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Guy Môquet, Chateaubriant, le 22 octobre 1941

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Lors la rentrée 2007/2008 doit être lue dans les écoles la dernière lettre du jeune Guy Môquet à ses parents, avant son exécution par les nazis à Chateaubriant, le 22 octobre 1941. Cette docu-fiction entend présenter l'histoire et la personnalité de ce résistant communiste de 17 ans. Le récit raconte cette journée, heure par heure, depuis le réveil jusqu'à la fusillade, à travers le regard des principaux protagonistes : Guy Môquet, bien sûr, ses jeunes compagnons, Odette, sa petite amie, les autorités, les gendarmes qui gardent le camp... Par le biais de retours en arrière, il évoque aussi la biographie du jeune homme, la résistance communiste, la France de 1941. L'ouvrage s'adresse prioritairement (mais non exclusivement) à un public d'adolescents. En annexes sont reproduits quelques documents et un cahier-photo avec notamment le témoignage d'Odette Nilès. Gérard Streiff, journaliste, docteur en Histoire, est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, essais, biographies, fictions et romans pour la jeunesse. Extrait 8h00 On dirait qu'il neige. D'un geste vif, Guy efface la légère buée sur la vitre. De la neige, déjà ? En octobre ? Le garçon, étonné, écarquille les yeux, colle son visage à la fenêtre. Il est prêt à réveiller la chambrée pour annoncer la nouvelle. En fait, ce n'est que du givre. Le spectacle l'intrigue. C'est comme si on avait posé pendant la nuit une immense moquette blanche sur le pré qui s'étend devant les baraquements. Il fait drôlement frisquet ce matin. Le froid s'engouffre par les ouvertures du baraquement. Heureusement qu'il a pu se procurer plusieurs couvertures pour la nuit sinon il serait frigorifié. Il s'amuse à écrire sur l'éphémère tableau embué des lettres. O.D.E.T.T... mais il entend du bruit derrière lui et essuie aussitôt le message. Guy est un garçon élancé, aux traits fins, la chevelure abondante et légèrement ondulée, le front large, les yeux plissés et vifs, un regard clair, comme son père, le nez menu comme les oreilles, la bouche moqueuse mais deux plis aux coins des lèvres donnent un brin de gravité - ou d'amertume - à ce visage d'enfant, un air décidé aussi. Un long cou prolonge son corps sportif. Il porte un pull-over gris à longues manches que lui a tricoté Juliette, sa mère, à large encolure avec des motifs carrés en surimpression et un pantalon à pinces un peu fripé mais il a fière allure. Sur des châlits étroits, ses compagnons, une quarantaine de détenus, dorment encore pour la plupart, certains gesticulent, d'autres toussent ou grognent dans leur sommeil. Il y a belle lurette que Guy n'a plus connu de lit, de vrai lit. Le jeune homme a passé une mauvaise nuit. Sans doute à cause de ces élancements violents que provoque une mauvaise dent depuis quelques temps. Les rares moments où il s'est assoupi, il a été poursuivi par des rêves étranges, heureux et inquiétants à la fois. Il n'en a pas gardé un souvenir très précis, il lui semble simplement qu'il jouait avec ses amis Henri et Lucien sur les «fortifs», porte de Clichy, alors que tout près d'eux para­daient des hommes en noir, casqués, harnachés, bottés, armés, sorte de gros insectes, des scarabées géants qui ne lui disaient rien de bon. Porte de Clichy, Paris, la vie d'avant la guerre : comme cela semble loin tout ça. Guy contemple le camp. Il lui trouve ce matin quelque chose de changé mais il n'arrive pas à dire de quoi il s'agit au juste. Sa baraque, la numéro 10, est à une extrémité du site, à l'exact opposé de l'entrée avec son corps de garde et les installations où se tiennent les gendarmes. Les maisonnettes de bois, une trentaine, posées sur pilotis, sont à leur place, bien sûr, encadrant une vaste esplanade, un pré en fait ; c'est comme si elles formaient une sorte de U majuscule, avec une dizaine de bâtisses de chaque côté de la lettre. La petite palissade qui sépare les baraques des hommes de celle des femmes, et plus loin la double rangée de barbelés qui clôture le cam Afficher moinsAfficher plus

