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La Nuit Blanche

4.2

(38)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
" Gwen, pilleuse d'épaves, allait à la marée glaner sur le sable jaune des vieux morceaux de bois blanchis et rongés par le sel, mille fois poncés par le ressac, en ramassait un, examinait sa forme à la lumière hivernale. On se foutait d'elle, qui vidait ses poches pleines de cailloux bizarres et de débris de verre tintinnabulant dans ses mains. Elle encombrait la table de la cuisine de pieuvres de bois mort alors qu'on prenait l'apéro au retour de la plage. Imaginez le tableau, des os de goélands, c'était cradingue, elle nous les mettait sous le nez, et les plumes avec, ça schlinguait la marée et c'était Byzance. Oh, petite fille de la mer, ma sirène aux cheveux d'or, aux yeux trempés dans le ciel défiant le Grand Astre, obstinée, espiègle, ma sœur des après-midi d'été, quand je te vois arpenter la grève blanche à marée basse, penchée sur le sable, ma complice des tapages nocturnes et des danses barbares, je viens te dire adieu. " Paroles de grande tendresse, coups de gueule et d'amour, émotion brute... Hervé Bellec, avec une poésie rare, fait le récit d'un deuil qui touche le lecteur au cœur, comme si son amie disparue, Gwen, avait été aussi la nôtre.Un mot de l'éditeurBien au-delà d'un témoignage intime, un récit littéraire à la hauteur de nos émotions sur la disparition d'un être aimé.Quatrième de couvertureLe narrateur, qui fut l'un de ses meilleurs amis, nous relate l'agonie de Gwen, la veillée du lendemain avec la famille et tous les amis, puis l'enterrement. Avec sensibilité, sans être jamais sinistre ni obscène, il raconte ces trois journées dans un texte plein d'émotion brute, d'apostrophes, de coups de gueule et d'humour, de paroles de grande tendresse et de déclarations d'amour. Il parle, avec une poésie qu'il est rare de retrouver sous la plume d'un homme, des liens d'amitié et d'amour filial, et sous le signe d'une forte culture, celte, fait le lien entre le particulier et l'universel. "J'avais peur de la briser, de réveiller le monstre. Pour l'instant, elle paraissait sereine. J'ai posé ma main sur son front, j'ai remis à sa place une mèche de cheveux épars et ruisselants de sueur. C'est pas vrai, il n'y avait ici rien de serein, il n'y avait que du malheur et de l'injustice, une injustice énorme et profonde. Gwen était une belle femme aux yeux couleur de mer, une fille de chez nous, impertinente et audacieuse, vous avez entendu, Gwen était une belle femme de trente-huit ans avec un caractère à couper au couteau. Je me suis baissé, j'ai embrassé son front et ses yeux, extrême-onction. J'ai posé une main sur sa joue, des torrents de sueur dévalaient de mes aisselles, c'est par là que je chialais et ma main était glacée. Et bien sûr qu'à ce moment-là, bien sûr que j'aurais voulu l'étrangler, l'étouffer sous un oreiller, arrêter définitivement cette obsédante soufflerie morbide, arracher les tuyaux, briser les flacons, la fracasser méchamment contre les murs et jeter son corps en pâture aux hordes de hyènes qui hurlaient à la mort sous les fenêtres de l'hôpital." Afficher moinsAfficher plus

