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Mon pays étranger

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Le voyage qu'entreprend la narratrice pour rejoindre l'Algérie où son père est né, est un pèlerinage et une quête d'identité. Sur le bateau qui la transporte de l'autre côté de la Méditerranée, les souvenirs se bousculent. Qui est-elle au milieu de ces hommes aux visages familiers dont elle ne parle pas la langue ? A Alger, c'est Mahmoud, un Algérien rencontré à Paris, qui l'accueille et la guide. Il travaille au Théâtre national dont le directeur a été assassiné. Au fil de ses haltes, au théâtre, au café, dans les rues, elle prend conscience de la misère, de la peur, du désespoir de ces jeunes gens sans avenir et pourtant si pleins de vie et hospitaliers. Avant de repartir, elle passera dix jours à Oran, chez Amina dont le mari a été tué et qui vit seule avec ses filles. Visages de femmes, petits faits du quotidien, paysages, odeurs, intrusions brusques de la violence, réminiscences des attentats, du passé de la narratrice, tout s'interpénètre et frémit dans ce livre qui rend palpable la vie profuse et déchirée des gens chez qui s'exacerbent encore, comme une plaie qui ne se referme pas, espoirs et regrets. Sandrine Charlemagne vit et travaille à Paris. Elle a publié un premier livre, A corps perdus, chez Jean-Claude Lattes. Assistante de Jean-Claude Fall au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, elle écrit pour le théâtre Anastasia mise en onde sur France-Culture et publiée chez l'Harmattan. Elle collabore actuellement avec Alain Ferrari sur un documentaire : Algériennes entre deux rives. Extrait En cet instant, je crois au soleil. À son disque de feu irradiant le port de Marseille. Il est onze heures trente. Dans le bleu implacable du ciel, deux mouettes se suivent, en cercles concentriques. Les oiseaux tournent, et nous autres tournons à notre façon. Aujourd'hui, en ce jour d'août de l'an 2000, je m'en vais sur la terre paternelle. Ce pays que je n'ai jamais vu. Destination Alger. L'île aux mouettes, disait-on jadis. Alger, deuxième baie du monde. Il fait incroyablement lourd sur le port. Les gens, cernés de bagages en tout genre, s'entassent sur ce tronçon de quai. J'étouffe dans ma longue robe noire. Nous attendons ici l'ouverture des portes du bateau. Ça doit faire maintenant au moins trois quarts d'heure, et ma robe me colle à la peau. Mais je prends mon mal en patience. Je regarde alentour, avec l'oeil du nouveau-né. Les lettres se détachent sur la coque blanche du paquebot : Tariq. Tariq signifie route, m'a-t-on dit. Puis là, je vois tous ces visages d'hommes qui m'entourent. Il y a les Algériens qui se taisent et ceux qui discutent. J'entends leurs paroles, et j'ai honte de ne pas comprendre. Parfois pourtant, il me semble tout saisir. Comme si la langue paternelle réveillait une part d'identité. On s'impatiente soudain. Un vieillard râle à côté de moi, les mains agrippées à un gros sac d'où dépasse une couverture imprimée de têtes de girafes. Il n'est pas le seul à s'encombrer ainsi. Peut-être un cadeau destiné à la famille, la couverture arrivée tout droit de France ! Le vieil homme, après s'être énervé, finit par rajuster sa chéchia rouge, de biais sur son crâne, et défroisse ensuite sa veste en toile. Ses vêtements ont fait leur temps, mais son allure n'en reste pas moins celle d'un patriarche d'une tribu lointaine. Les passagers redoublent d'impatience, des voix gutturales se chevauchent. Tohu-bohu des mécontents. On n'en peut plus d'attendre. Je sens qu'un gars m'observe avec insistance, les yeux rieurs. Il tranche sur les autres. En impose tout d'abord par sa taille : une bonne tête de plus que la plupart des voyageurs. Et puis, il porte un costume bleu très chic. La chemise blanche au col ouvert sur une fine chaîne en or. L'homme se désaltère au goulot d'une bouteille, et ses yeux prodigieusement clairs ne cessent de me fixer. Tant de clarté viendrait de la réfraction du soleil ? Maintenant que je le regarde autant que lui, il se décide à s'approcher. Biographie de l'aute Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Le voyage qu'entreprend la narratrice pour rejoindre l'Algérie où son père