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Jacques Villeglé: Oeuvres, écrits, entretiens

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Né en 1926 à Quimper, Villeglé n’a connu, en fait de formation artistique (en peinture et architecture), que celle dispensée en une période où les informations sur l’art moderne étaient presque inexistantes. En 1949, il décide de se consacrer à la collecte d’affiches lacérées. Ce choix déroutant, qui oriente définitivement son œuvre, le situe à l’écart des débats qui, à l’époque, commence à opposer les artistes de la figuration et les partisans de l’abstraction : tous sont également récusés comme attachés à un « fait main » avec lequel Villeglé veut en finir. Pour sa part, il lui suffit de ravir ce que les passants ont déjà fait. Cet intérêt pour certains aspects du paysage urbain et du réel quotidien fait de Villeglé l’initiateur, avec son complice Raymond Hains, de ce que Pierre Rustany officialise en 1960 sous l’appellation de « Nouveau réalisme ». Les affiches lacérées, intitulées selon le lieu et la date de leur prélèvement, témoignent de l’irrespect du public pour la propagande commerciale et politique. Mais l’œuvre négatrice du « Lacéré Anonyme » dont Villeglé s’institue le conservateur révèle l’histoire sociale – des techniques publicitaires, mais aussi des mentalités, des usages et des conflits. Elle change en même temps que son matériau, et constitue une nouvelle peinture d’histoire (s), domaine où s’entrechoquent images, mots et couleurs, qui produisent sans préméditation des métamorphoses authentiquement plastiques. A partir de 1969, Villeglé, en complément aux affiches, élabore des écritures sociopolitiques avec un alphabet recueilli dans les graffiti contradictoires tracés sur les murs, résultant comme les lacérations d’une créativité collective. Introduisant la rue dans le musée, Villeglé rappelle qu’au-delà des cimaises, le monde existe avec ses cris, ses fureurs, ses jouissances et la somme mouvante de ses conflits. Sa beauté imprévue se révèle, non par sa transposition « artistique » mais par le regard que Villeglé invite à porter sur les fragments qu’il en recueille. L’ouvrage se compose de : - un essai de Gérard Durozoi ; - un choix d’Ecrits de Villeglé ; - des entretiens (dont un inédit) avec Villeglé ; - une biographie ; - bibliographie, index Extrait Avant-propos : Lorsque les affiches, dans les dernières décennies du XIXe siècle, ont commencé à proliférer sur les murs des villes, elles ont suscité de durables débats entre les par­tisans d'une certaine modernité et d'une esthétisation de la vie quotidienne, et les détracteurs de leur invasion, synonyme d'une tyrannie du commerce et suspectée d'un véritable viol des consciences morales ou d'un affaiblissement de l'âme moderne, «si bien dans la mobilité et le caprice que la pierre et le fer eux-mêmes en sont devenus éphémères, et se changent en chiffons». Ainsi s'exprime Maurice Talmeyr (Henry Béranger, sénateur). Indépendamment de leur relation avec l'économie, les affiches sont rapidement appréciées pour leurs qualités artistiques, et collectionnées; la revue La Plume ne se contente pas d'en reproduire depuis 1888, elle en propose aux amateurs ; mais ceux qui ne peuvent les acquérir peuvent toujours tenter de les décoller soigneusement. Dans les séries successives de ses Maîtres de l'affiche, Roger Marx exalte à partir de 1896 les innovations graphiques ou la maîtrise chromatique des Chéret, Toulouse-Lautrec, Berthon, Boutet, Mucha et de leurs nombreux confrères dont les oeuvres autorisent l'apparition d'une nouvelle beauté urbaine : «Au pittoresque de venelles étroites a succédé le pittoresque moderne des voies larges et bigarrées, un pittoresque qui possède aussi sa beauté, et dont l'affiche fournit l'élément essentiel.» Gustave Kahn, tout en reconnaissant qu'il en existe de piètres exemples, affirme lui aussi dans L'Esthétique de la rue (1901) que, grâce aux placards publicitaires, «les murs autrefois blafards [...] se couvrent de haut en bas de taches multicolores; des femmes dansent, des chefs d'État boivent Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Né en 1926 à Quimper, Villeglé n’a connu, en fait de formation artistique (en