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VST 123 - Sexualité : quand l'institution s'en-mêle

Audience : Adulte - Haut niveau
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Il y a les situations de mixité interdites, possibles, choisies, réfléchies, imposées... Il y a les approches techniques de la sexualité, réduite aux relations sexuelles : contraception, assistance technique, assistance humaine... Il y a les couples de personnes dites fragiles qui se constituent autour de l'amour et parfois de projets d'enfant qui interrogent leurs capacités de décision et de portage. Il y a l'hyper féminisation des métiers du soin et de l'éducatif, avec à la clé des stéréotypes de genre peu réfléchis et largement reproduits. Derrière tout cela, il y a le droit des usagers, et les risques permanents d'envahissement et de normalisation institutionnelle. À quand une recommandation de bonnes pratiques portant sur la «bonne» sexualité à la charge des institutions ? Les institutions peuvent-elles s'en mêler sans s'emmêler ? Coordination : Monique BESSE - Francois CHOBEAUX Ont participé à ce numéro : Françoise BENARD - Yannick BENOIST - Jacques BERTON - Arsène BOLOUVI - Sylvia BOSSO - Pierre BRASSEUR - CEMEA BELGIQUE - Sandrine CIRON - Pauline DETUNCQ - André DUPRAS - Olivier FILHOL - Dominique FRIARD - David GRAND - Danielle JULIEN - Jacques LADSOUS - Carine MARAQUIN - Jean-Luc MARCHAL - Lorraine ORY - Florence PLON - Vanessa REMERY - Valerian SARREAU - Extrait Extrait de l'introduction MONIQUE BESSE, FRANÇOIS CHOBEAUX Le sexe - selon l'étymologie -, c'est ce qui sectionne. Ce qui coupe l'espèce humaine en deux sexes ; ce qui divise l'homme entre le rationnel et le pulsionnel ; entre ce qui rassure et ce qui surgit : l'image ou le rêve érotiques, l'excitation imprévue ou l'érection inopportune. Le sexe, c'est aussi ce qui ravit au sens fort du terme, ce qui arrache la créature à l'ordinaire de la sensation. Être professionnellement en position d'observer la sexualité des autres et de pouvoir y intervenir, c'est occuper une place habituellement interdite : il est classiquement considéré aujourd'hui que la sexualité est du domaine de la vie privée. Pourtant, au siècle dernier, les freudo-marxistes et les reichiens disaient que la sexualité est politique ; mais ce n'est plus dans l'air du temps. Tout au plus la classe politique veut bien parler du sexe, mais c'est alors en termes de morale pour éradiquer la prostitution, ou de droit des handicapés-citoyens-consommateurs à une vie sexuelle construite évidemment dans les normes de la bienséance. Bienséance et vie privée, nous voici alors à la porte de la chambre à coucher parentale, lieu ultime du secret. Personne n'est censé savoir ce qui s'y passe, et surtout pas les enfants pour qui elle est un objet d'insatiable curiosité. Pendant des décennies, ce secret du sexe, construit comme honteux hors du mariage consacré, fut la porte ouverte aux abus. L'institution religieuse s'en mêla terriblement ; ce qu'a fait vivre l'Église catholique irlandaise à des jeunes femmes filles-mères est à inscrire au Panthéon de l'immonde humain. Et à nos portes, ces Bon-Pasteur si accueillants, et tellement rééducatifs, avec les jeunes pécheresses et sauvageonnes... L'époque a changé : les personnes accueillies dans les établissements du secteur sanitaire et social ont des droits définis par les lois, et ceux-ci ont une incidence sur le domaine du sexuel : droit à l'information, à la contraception par exemple. On a pris également peu à peu conscience que les professionnels aiment parfois trop les enfants ou jouissent trop de leur pouvoir sur eux. Ainsi avertis, les éducateurs et les soignants restent toutefois seuls et impuissants devant ce qui les traverse, et ont alors généralement tendance à mettre de côté la question sexuelle, la rabattant sur son volet anatomo-physiologique que traiteront les infirmières et les médecins. Et pourtant, la question sexuelle les concerne. La mettre hors champ de l'action éducative et sanitaire, c'est d'une certaine façon perpétuer l'eugénisme, cette construction pseudo scientifique et raciste selon laquelle il Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Il y a les situations de mixité interdites, possibles, choisies, réfléchies, imposées... Il