est né, est un pèlerinage et une quête d'identité. Sur le bateau qui la transporte de l'autre côté de la Méditerranée, les souvenirs se bousculent. Qui est-elle au milieu de ces hommes aux visages familiers dont elle ne parle pas la langue ? A Alger, c'est Mahmoud, un Algérien rencontré à Paris, qui l'accueille et la guide. Il travaille au Théâtre national dont le directeur a été assassiné. Au fil de ses haltes, au théâtre, au café, dans les rues, elle prend conscience de la misère, de la peur, du désespoir de ces jeunes gens sans avenir et pourtant si pleins de vie et hospitaliers. Avant de repartir, elle passera dix jours à Oran, chez Amina dont le mari a été tué et qui vit seule avec ses filles. Visages de femmes, petits faits du quotidien, paysages, odeurs, intrusions brusques de la violence, réminiscences des attentats, du passé de la narratrice, tout s'interpénètre et frémit dans ce livre qui rend palpable la vie profuse et déchirée des gens chez qui s'exacerbent encore, comme une plaie qui ne se referme pas, espoirs et regrets. Sandrine Charlemagne vit et travaille à Paris. Elle a publié un premier livre, A corps perdus, chez Jean-Claude Lattes. Assistante de Jean-Claude Fall au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, elle écrit pour le théâtre Anastasia mise en onde sur France-Culture et publiée chez l'Harmattan. Elle collabore actuellement avec Alain Ferrari sur un documentaire : Algériennes entre deux rives. Extrait En cet instant, je crois au soleil. À son disque de feu irradiant le port de Marseille. Il est onze heures trente. Dans le bleu implacable du ciel, deux mouettes se suivent, en cercles concentriques. Les oiseaux tournent, et nous autres tournons à notre façon. Aujourd'hui, en ce jour d'août de l'an 2000, je m'en vais sur la terre paternelle. Ce pays que je n'ai jamais vu. Destination Alger. L'île aux mouettes, disait-on jadis. Alger, deuxième baie du monde. Il fait incroyablement lourd sur le port. Les gens, cernés de bagages en tout genre, s'entassent sur ce tronçon de quai. J'étouffe dans ma longue robe noire. Nous attendons ici l'ouverture des portes du bateau. Ça doit faire maintenant au moins trois quarts d'heure, et ma robe me colle à la peau. Mais je prends mon mal en patience. Je regarde alentour, avec l'oeil du nouveau-né. Les lettres se détachent sur la coque blanche du paquebot : Tariq. Tariq signifie route, m'a-t-on dit. Puis là, je vois tous ces visages d'hommes qui m'entourent. Il y a les Algériens qui se taisent et ceux qui discutent. J'entends leurs paroles, et j'ai honte de ne pas comprendre. Parfois pourtant, il me semble tout saisir. Comme si la langue paternelle réveillait une part d'identité. On s'impatiente soudain. Un vieillard râle à côté de moi, les mains agrippées à un gros sac d'où dépasse une couverture imprimée de têtes de girafes. Il n'est pas le seul à s'encombrer ainsi. Peut-être un cadeau destiné à la famille, la couverture arrivée tout droit de France ! Le vieil homme, après s'être énervé, finit par rajuster sa chéchia rouge, de biais sur son crâne, et défroisse ensuite sa veste en toile. Ses vêtements ont fait leur temps, mais son allure n'en reste pas moins celle d'un patriarche d'une tribu lointaine. Les passagers redoublent d'impatience, des voix gutturales se chevauchent. Tohu-bohu des mécontents. On n'en peut plus d'attendre. Je sens qu'un gars m'observe avec insistance, les yeux rieurs. Il tranche sur les autres. En impose tout d'abord par sa taille : une bonne tête de plus que la plupart des voyageurs. Et puis, il porte un costume bleu très chic. La chemise blanche au col ouvert sur une fine chaîne en or. L'homme se désaltère au goulot d'une bouteille, et ses yeux prodigieusement clairs ne cessent de me fixer. Tant de clarté viendrait de la réfraction du soleil ? Maintenant que je le regarde autant que lui, il se décide à s'approcher. Biographie de l'aute Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Mon pays étranger
Editeur
Format
Grand Format
Publication
30 août 2012
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
251
Taille
20.1 x 13.2 x 1.8 cm
Poids
0
ISBN-13
9782729119843
Livré entre : 9 juin - 12 juin
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