peinture et architecture), que celle dispensée en une période où les informations sur l’art moderne étaient presque inexistantes. En 1949, il décide de se consacrer à la collecte d’affiches lacérées. Ce choix déroutant, qui oriente définitivement son œuvre, le situe à l’écart des débats qui, à l’époque, commence à opposer les artistes de la figuration et les partisans de l’abstraction : tous sont également récusés comme attachés à un « fait main » avec lequel Villeglé veut en finir. Pour sa part, il lui suffit de ravir ce que les passants ont déjà fait. Cet intérêt pour certains aspects du paysage urbain et du réel quotidien fait de Villeglé l’initiateur, avec son complice Raymond Hains, de ce que Pierre Rustany officialise en 1960 sous l’appellation de « Nouveau réalisme ». Les affiches lacérées, intitulées selon le lieu et la date de leur prélèvement, témoignent de l’irrespect du public pour la propagande commerciale et politique. Mais l’œuvre négatrice du « Lacéré Anonyme » dont Villeglé s’institue le conservateur révèle l’histoire sociale – des techniques publicitaires, mais aussi des mentalités, des usages et des conflits. Elle change en même temps que son matériau, et constitue une nouvelle peinture d’histoire (s), domaine où s’entrechoquent images, mots et couleurs, qui produisent sans préméditation des métamorphoses authentiquement plastiques. A partir de 1969, Villeglé, en complément aux affiches, élabore des écritures sociopolitiques avec un alphabet recueilli dans les graffiti contradictoires tracés sur les murs, résultant comme les lacérations d’une créativité collective. Introduisant la rue dans le musée, Villeglé rappelle qu’au-delà des cimaises, le monde existe avec ses cris, ses fureurs, ses jouissances et la somme mouvante de ses conflits. Sa beauté imprévue se révèle, non par sa transposition « artistique » mais par le regard que Villeglé invite à porter sur les fragments qu’il en recueille. L’ouvrage se compose de : - un essai de Gérard Durozoi ; - un choix d’Ecrits de Villeglé ; - des entretiens (dont un inédit) avec Villeglé ; - une biographie ; - bibliographie, index Extrait Avant-propos : Lorsque les affiches, dans les dernières décennies du XIXe siècle, ont commencé à proliférer sur les murs des villes, elles ont suscité de durables débats entre les par­tisans d'une certaine modernité et d'une esthétisation de la vie quotidienne, et les détracteurs de leur invasion, synonyme d'une tyrannie du commerce et suspectée d'un véritable viol des consciences morales ou d'un affaiblissement de l'âme moderne, «si bien dans la mobilité et le caprice que la pierre et le fer eux-mêmes en sont devenus éphémères, et se changent en chiffons». Ainsi s'exprime Maurice Talmeyr (Henry Béranger, sénateur). Indépendamment de leur relation avec l'économie, les affiches sont rapidement appréciées pour leurs qualités artistiques, et collectionnées; la revue La Plume ne se contente pas d'en reproduire depuis 1888, elle en propose aux amateurs ; mais ceux qui ne peuvent les acquérir peuvent toujours tenter de les décoller soigneusement. Dans les séries successives de ses Maîtres de l'affiche, Roger Marx exalte à partir de 1896 les innovations graphiques ou la maîtrise chromatique des Chéret, Toulouse-Lautrec, Berthon, Boutet, Mucha et de leurs nombreux confrères dont les oeuvres autorisent l'apparition d'une nouvelle beauté urbaine : «Au pittoresque de venelles étroites a succédé le pittoresque moderne des voies larges et bigarrées, un pittoresque qui possède aussi sa beauté, et dont l'affiche fournit l'élément essentiel.» Gustave Kahn, tout en reconnaissant qu'il en existe de piètres exemples, affirme lui aussi dans L'Esthétique de la rue (1901) que, grâce aux placards publicitaires, «les murs autrefois blafards [...] se couvrent de haut en bas de taches multicolores; des femmes dansent, des chefs d'État boivent Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Jacques Villeglé: Oeuvres, écrits, entretiens
Editeur
Format
Relié
Publication
10 septembre 2008
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
159
Taille
28.5 x 22 x 2 cm
Poids
1135
ISBN-13
9782754103206
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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