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Monet, peintre de l'eau

1.0

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Pendant plus de soixante ans, Monet a peint un même « motif », l’eau. C’est celle du port du Havre, celle d’Impression, soleil levant, toile qui a poussé le critique Louis Leroy à inventer le mot « impressionnisme » en 1874, celle de la Seine peinte à Argenteuil, celle de la Manche peinte à Pourville, à Dieppe, au Havre, celle de la Méditerranée à Bordighera comme à Antibes, celle de l’Atlantique peint à Belle-Île, celle de l’Epte, celle des fjords norvégiens, celle du Grand Canal à Venise… C’est enfin celle de son bassin de Giverny qu’il peint exclusivement dans les dernières années de sa vie jusqu’en 1926. Si on sait depuis toujours que Monet est le peintre de l’eau, jamais encore aucun livre n’avait mis en évidence l’enjeu essentiel de cette permanence. De page en page, les confrontations de toiles peintes à plusieurs années d’écart, montrent, au-delà des différentes manières dont il a abordé ce thème, comment Monet a abandonné une eau qui reflète pour en inventer une autre où reflets et transparences convoquent des apparitions, comment il a conduit la peinture de la représentation à la lisière de l’abstraction. Extrait «L'eau attirait la brosse de Monet.» Georges Clemenceau On le sait depuis toujours. Monet est le peintre de l'eau. Il n'a pas cessé de l'être. Il a commencé à la scruter sur les plages de la Manche, sur les rives de l'estuaire de la Seine. Il n'a pas vingt ans alors. Il s'obstine à en traquer les nuances au bord de son bassin à Giverny. Il en a plus de quatre-vingts... Monet est le peintre de l'eau. On l'a reconnu des années avant que «M. Joseph Vincent, paysagiste, élève de Bertin, médaillé et décoré sous plusieurs gouvernements», dans les salons qui furent quelques mois plus tôt ceux de Nadar sur le boulevard des Capucines, ne s'arrête tout à coup devant le n" 98 d'une exposition présentée par une Société anonyme coopérative à capital variable des artistes peintres, sculpteurs, graveurs - c'est une toile de Monet - pour demander à Louis Leroy qu'il accompagne : «Que représente cette toile ? Voyez au livret. Impression, soleil levant. Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là !» Et Louis Leroy de donner à son article publié le 25 avril 1874 par Le Charivari ce titre : «L'exposition des impressionnistes.» Les lecteurs qui ne comprendraient pas ce que ce mot qu'ils n'ont jamais lu peut bien vouloir désigner sauront, une fois la lecture de l'article terminée, à quoi s'en tenir. «Impressionniste» est une injure comme une autre. Cette insulte nouvelle a au moins la vertu de s'accorder à ces «Pif ! Paf ! Vli ! Vlan ! Va comme je te pousse !», à «cette facture lâchée, ces frottis, ces éclaboussures» que l'on découvre. Quatre jours plus tard, le 29 avril 1874, Jules-Antoine Castagnary s'est empressé, dans son article publié par Le Siècle, de reprendre le mot. Mais pour lui donner un sens : «Ce sont là les notes personnelles à chacun. Les vues communes qui les réunissent en groupe et en font une force collective au sein de notre époque désagrégée, c'est le parti pris de ne pas chercher le rendu, de s'arrêter à un certain aspect général. L'impression une fois saisie et fixée, ils déclarent leur rôle terminé. La qualification de Japonais, qu'on leur a donnée d'abord, n'avait aucun sens. Si l'on tient à les caractériser d'un mot qui les explique, il faudra forger le terme nouveau d'impressionnistes. Ils sont impressionnistes en ce sens qu'ils rendent non le paysage, mais la sensation produite par le paysage. Le mot même est passé dans leur langue : ce n'est pas paysage, c'est impression que s'appelle au catalogue le soleil levant de M. Monet. Par ce côté, ils sortent de la réalité et entrent en plein idéalisme.» Et de conclure, pour conjurer ce qu'ont été la rail Afficher moinsAfficher plus

