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Le temps de nous aimer: Robert, Denise et Victor, courriers de guerre 1914-1918

3.9

(4)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur En septembre 1914, le gouverneur des colonies en retraite Victor Rey, 62 ans, et Robert, son unique fils, 26 ans, journaliste et critique d'art, s'engagent comme simples soldats. Ils servent au même canon à Verdun, dans la Somme, au Chemin des Dames, en Alsace. Ils aiment en parfaite complicité la même femme et lui envoient plus de mille lettres, exprimant leur amour, les horreurs de la guerre, leur idéal républicain, leur amour de l'humanité. À leurs lettres, ils joignent des centaines de photographies, d'étonnantes caricatures guerrières et des fleurs séchées. L'objet de leur amour s'appelle Kikite, 25 ans, premier prix de violon du Conservatoire, que Robert a épousé en 1912 et qui répond à chacune des lettres des deux hommes. De ses réponses, il ne reste aucune, Victor et Robert les brûlant après lecture de peur qu'elles ne tombent - avec eux - aux mains de la soldatesque. Elle, conserva pieusement leurs lettres. «Je n'ai rien vu, rien lu, rien su dans l'histoire de comparable à ce que font ici les fantassins. Cette constance collective, ces nerfs matés à jamais, ces hommes qui tiennent à plat ventre dans ce terrain volcanique, attendant pendant des heures, sentant venir pendant des heures, parmi la pluie des marmites, "la marmite" qui va les mettre en bouillie, c'est inimaginable c'est irracontable», lui écrit Robert le 11 mai 1916 depuis Verdun. «J'ai fait remarquer à Robert que nous partions pour la Somme, et que nous devions nous attendre à tout, donc, dans ces conditions, toute minute qui n'est pas occupée de vous, de lui, de moi, de nos tendresses réciproques, de nos avenirs possibles et de nos angoisses comme de nos espérances présentes, est une minute perdue et que nous sommes coupables de perdre. Je lui ai dit que nous n'avions que le temps de nous aimer et le devoir de le faire.» (...) Victor, le 27 septembre 1916. Auteur et réalisateur, Thierry Secretan est le petit-fils et l'arrière petit-fils de Victor et de Robert. Après avoir retrouvé leurs lettres il les a transcrites puis s'est lancé sur les traces de ses aïeux, localisant et photographiant toutes les étapes de leur périple guerrier. Pour survivre au carnage, pour sublimer la guerre, ces deux poètes avaient choisi l'amour et l'écriture, autant dire la littérature, et ils ont réussi. VOICI, SANS AUCUN DOUTE, LA PLUS EXTRAORDINAIRE HISTOIRE D'AMOUR DE LA GRANDE GUERRE Extrait LE PASSEPORT BLEU gisait parmi les quelques photographies, lettres et objets que chacun de nous conserve de l'adolescence. Je les avais entassés dans une valise avec mes livres favoris avant de quitter le domicile parental à dix-huit ans, pour une vie d'expédients et d'aventures à l'étranger qui devinrent de longs reportages au Brésil, en Afrique et en Asie. Plus tard, mon mariage avec l'indomptable Régine, la naissance de nos fils ne nous assagirent ni elle ni moi. Nos séjours africains, la découverte des courses en Manche sur un vieux sloop anglais, celle des canaux de Terre de Feu ou l'errance autour de l'archipel des Açores bouleversèrent le cours de nos existences, multipliant séparations et retrouvailles. La valise aux souvenirs, parfois perdue puis retrouvée, finit par atterrir sur la loggia d'un minuscule bureau parisien. C'est là, en 2003, que je l'ouvris pour la première fois depuis trente ans. Le passeport bleu que j'y retrouvai était celui de mon grand-père, Robert Rey. Sa femme, Denise, surnommée Kikite, me l'avait donné alors que je lui rendais visite le jour de mes quinze ans. - Ton grand-père l'avait sur lui quand il est mort. Robert avait été foudroyé par une crise cardiaque devant son domicile parisien, en descendant de voiture, le 22 décembre 1964, à l'âge de soixante-quinze ans. J'en avais neuf et, en plus de l'intérêt et de la tendresse qu'il me manifestait, il s'adressait toujours à moi en adulte. Je l'avais donc beaucoup pleuré. Je savais qu'il avait «fait 14-18», organisé un réseau de résistance pendant la Seconde Guerr Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur En septembre 1914, le gouverneur des colonies en retraite Victor