y a les approches techniques de la sexualité, réduite aux relations sexuelles : contraception, assistance technique, assistance humaine... Il y a les couples de personnes dites fragiles qui se constituent autour de l'amour et parfois de projets d'enfant qui interrogent leurs capacités de décision et de portage. Il y a l'hyper féminisation des métiers du soin et de l'éducatif, avec à la clé des stéréotypes de genre peu réfléchis et largement reproduits. Derrière tout cela, il y a le droit des usagers, et les risques permanents d'envahissement et de normalisation institutionnelle. À quand une recommandation de bonnes pratiques portant sur la «bonne» sexualité à la charge des institutions ? Les institutions peuvent-elles s'en mêler sans s'emmêler ? Coordination : Monique BESSE - Francois CHOBEAUX Ont participé à ce numéro : Françoise BENARD - Yannick BENOIST - Jacques BERTON - Arsène BOLOUVI - Sylvia BOSSO - Pierre BRASSEUR - CEMEA BELGIQUE - Sandrine CIRON - Pauline DETUNCQ - André DUPRAS - Olivier FILHOL - Dominique FRIARD - David GRAND - Danielle JULIEN - Jacques LADSOUS - Carine MARAQUIN - Jean-Luc MARCHAL - Lorraine ORY - Florence PLON - Vanessa REMERY - Valerian SARREAU - Extrait Extrait de l'introduction MONIQUE BESSE, FRANÇOIS CHOBEAUX Le sexe - selon l'étymologie -, c'est ce qui sectionne. Ce qui coupe l'espèce humaine en deux sexes ; ce qui divise l'homme entre le rationnel et le pulsionnel ; entre ce qui rassure et ce qui surgit : l'image ou le rêve érotiques, l'excitation imprévue ou l'érection inopportune. Le sexe, c'est aussi ce qui ravit au sens fort du terme, ce qui arrache la créature à l'ordinaire de la sensation. Être professionnellement en position d'observer la sexualité des autres et de pouvoir y intervenir, c'est occuper une place habituellement interdite : il est classiquement considéré aujourd'hui que la sexualité est du domaine de la vie privée. Pourtant, au siècle dernier, les freudo-marxistes et les reichiens disaient que la sexualité est politique ; mais ce n'est plus dans l'air du temps. Tout au plus la classe politique veut bien parler du sexe, mais c'est alors en termes de morale pour éradiquer la prostitution, ou de droit des handicapés-citoyens-consommateurs à une vie sexuelle construite évidemment dans les normes de la bienséance. Bienséance et vie privée, nous voici alors à la porte de la chambre à coucher parentale, lieu ultime du secret. Personne n'est censé savoir ce qui s'y passe, et surtout pas les enfants pour qui elle est un objet d'insatiable curiosité. Pendant des décennies, ce secret du sexe, construit comme honteux hors du mariage consacré, fut la porte ouverte aux abus. L'institution religieuse s'en mêla terriblement ; ce qu'a fait vivre l'Église catholique irlandaise à des jeunes femmes filles-mères est à inscrire au Panthéon de l'immonde humain. Et à nos portes, ces Bon-Pasteur si accueillants, et tellement rééducatifs, avec les jeunes pécheresses et sauvageonnes... L'époque a changé : les personnes accueillies dans les établissements du secteur sanitaire et social ont des droits définis par les lois, et ceux-ci ont une incidence sur le domaine du sexuel : droit à l'information, à la contraception par exemple. On a pris également peu à peu conscience que les professionnels aiment parfois trop les enfants ou jouissent trop de leur pouvoir sur eux. Ainsi avertis, les éducateurs et les soignants restent toutefois seuls et impuissants devant ce qui les traverse, et ont alors généralement tendance à mettre de côté la question sexuelle, la rabattant sur son volet anatomo-physiologique que traiteront les infirmières et les médecins. Et pourtant, la question sexuelle les concerne. La mettre hors champ de l'action éducative et sanitaire, c'est d'une certaine façon perpétuer l'eugénisme, cette construction pseudo scientifique et raciste selon laquelle il Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
VST 123 - Sexualité : quand l'institution s'en-mêle
Editeur
Format
Broché
Publication
25 septembre 2014
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
128
Taille
24 x 17 x 1 cm
Poids
234
ISBN-13
9782749242095
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
Disponible chez le fournisseur
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