscule, des barques glissent entre ses berges qui reculent, dans un halo de sang et d'or. Nonchalantes, par endroits très profondes, ses eaux passent pour dangereuses, mais peu de gens y pensent : ils se disent qu'il n'y a rien à craindre tant qu'on ne prend pas de risques. Ils ne savent pas. À peine entendent-ils autour d'eux leur chuchotis paisible, qui les rassure plutôt. Pour eux la vie coule sans drames, dans la simplicité des jours qui viennent, les enfants voient s'en aller leurs parents et continuent leur vie sans eux. Les gens de maintenant sont-ils aussi naïfs et sans méfiance ? Sous les reflets chatoyants des remous qui naissent et disparaissent à la surface, devinent-ils la mort, en train d'attendre patiemment sur son matelas de vase ? Certains matins trop doux, quand l'hiver touche à sa fin, la rivière monte. Trop de neiges qui fondent là-bas, dans les montagnes lointaines. Quand on se penche par-dessus les garde-fous, l'eau clapote le long des pierres de soutènement : elle lèche le tuffeau et murmure, murmure jour et nuit, sans fin. Sous la pellicule un peu trouble, elle emporte à toute allure les feuilles, les brindilles, les branches mortes des arbres poussés sur les îles en amont, avec des tourbillons de terre et de gravier. Sa rumeur ne cesse jamais. C'est parce que la route longe la rivière, sur des quais qu'il faut suivre jusqu'au dernier pour trouver la maison des Dewasne, à la sortie de la ville. Par une douce nuit d'avril, l'eau déborde, progresse patiemment, se jouant de tous les obstacles : réveillés par un silence qui vient d'un autre monde, les garçons découvrent que les terres en contrebas, le talus herbeux qui prolonge les parapets, la route elle-même ont disparu. La maison flotte, immobile, retenue par le poids de ses hauts murs autour desquels rampe l'odeur douce-amère de cette eau froide et limoneuse. Les jours suivants, aussitôt que l'aîné des deux frères ouvre à l'aube la fenêtre de leur chambre, ses reflets bondissent au plafond, miroitent sur les murs, palpitent sur eux. Biographie de l'auteur Pierre Guyard enseigne le Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Leur silence
Editeur
Format
Grand Format
Publication
08 janvier 2008
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
235
Taille
21 x 14 x 1.8 cm
Poids
295
ISBN-13
9782841149209
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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