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L'architecture du bonheur

3.9

(30)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur S'il est vrai que les bâtiments et les objets d'ameublement que nous qualifions de beaux évoquent des aspects du bonheur, on pourrait néanmoins demander pourquoi nous trouvons une telle évocation nécessaire. Pourquoi ce que notre environnement a à nous dire serait-il si important ? Pourquoi les architectes devraient-ils se soucier de concevoir des bâtiments qui expriment des sentiments et des idées spécifiques ? Pourquoi sommes-nous si vulnérables à ce que disent les espaces où nous vivons ? Depuis plusieurs livres déjà, Alain de Botton s'intéresse à notre bonheur et cherche les moyens de nous rendre plus heureux. Après la lecture de Proust, puis celle des grands philosophes, l'art de mieux voyager et l'importance de notre statut social, voici qu'il se penche sur notre cadre de vie et plus particulièrement sur l'architecture des lieux où nous vivons et travaillons. En quoi l'un et l'autre influencent notre mode de pensée, notre façon de nous comporter, en bref notre existence au quotidien, tel est le sujet de L'architecture du bonheur. Faisant preuve comme toujours d'une éblouissante érudition - et de beaucoup d'humour -, Alain de Botton nous entraîne de Paris à Tokyo, de Londres à Brasília, du Kent à l'Engadine, et bien d'autres lieux encore, à la recherche de la maison idéale. Extrait Une des maisons mitoyennes dans une rue bordée d'arbres. Plus tôt dans la journée, la maison retentissait de cris d'enfants et de voix adultes, mais depuis que le dernier occupant est parti, il y a quelques heures, elle peut goûter seule le matin. Le soleil s'est levé au-dessus des pignons des bâtiments d'en face et sa lumière entre à flots par les fenêtres du rez-de-chaussée, peignant les murs intérieurs en jaune beurre et chauffant la façade rugueuse de brique rouge. Des grains de poussière évo­luent dans les larges rais de soleil, comme au rythme d'une valse silencieuse. La rumeur de la circulation, des moteurs qui accélèrent à quelques rues de là, parvient faiblement dans le vestibule. De temps en temps, le volet de la boîte aux lettres laisse passer en grinçant un prospectus implorant. La maison semble prendre plaisir à sa solitude temporaire. Elle se rajuste après la nuit, désengorgeant ses conduits et faisant craquer ses articulations. Cette digne et mûre créature, avec ses veines de cuivre et ses pieds de bois enfouis dans un lit d'argile, a beaucoup enduré : ballons rebondissant sur ses flancs, portes furieusement claquées, enfants essayant de faire le poirier dans ses couloirs, le poids et les soupirs des appareils ménagers et les mains de plombiers inexpérimentés dans ses entrailles. Une famille de quatre personnes vit sous son toit, ainsi qu'une colonie de fourmis autour des fondations et, au printemps, des nichées de rouges-gorges dans le tuyau de la cheminée. Elle prête aussi l'épaule à un pois de senteur frêle (ou juste indolent) qui s'appuie contre le mur côté jardin, s'offrant à la cour assidue de nombreuses abeilles. La maison est devenue un témoin bien informé. Elle a été complice d'amours adolescentes, elle a regardé des enfants faire leurs devoirs, elle a observé des bébés emmaillotés tout juste arrivés de la maternité, elle a été surprise au milieu de la nuit par des conciliabules chuchotes dans la cuisine. Elle a vécu des soirées d'hiver où ses fenêtres étaient aussi froides que des sacs de pois gelés, et des crépuscules d'été où ses murs de brique étaient encore aussi chauds que du pain sortant du four. Elle a fourni un refuge non seulement physique, mais aussi psychologique. Elle a été une gardienne d'identité. Au fil des ans, ses propriétaires, revenant après des périodes d'absence et regardant autour d'eux, se sont rappelé qui ils étaient. Les dalles du sol au rez-de-chaussée parlent de sérénité et de grâce ancienne, tandis que la régularité des placards de la cuisine offre un modèle d'ordre et de discipline non intimidants. La table de la salle à manger, avec sa toile ci Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur S'il est vrai que les bâtiments et les objets d'ameublement que nous qualifions de