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Bleu Eldorado

3.8

(17)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Bleu Eldorado Extrait Bob : L'été, à New-York, c'est un vrai cauchemar. Pas d'air, pas de lumière. Une marmite de béton. Les bouches d'incendie explosent en gerbes d'eau et les buildings eux-mêmes transpirent. Chaque été, sous cette chaleur écrasante, je travaille dans un garage de Brooklyn. Exit les vacances. Pourtant, des fois, quand je répare toutes ces voitures qui ressemblent à des morceaux de paradis, il me prend l'envie de tourner la clé de contact et de filer droit vers une destination inconnue. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai jamais fait. Peut-être que je suis trop fainéant comme dit mon père. En fait de voir le monde, je n'ai quasiment pas quitté les faubourgs de Brooklyn, et je connais peu Manhattan. Quant à ce qui se trouve au-delà, paraît que ça existe, vu qu'on en parle à la télé. - Eh, Geronimo, au lieu de rêvasser, tu me la passes, la clé de douze ? Celui qui me rappelle à l'ordre, c'est Charlie, mon boss. Trente ans d'abrutissement dans l'huile de vidange et les plaisanteries aussi grasses que la couche de brillantine sur ses cheveux. Il m'appelle Geronimo depuis que j'ai eu le malheur d'avouer une lointaine parenté indienne - Cherokee pour être exact - du côté de ma mère. Depuis, Charlie se moque de moi. Il faudra quand même que je lui signale un jour que Geronimo était un Apache, pas un Cherokee. Mais ramener sa science devant Charlie c'est comme foncer pied au plancher sur un mur de béton. Donc, je m'écrase. J'ai l'habitude. À la maison, c'est un peu le même topo avec mon père : Jim O'Sullivan, Irlandais pure souche. Quand il a épousé ma mère, moitié Cherokee, moitié Allemande, toute sa famille lui a tourné le dos. C'est dire l'ouverture d'esprit. Ensuite, ça ne s'est pas arrangé. De chômage en petits boulots, il a bien galéré. Chauffeur, soudeur, livreur, homme à tout faire là où on voulait bien de lui. Ça l'a rendu bourru. Allergique à tout. Allergique à la vie en général et au passé en particulier. Son passé, c'est moi, et ma mère, justement. Ma mère, je ne l'ai pas bien connue. Elle est morte quand j'avais cinq ans. Je me souviens juste un peu d'elle. J'ai une photo. Une seule. Celle d'une jeune femme très belle, aux cheveux noirs et à la peau cuivrée. Douce, souriante, je ne saurai jamais comment elle a pu épouser un Jim O'Sullivan, brutal et lourdaud... Mon père s'est remarié avec une fille de Brooklyn, la voisine de ses parents en fait, rousse et d'origine irlandaise, comme lui. C'est comme cela que Linda est devenue ma belle-mère et c'est comme cela qu'ils ont eu trois filles, Tina, treize ans et les jumelles, Mary et Sandy, huit ans. Autant l'avouer : je ne me sens pas à l'aise dans ma famille. L'appartement est petit, ma belle-mère est petite, ses filles aussi et surtout, le salaire de mon père est tout petit. C'est comme une vie en minuscule et ça tombe mal parce que j'ai toujours rêvé de majuscules et de grands espaces. Rêvé seulement. Même ma chambre n'est pas à moi. Je dois partager cette pièce avec mes trois soeurs. L'aînée est impossible. Jalouse et stupide. Les deux petites seraient plus attachantes si leur mère ne passait pas ses journées à leur dire du mal de moi. Résultat : mes journées, et surtout mes nuits, je les passe le plus souvent dehors. Au début, le vieux ronchonnait quand il me découvrait le matin recroquevillé dans un fauteuil, puis il s'est fait une raison. Une de plus. Parce qu'aussi loin que je me souvienne, il n'a jamais essayé de me comprendre ; quand j'étais môme, il frappait d'abord et comme ça ne marchait pas plus pour autant, il a abandonné. D'autant que j'étais devenu plus costaud que lui. Un mot de l'auteur Qui n'a pas rêvé un jour de partir vers un ailleurs ? Tout laisser derrière soi pour rejoindre son rêve, au risque de s'y perdre ? Mais quand on est très jeune...on n'a pas encore assez vécu pour laisser quelque chose derrière soi, c'est alors plus facile de céder à cette seule pulsion, élémentaire, p Afficher moinsAfficher plus