Monet, peintre de l'eau

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Présentation de l'éditeur Pendant plus de soixante ans, Monet a peint un même « motif », l’eau. C’est celle du port du Havre, celle d’Impression, soleil levant, toile qui a poussé le critique Louis Leroy à inventer le mot « impressionnisme » en 1874, celle de la Seine peinte à Argenteuil, celle de la Manche peinte à Pourville, à Dieppe, au Havre, celle de la Méditerranée à Bordighera comme à Antibes, celle de l’Atlantique peint à Belle-Île, celle de l’Epte, celle des fjords norvégiens, celle du Grand Canal à Venise… C’est enfin celle de son bassin de Giverny qu’il peint exclusivement dans les dernières années de sa vie jusqu’en 1926. Si on sait depuis toujours que Monet est le peintre de l’eau, jamais encore aucun livre n’avait mis en évidence l’enjeu essentiel de cette permanence. De page en page, les confrontations de toiles peintes à plusieurs années d’écart, montrent, au-delà des différentes manières dont il a abordé ce thème, comment Monet a abandonné une eau qui reflète pour en inventer une autre où reflets et transparences convoquent des apparitions, comment il a conduit la peinture de la représentation à la lisière de l’abstraction. Extrait «L'eau attirait la brosse de Monet.» Georges Clemenceau On le sait depuis toujours. Monet est le peintre de l'eau. Il n'a pas cessé de l'être. Il a commencé à la scruter sur les plages de la Manche, sur les rives de l'estuaire de la Seine. Il n'a pas vingt ans alors. Il s'obstine à en traquer les nuances au bord de son bassin à Giverny. Il en a plus de quatre-vingts... Monet est le peintre de l'eau. On l'a reconnu des années avant que «M. Joseph Vincent, paysagiste, élève de Bertin, médaillé et décoré sous plusieurs gouvernements», dans les salons qui furent quelques mois plus tôt ceux de Nadar sur le boulevard des Capucines, ne s'arrête tout à coup devant le n" 98 d'une exposition présentée par une Société anonyme coopérative à capital variable des artistes peintres, sculpteurs, graveurs - c'est une toile de Monet - pour demander à Louis Leroy qu'il accompagne : «Que représente cette toile ? Voyez au livret. Impression, soleil levant. Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là !» Et Louis Leroy de donner à son article publié le 25 avril 1874 par Le Charivari ce titre : «L'exposition des impressionnistes.» Les lecteurs qui ne comprendraient pas ce que ce mot qu'ils n'ont jamais lu peut bien vouloir désigner sauront, une fois la lecture de l'article terminée, à quoi s'en tenir. «Impressionniste» est une injure comme une autre. Cette insulte nouvelle a au moins la vertu de s'accorder à ces «Pif ! Paf ! Vli ! Vlan ! Va comme je te pousse !», à «cette facture lâchée, ces frottis, ces éclaboussures» que l'on découvre. Quatre jours plus tard, le 29 avril 1874, Jules-Antoine Castagnary s'est empressé, dans son article publié par Le Siècle, de reprendre le mot. Mais pour lui donner un sens : «Ce sont là les notes personnelles à chacun. Les vues communes qui les réunissent en groupe et en font une force collective au sein de notre époque désagrégée, c'est le parti pris de ne pas chercher le rendu, de s'arrêter à un certain aspect général. L'impression une fois saisie et fixée, ils déclarent leur rôle terminé. La qualification de Japonais, qu'on leur a donnée d'abord, n'avait aucun sens. Si l'on tient à les caractériser d'un mot qui les explique, il faudra forger le terme nouveau d'impressionnistes. Ils sont impressionnistes en ce sens qu'ils rendent non le paysage, mais la sensation produite par le paysage. Le mot même est passé dans leur langue : ce n'est pas paysage, c'est impression que s'appelle au catalogue le soleil levant de M. Monet. Par ce côté, ils sortent de la réalité et entrent en plein idéalisme.» Et de conclure, pour conjurer ce qu'ont été la rail Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Monet, peintre de l'eau
Format
Relié
Publication
22 septembre 2010
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
176
Taille
19.8 x 25.4 x 2.2 cm
Poids
980
ISBN-13
9782812303128
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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