beaux évoquent des aspects du bonheur, on pourrait néanmoins demander pourquoi nous trouvons une telle évocation nécessaire. Pourquoi ce que notre environnement a à nous dire serait-il si important ? Pourquoi les architectes devraient-ils se soucier de concevoir des bâtiments qui expriment des sentiments et des idées spécifiques ? Pourquoi sommes-nous si vulnérables à ce que disent les espaces où nous vivons ? Depuis plusieurs livres déjà, Alain de Botton s'intéresse à notre bonheur et cherche les moyens de nous rendre plus heureux. Après la lecture de Proust, puis celle des grands philosophes, l'art de mieux voyager et l'importance de notre statut social, voici qu'il se penche sur notre cadre de vie et plus particulièrement sur l'architecture des lieux où nous vivons et travaillons. En quoi l'un et l'autre influencent notre mode de pensée, notre façon de nous comporter, en bref notre existence au quotidien, tel est le sujet de L'architecture du bonheur. Faisant preuve comme toujours d'une éblouissante érudition - et de beaucoup d'humour -, Alain de Botton nous entraîne de Paris à Tokyo, de Londres à Brasília, du Kent à l'Engadine, et bien d'autres lieux encore, à la recherche de la maison idéale. Extrait Une des maisons mitoyennes dans une rue bordée d'arbres. Plus tôt dans la journée, la maison retentissait de cris d'enfants et de voix adultes, mais depuis que le dernier occupant est parti, il y a quelques heures, elle peut goûter seule le matin. Le soleil s'est levé au-dessus des pignons des bâtiments d'en face et sa lumière entre à flots par les fenêtres du rez-de-chaussée, peignant les murs intérieurs en jaune beurre et chauffant la façade rugueuse de brique rouge. Des grains de poussière évo­luent dans les larges rais de soleil, comme au rythme d'une valse silencieuse. La rumeur de la circulation, des moteurs qui accélèrent à quelques rues de là, parvient faiblement dans le vestibule. De temps en temps, le volet de la boîte aux lettres laisse passer en grinçant un prospectus implorant. La maison semble prendre plaisir à sa solitude temporaire. Elle se rajuste après la nuit, désengorgeant ses conduits et faisant craquer ses articulations. Cette digne et mûre créature, avec ses veines de cuivre et ses pieds de bois enfouis dans un lit d'argile, a beaucoup enduré : ballons rebondissant sur ses flancs, portes furieusement claquées, enfants essayant de faire le poirier dans ses couloirs, le poids et les soupirs des appareils ménagers et les mains de plombiers inexpérimentés dans ses entrailles. Une famille de quatre personnes vit sous son toit, ainsi qu'une colonie de fourmis autour des fondations et, au printemps, des nichées de rouges-gorges dans le tuyau de la cheminée. Elle prête aussi l'épaule à un pois de senteur frêle (ou juste indolent) qui s'appuie contre le mur côté jardin, s'offrant à la cour assidue de nombreuses abeilles. La maison est devenue un témoin bien informé. Elle a été complice d'amours adolescentes, elle a regardé des enfants faire leurs devoirs, elle a observé des bébés emmaillotés tout juste arrivés de la maternité, elle a été surprise au milieu de la nuit par des conciliabules chuchotes dans la cuisine. Elle a vécu des soirées d'hiver où ses fenêtres étaient aussi froides que des sacs de pois gelés, et des crépuscules d'été où ses murs de brique étaient encore aussi chauds que du pain sortant du four. Elle a fourni un refuge non seulement physique, mais aussi psychologique. Elle a été une gardienne d'identité. Au fil des ans, ses propriétaires, revenant après des périodes d'absence et regardant autour d'eux, se sont rappelé qui ils étaient. Les dalles du sol au rez-de-chaussée parlent de sérénité et de grâce ancienne, tandis que la régularité des placards de la cuisine offre un modèle d'ordre et de discipline non intimidants. La table de la salle à manger, avec sa toile ci Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
L'architecture du bonheur
Format
Broché
Publication
13 septembre 2007
Traduction
Aoustin, Jean-Pierre
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
352
Taille
20.5 x 14 x 2.8 cm
Poids
525
ISBN-13
9782715226630

Auteur

Livré entre : 26 juillet - 29 juillet
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