Rey, 62 ans, et Robert, son unique fils, 26 ans, journaliste et critique d'art, s'engagent comme simples soldats. Ils servent au même canon à Verdun, dans la Somme, au Chemin des Dames, en Alsace. Ils aiment en parfaite complicité la même femme et lui envoient plus de mille lettres, exprimant leur amour, les horreurs de la guerre, leur idéal républicain, leur amour de l'humanité. À leurs lettres, ils joignent des centaines de photographies, d'étonnantes caricatures guerrières et des fleurs séchées. L'objet de leur amour s'appelle Kikite, 25 ans, premier prix de violon du Conservatoire, que Robert a épousé en 1912 et qui répond à chacune des lettres des deux hommes. De ses réponses, il ne reste aucune, Victor et Robert les brûlant après lecture de peur qu'elles ne tombent - avec eux - aux mains de la soldatesque. Elle, conserva pieusement leurs lettres. «Je n'ai rien vu, rien lu, rien su dans l'histoire de comparable à ce que font ici les fantassins. Cette constance collective, ces nerfs matés à jamais, ces hommes qui tiennent à plat ventre dans ce terrain volcanique, attendant pendant des heures, sentant venir pendant des heures, parmi la pluie des marmites, "la marmite" qui va les mettre en bouillie, c'est inimaginable c'est irracontable», lui écrit Robert le 11 mai 1916 depuis Verdun. «J'ai fait remarquer à Robert que nous partions pour la Somme, et que nous devions nous attendre à tout, donc, dans ces conditions, toute minute qui n'est pas occupée de vous, de lui, de moi, de nos tendresses réciproques, de nos avenirs possibles et de nos angoisses comme de nos espérances présentes, est une minute perdue et que nous sommes coupables de perdre. Je lui ai dit que nous n'avions que le temps de nous aimer et le devoir de le faire.» (...) Victor, le 27 septembre 1916. Auteur et réalisateur, Thierry Secretan est le petit-fils et l'arrière petit-fils de Victor et de Robert. Après avoir retrouvé leurs lettres il les a transcrites puis s'est lancé sur les traces de ses aïeux, localisant et photographiant toutes les étapes de leur périple guerrier. Pour survivre au carnage, pour sublimer la guerre, ces deux poètes avaient choisi l'amour et l'écriture, autant dire la littérature, et ils ont réussi. VOICI, SANS AUCUN DOUTE, LA PLUS EXTRAORDINAIRE HISTOIRE D'AMOUR DE LA GRANDE GUERRE Extrait LE PASSEPORT BLEU gisait parmi les quelques photographies, lettres et objets que chacun de nous conserve de l'adolescence. Je les avais entassés dans une valise avec mes livres favoris avant de quitter le domicile parental à dix-huit ans, pour une vie d'expédients et d'aventures à l'étranger qui devinrent de longs reportages au Brésil, en Afrique et en Asie. Plus tard, mon mariage avec l'indomptable Régine, la naissance de nos fils ne nous assagirent ni elle ni moi. Nos séjours africains, la découverte des courses en Manche sur un vieux sloop anglais, celle des canaux de Terre de Feu ou l'errance autour de l'archipel des Açores bouleversèrent le cours de nos existences, multipliant séparations et retrouvailles. La valise aux souvenirs, parfois perdue puis retrouvée, finit par atterrir sur la loggia d'un minuscule bureau parisien. C'est là, en 2003, que je l'ouvris pour la première fois depuis trente ans. Le passeport bleu que j'y retrouvai était celui de mon grand-père, Robert Rey. Sa femme, Denise, surnommée Kikite, me l'avait donné alors que je lui rendais visite le jour de mes quinze ans. - Ton grand-père l'avait sur lui quand il est mort. Robert avait été foudroyé par une crise cardiaque devant son domicile parisien, en descendant de voiture, le 22 décembre 1964, à l'âge de soixante-quinze ans. J'en avais neuf et, en plus de l'intérêt et de la tendresse qu'il me manifestait, il s'adressait toujours à moi en adulte. Je l'avais donc beaucoup pleuré. Je savais qu'il avait «fait 14-18», organisé un réseau de résistance pendant la Seconde Guerr Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Le temps de nous aimer: Robert, Denise et Victor, courriers de guerre 1914-1918
Format
Relié
Publication
18 octobre 2012
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
332
Taille
26 x 19.6 x 3 cm
Poids
1306
ISBN-13
9782732449272

Auteur

Livré entre : 10 juin - 13 juin
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