Guy Môquet, Chateaubriant, le 22 octobre 1941

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Présentation de l'éditeur Lors la rentrée 2007/2008 doit être lue dans les écoles la dernière lettre du jeune Guy Môquet à ses parents, avant son exécution par les nazis à Chateaubriant, le 22 octobre 1941. Cette docu-fiction entend présenter l'histoire et la personnalité de ce résistant communiste de 17 ans. Le récit raconte cette journée, heure par heure, depuis le réveil jusqu'à la fusillade, à travers le regard des principaux protagonistes : Guy Môquet, bien sûr, ses jeunes compagnons, Odette, sa petite amie, les autorités, les gendarmes qui gardent le camp... Par le biais de retours en arrière, il évoque aussi la biographie du jeune homme, la résistance communiste, la France de 1941. L'ouvrage s'adresse prioritairement (mais non exclusivement) à un public d'adolescents. En annexes sont reproduits quelques documents et un cahier-photo avec notamment le témoignage d'Odette Nilès. Gérard Streiff, journaliste, docteur en Histoire, est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, essais, biographies, fictions et romans pour la jeunesse. Extrait 8h00 On dirait qu'il neige. D'un geste vif, Guy efface la légère buée sur la vitre. De la neige, déjà ? En octobre ? Le garçon, étonné, écarquille les yeux, colle son visage à la fenêtre. Il est prêt à réveiller la chambrée pour annoncer la nouvelle. En fait, ce n'est que du givre. Le spectacle l'intrigue. C'est comme si on avait posé pendant la nuit une immense moquette blanche sur le pré qui s'étend devant les baraquements. Il fait drôlement frisquet ce matin. Le froid s'engouffre par les ouvertures du baraquement. Heureusement qu'il a pu se procurer plusieurs couvertures pour la nuit sinon il serait frigorifié. Il s'amuse à écrire sur l'éphémère tableau embué des lettres. O.D.E.T.T... mais il entend du bruit derrière lui et essuie aussitôt le message. Guy est un garçon élancé, aux traits fins, la chevelure abondante et légèrement ondulée, le front large, les yeux plissés et vifs, un regard clair, comme son père, le nez menu comme les oreilles, la bouche moqueuse mais deux plis aux coins des lèvres donnent un brin de gravité - ou d'amertume - à ce visage d'enfant, un air décidé aussi. Un long cou prolonge son corps sportif. Il porte un pull-over gris à longues manches que lui a tricoté Juliette, sa mère, à large encolure avec des motifs carrés en surimpression et un pantalon à pinces un peu fripé mais il a fière allure. Sur des châlits étroits, ses compagnons, une quarantaine de détenus, dorment encore pour la plupart, certains gesticulent, d'autres toussent ou grognent dans leur sommeil. Il y a belle lurette que Guy n'a plus connu de lit, de vrai lit. Le jeune homme a passé une mauvaise nuit. Sans doute à cause de ces élancements violents que provoque une mauvaise dent depuis quelques temps. Les rares moments où il s'est assoupi, il a été poursuivi par des rêves étranges, heureux et inquiétants à la fois. Il n'en a pas gardé un souvenir très précis, il lui semble simplement qu'il jouait avec ses amis Henri et Lucien sur les «fortifs», porte de Clichy, alors que tout près d'eux para­daient des hommes en noir, casqués, harnachés, bottés, armés, sorte de gros insectes, des scarabées géants qui ne lui disaient rien de bon. Porte de Clichy, Paris, la vie d'avant la guerre : comme cela semble loin tout ça. Guy contemple le camp. Il lui trouve ce matin quelque chose de changé mais il n'arrive pas à dire de quoi il s'agit au juste. Sa baraque, la numéro 10, est à une extrémité du site, à l'exact opposé de l'entrée avec son corps de garde et les installations où se tiennent les gendarmes. Les maisonnettes de bois, une trentaine, posées sur pilotis, sont à leur place, bien sûr, encadrant une vaste esplanade, un pré en fait ; c'est comme si elles formaient une sorte de U majuscule, avec une dizaine de bâtisses de chaque côté de la lettre. La petite palissade qui sépare les baraques des hommes de celle des femmes, et plus loin la double rangée de barbelés qui clôture le cam Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Guy Môquet, Chateaubriant, le 22 octobre 1941
Editeur
Format
Grand Format
Publication
01 septembre 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
140
Taille
20 x 11.5 x 0.9 cm
Poids
114
ISBN-13
9782841096954

Auteur

Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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