Bleu Eldorado

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Présentation de l'éditeur Bleu Eldorado Extrait Bob : L'été, à New-York, c'est un vrai cauchemar. Pas d'air, pas de lumière. Une marmite de béton. Les bouches d'incendie explosent en gerbes d'eau et les buildings eux-mêmes transpirent. Chaque été, sous cette chaleur écrasante, je travaille dans un garage de Brooklyn. Exit les vacances. Pourtant, des fois, quand je répare toutes ces voitures qui ressemblent à des morceaux de paradis, il me prend l'envie de tourner la clé de contact et de filer droit vers une destination inconnue. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai jamais fait. Peut-être que je suis trop fainéant comme dit mon père. En fait de voir le monde, je n'ai quasiment pas quitté les faubourgs de Brooklyn, et je connais peu Manhattan. Quant à ce qui se trouve au-delà, paraît que ça existe, vu qu'on en parle à la télé. - Eh, Geronimo, au lieu de rêvasser, tu me la passes, la clé de douze ? Celui qui me rappelle à l'ordre, c'est Charlie, mon boss. Trente ans d'abrutissement dans l'huile de vidange et les plaisanteries aussi grasses que la couche de brillantine sur ses cheveux. Il m'appelle Geronimo depuis que j'ai eu le malheur d'avouer une lointaine parenté indienne - Cherokee pour être exact - du côté de ma mère. Depuis, Charlie se moque de moi. Il faudra quand même que je lui signale un jour que Geronimo était un Apache, pas un Cherokee. Mais ramener sa science devant Charlie c'est comme foncer pied au plancher sur un mur de béton. Donc, je m'écrase. J'ai l'habitude. À la maison, c'est un peu le même topo avec mon père : Jim O'Sullivan, Irlandais pure souche. Quand il a épousé ma mère, moitié Cherokee, moitié Allemande, toute sa famille lui a tourné le dos. C'est dire l'ouverture d'esprit. Ensuite, ça ne s'est pas arrangé. De chômage en petits boulots, il a bien galéré. Chauffeur, soudeur, livreur, homme à tout faire là où on voulait bien de lui. Ça l'a rendu bourru. Allergique à tout. Allergique à la vie en général et au passé en particulier. Son passé, c'est moi, et ma mère, justement. Ma mère, je ne l'ai pas bien connue. Elle est morte quand j'avais cinq ans. Je me souviens juste un peu d'elle. J'ai une photo. Une seule. Celle d'une jeune femme très belle, aux cheveux noirs et à la peau cuivrée. Douce, souriante, je ne saurai jamais comment elle a pu épouser un Jim O'Sullivan, brutal et lourdaud... Mon père s'est remarié avec une fille de Brooklyn, la voisine de ses parents en fait, rousse et d'origine irlandaise, comme lui. C'est comme cela que Linda est devenue ma belle-mère et c'est comme cela qu'ils ont eu trois filles, Tina, treize ans et les jumelles, Mary et Sandy, huit ans. Autant l'avouer : je ne me sens pas à l'aise dans ma famille. L'appartement est petit, ma belle-mère est petite, ses filles aussi et surtout, le salaire de mon père est tout petit. C'est comme une vie en minuscule et ça tombe mal parce que j'ai toujours rêvé de majuscules et de grands espaces. Rêvé seulement. Même ma chambre n'est pas à moi. Je dois partager cette pièce avec mes trois soeurs. L'aînée est impossible. Jalouse et stupide. Les deux petites seraient plus attachantes si leur mère ne passait pas ses journées à leur dire du mal de moi. Résultat : mes journées, et surtout mes nuits, je les passe le plus souvent dehors. Au début, le vieux ronchonnait quand il me découvrait le matin recroquevillé dans un fauteuil, puis il s'est fait une raison. Une de plus. Parce qu'aussi loin que je me souvienne, il n'a jamais essayé de me comprendre ; quand j'étais môme, il frappait d'abord et comme ça ne marchait pas plus pour autant, il a abandonné. D'autant que j'étais devenu plus costaud que lui. Un mot de l'auteur Qui n'a pas rêvé un jour de partir vers un ailleurs ? Tout laisser derrière soi pour rejoindre son rêve, au risque de s'y perdre ? Mais quand on est très jeune...on n'a pas encore assez vécu pour laisser quelque chose derrière soi, c'est alors plus facile de céder à cette seule pulsion, élémentaire, p Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Bleu Eldorado
Format
Grand Format
Publication
03 janvier 2013
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
238
Taille
21 x 13.5 x 1.8 cm
Poids
300
ISBN-13
9782819502685

Auteur

Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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