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Le Pitch

" Gwen, pilleuse d'épaves, allait à la marée glaner sur le sable jaune des vieux morceaux de bois blanchis et rongés par le sel, mille fois poncés par le ressac, en ramassait un, examinait sa forme à la lumière hivernale. On se foutait d'elle, qui vidait ses poches pleines de cailloux bizarres et de débris de verre tintinnabulant dans ses mains. Elle encombrait la table de la cuisine de pieuvres de bois mort alors qu'on prenait l'apéro au retour de la plage. Imaginez le tableau, des os de goélands, c'était cradingue, elle nous les mettait sous le nez, et les plumes avec, ça schlinguait la marée et c'était Byzance. Oh, petite fille de la mer, ma sirène aux cheveux d'or, aux yeux trempés dans le ciel défiant le Grand Astre, obstinée, espiègle, ma sœur des après-midi d'été, quand je te vois arpenter la grève blanche à marée basse, penchée sur le sable, ma complice des tapages nocturnes et des danses barbares, je viens te dire adieu. " Paroles de grande tendresse, coups de gueule et d'amour, émotion brute... Hervé Bellec, avec une poésie rare, fait le récit d'un deuil qui touche le lecteur au cœur, comme si son amie disparue, Gwen, avait été aussi la nôtre.Un mot de l'éditeurBien au-delà d'un témoignage intime, un récit littéraire à la hauteur de nos émotions sur la disparition d'un être aimé.Quatrième de couvertureLe narrateur, qui fut l'un de ses meilleurs amis, nous relate l'agonie de Gwen, la veillée du lendemain avec la famille et tous les amis, puis l'enterrement. Avec sensibilité, sans être jamais sinistre ni obscène, il raconte ces trois journées dans un texte plein d'émotion brute, d'apostrophes, de coups de gueule et d'humour, de paroles de grande tendresse et de déclarations d'amour. Il parle, avec une poésie qu'il est rare de retrouver sous la plume d'un homme, des liens d'amitié et d'amour filial, et sous le signe d'une forte culture, celte, fait le lien entre le particulier et l'universel. "J'avais peur de la briser, de réveiller le monstre. Pour l'instant, elle paraissait sereine. J'ai posé ma main sur son front, j'ai remis à sa place une mèche de cheveux épars et ruisselants de sueur. C'est pas vrai, il n'y avait ici rien de serein, il n'y avait que du malheur et de l'injustice, une injustice énorme et profonde. Gwen était une belle femme aux yeux couleur de mer, une fille de chez nous, impertinente et audacieuse, vous avez entendu, Gwen était une belle femme de trente-huit ans avec un caractère à couper au couteau. Je me suis baissé, j'ai embrassé son front et ses yeux, extrême-onction. J'ai posé une main sur sa joue, des torrents de sueur dévalaient de mes aisselles, c'est par là que je chialais et ma main était glacée. Et bien sûr qu'à ce moment-là, bien sûr que j'aurais voulu l'étrangler, l'étouffer sous un oreiller, arrêter définitivement cette obsédante soufflerie morbide, arracher les tuyaux, briser les flacons, la fracasser méchamment contre les murs et jeter son corps en pâture aux hordes de hyènes qui hurlaient à la mort sous les fenêtres de l'hôpital." Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
La Nuit Blanche
Editeur
Format
Grand Format
Publication
23 mars 2000
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
235
Taille
22.5 x 14 x 1.8 cm
Poids
325
ISBN-13
9782841111923

Contenu

4ème de couverture

Le narrateur, qui fut l'un de ses meilleurs amis, nous relate l'agonie de Gwen, la veillée du lendemain avec la famille et tous les amis, puis l'enterrement. Avec sensibilité, sans être jamais sinistre ni obscène, il raconte ces trois journées dans un texte plein d'émotion brute, d'apostrophes, de coups de gueule et d'humour, de paroles de grande tendresse et de déclarations d'amour. Il parle, avec une poésie qu'il est rare de retrouver sous la plume d'un homme, des liens d'amitié et d'amour filial, et sous le signe d'une forte culture, celte, fait le lien entre le particulier et l'universel. "J'avais peur de la briser, de réveiller le monstre. Pour l'instant, elle paraissait sereine. J'ai posé ma main sur son front, j'ai remis à sa place une mèche de cheveux épars et ruisselants de sueur. C'est pas vrai, il n'y avait ici rien de serein, il n'y avait que du malheur et de l'injustice, une injustice énorme et profonde. Gwen était une belle femme aux yeux couleur de mer, une fille de chez nous, impertinente et audacieuse, vous avez entendu, Gwen était une belle femme de trente-huit ans avec un caractère à couper au couteau. Je me suis baissé, j'ai embrassé son front et ses yeux, extrême-onction. J'ai posé une main sur sa joue, des torrents de sueur dévalaient de mes aisselles, c'est par là que je chialais et ma main était glacée. Et bien sûr qu'à ce moment-là, bien sûr que j'aurais voulu l'étrangler, l'étouffer sous un oreiller, arrêter définitivement cette obsédante soufflerie morbide, arracher les tuyaux, briser les flacons, la fracasser méchamment contre les murs et jeter son corps en pâture aux hordes de hyènes qui hurlaient à la mort sous les fenêtres de l'hôpital."Biographie de l'auteurHervé Bellec est né en 1955. Après avoir été musicien, patron de bar..., il est aujourd'hui professeur d'histoire géographie à Brest. Il a publié, aux éditions Bretagnes, Garce d'étoile.
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