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Quatre ans avec les Khmers Rouges

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Mû par un idéalisme profond, Hour Chea s'est engagé aveuglément pour son pays, le Cambodge, alors que la folie des khmers rouges n'était pas encore avérée, jusqu'à la perte de ses illusions et l'aveu de sa terrible naïveté. Il réussira à s'échapper de l'enfer par la Thaïlande, avant d'obtenir l'asile politique en suisse. Alors que les travaux préparatoires du tribunal pénal international sont enfin amorcés- le génocide a pris fin il y a plus de 25 ans -, ce récit sobre et poignant apporte un témoignage éloquent sur ce chapitre de la férocité humaine, dont le Cambodge peine aujourd'hui encore à se remettre. Hour Chea est né en 1945, dans un village de l'est du Cambodge. Après des études d'ingénieur agronome dans son pays, il bénéficie d'une bourse du gouvernement français à l'Institut Pasteur de Lille. Réfugié politique en Suisse, il vit aujourd'hui à Zurich, où il dirige son propre laboratoire de microbiologie. Extrait LE CHEMIN VERS PARIS Je suis né dans un petit village de la province de Kompong Cham, à une vingtaine de kilomètres de la frontière vietnamienne, à l'est du Cambodge. Comme la plupart des gens de la campagne de ma génération, j'ignore la date exacte de ma naissance, mais ma mère m'a souvent répété : «Tu es né le jour de l'entrée des troupes japonaises dans notre village.» Telle est ma date de naissance. Ma famille appartenait à la petite bourgeoisie rurale, c'est dire que nous n'étions ni riches ni pauvres et que nous vivions très modestement, selon les besoins de la campagne, avec le strict nécessaire. Aucun membre de notre famille n'était fonctionnaire colonial, un poste très coté à l'époque. Dès mon enfance, j'ai entendu nos villageois nous faire la même recommandation : «Il faut bien travailler à l'école et tu seras un jour fonctionnaire.» Fonctionnaire était synonyme de pouvoir. Les préfets, les gendarmes et les policiers, en particulier, étaient à la fois représentants de l'ordre et instruments d'intimidation coloniale par excellence. Traumatisé depuis l'époque coloniale, justement, par ces agents du pouvoir, un sentiment bizarre m'envahit encore, en Europe, chaque fois que je rencontre un agent de police ou un fonctionnaire. Sensation de peur ? Peut-être ! Il faut dire qu'en cette période la moindre bagatelle pouvait vous conduire immédiatement à une arrestation sans jugement et sans avocat pour vous défendre, avec de surcroît le risque d'être enfermé longtemps dans une cellule, faute de trouver l'argent nécessaire pour le «dessous-de-table» indispensable. Voilà la situation coloniale de mon enfance. Comme tous les jeunes ayant grandi dans le milieu campagnard d'un pays pauvre, libéré fraîchement du colonialisme français, je n'étais évidemment pas gâté comme un enfant de la ville. Mon enfance fut naïve, innocente et dépourvue de soucis. Pris par leur travail du matin jusqu'au soir, mes parents m'accordaient une liberté non négligeable, ce qui n'était pas le cas pour certains de mes camarades, obligés d'aider sans relâche leurs parents dans les tâches quotidiennes. Mon groupe de jeu était cosmopolite : enfants khmers, enfants chinois, enfants vietnamiens, enfants chams et aussi métis. Il n'était pas question de ségrégation raciale ! Nous nous entendions à merveille. Nous n'avons jamais reçu de cadeaux d'anniversaire, ni eu de jouets à notre disposition. En dehors de l'école, nous bricolions et improvisions nos jeux selon l'humeur du jour et du temps. La plupart étaient des jeux d'adresse. Actuellement, les jeunes collectionnent des objets en les achetant et en les échangeant. Nous, nous ne les acquérions que grâce à notre adresse ou à la suite de paris dont l'enjeu était l'objet en vogue du moment. Nos objets de collection étaient variés et ils changeaient suivant le temps : c'étaient tantôt des rondelles de caoutchouc, tantôt des capsules en aluminium de bouteilles de boissons ou encore des paquets de cigarettes vides, dont la valeur variait selon la marque. Plus elle était Afficher moinsAfficher plus

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Détails du livre

Titre complet
Quatre ans avec les Khmers Rouges
Editeur
Format
Broché
Publication
15 février 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
280
Taille
21.5 x 13.5 x 2 cm
Poids
420
ISBN-13
9782710707462
Livré entre : 22 janvier - 25 janvier
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