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La maison des temps rompus

4.1

(11)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
«Il convient de commencer par la fin : je voulais une maison. Je voulais une maison pour qu'elle m'avale, je me souviens avoir pensé : j'aimerais tant être nulle part. Être nulle, annulée. Une maison, si possible au bord de la mer, comme antidote à l'étroitesse d'horizon. Je n'eus pas à chercher. Je marchais sur un sentier de la côte, le 15 avril dernier, quand je lus "En vente" sur une pancarte rouillée. Je me sentis soudain fatiguée et je rebroussai chemin. Ma fatigue, je le sais maintenant, était de celles ressenties parfois lorsqu'un appel tant attendu nous est finalement adressé.» La maison des temps rompus est le lieu concocté par ce qui, chez l'héroïne de ce roman, demeure capable de vision, de guérison et d'espoir. Au fil des pages, elle se peuplera de souvenirs et s'effacera au profit d'autres histoires, réelles ou fantasmées, prêtant voix à des femmes qui, chacune à sa façon, rêvent et s'entraident, désespèrent et persévèrent, aiment et attendent... Pascale Quiviger est née en 1969 à Montréal. Son premier roman, Le Cercle parfait, a reçu le Prix du Gouverneur général au Canada en 2004. Elle vit aujourd'hui au Royaume-Uni.ExtraitLE DEDANS DU DEHORS Ma maison est aussi proche de la mer qu'une maison peut l'être avant de devenir un bateau. Aussi proche de la mer que l'est un bateau lorsqu'il échoue à être un bateau, et je veux dire par là : lorsqu'il échoue tout court. D'ici, je domine parfois le paysage, parfois je ne vois rien. Dans ma vie intérieure, ce dedans du dehors, je n'existe qu'impalpable. Je vais écrire. Quand on se retrouve prisonnière d'un aussi vaste horizon, quand la berge se défile et que la plage parcourue de long en large n'aboutit plus qu'à une seule maison, toujours la même, avec sa fenêtre unique, immense, son oeil de naufragée, il ne reste plus qu'à déposer devant soi, d'une manière ou d'une autre, le noeud qui nous étrangle. On ne peut plus faire semblant. Pendant longtemps, je ne fus jamais seule ou, du moins, je ne croyais pas l'être. Nous étions deux. Nous étions deux depuis la naissance et pour l'éternité. Deux à la manière des enfants, faite d'une sorte de croyance en des choses qui ne meurent pas. Prenons deux cordes, de celles qui tiennent les navires amarrés, deux fortes tresses de lin, mouillées, serrées, et faisons un noeud entre elles, de ceux que seuls les marins peuvent défaire : à l'endroit du noeud, les cordes se confondent - c'est là que nous vivions. Afficher moinsAfficher plus

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Le Pitch

«Il convient de commencer par la fin : je voulais une maison. Je voulais une maison pour qu'elle m'avale, je me souviens avoir pensé : j'aimerais tant être nulle part. Être nulle, annulée. Une maison, si possible au bord de la mer, comme antidote à l'étroitesse d'horizon. Je n'eus pas à chercher. Je marchais sur un sentier de la côte, le 15 avril dernier, quand je lus "En vente" sur une pancarte rouillée. Je me sentis soudain fatiguée et je rebroussai chemin. Ma fatigue, je le sais maintenant, était de celles ressenties parfois lorsqu'un appel tant attendu nous est finalement adressé.» La maison des temps rompus est le lieu concocté par ce qui, chez l'héroïne de ce roman, demeure capable de vision, de guérison et d'espoir. Au fil des pages, elle se peuplera de souvenirs et s'effacera au profit d'autres histoires, réelles ou fantasmées, prêtant voix à des femmes qui, chacune à sa façon, rêvent et s'entraident, désespèrent et persévèrent, aiment et attendent... Pascale Quiviger est née en 1969 à Montréal. Son premier roman, Le Cercle parfait, a reçu le Prix du Gouverneur général au Canada en 2004. Elle vit aujourd'hui au Royaume-Uni.ExtraitLE DEDANS DU DEHORS Ma maison est aussi proche de la mer qu'une maison peut l'être avant de devenir un bateau. Aussi proche de la mer que l'est un bateau lorsqu'il échoue à être un bateau, et je veux dire par là : lorsqu'il échoue tout court. D'ici, je domine parfois le paysage, parfois je ne vois rien. Dans ma vie intérieure, ce dedans du dehors, je n'existe qu'impalpable. Je vais écrire. Quand on se retrouve prisonnière d'un aussi vaste horizon, quand la berge se défile et que la plage parcourue de long en large n'aboutit plus qu'à une seule maison, toujours la même, avec sa fenêtre unique, immense, son oeil de naufragée, il ne reste plus qu'à déposer devant soi, d'une manière ou d'une autre, le noeud qui nous étrangle. On ne peut plus faire semblant. Pendant longtemps, je ne fus jamais seule ou, du moins, je ne croyais pas l'être. Nous étions deux. Nous étions deux depuis la naissance et pour l'éternité. Deux à la manière des enfants, faite d'une sorte de croyance en des choses qui ne meurent pas. Prenons deux cordes, de celles qui tiennent les navires amarrés, deux fortes tresses de lin, mouillées, serrées, et faisons un noeud entre elles, de ceux que seuls les marins peuvent défaire : à l'endroit du noeud, les cordes se confondent - c'est là que nous vivions. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
La maison des temps rompus
Format
Grand Format
Publication
28 août 2008
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
189
Taille
20 x 13.5 x 1.5 cm
Poids
235
ISBN-13
9782755703672
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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