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La Ville De Mirmont, Jean De

Jean de La Ville de Mirmont serie #1

Les dimanches de Jean Dézert: Suivi de L'horizon chimérique, autres poèmes, contes

4.2

(33)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur «La fantaisie, ça va bien en dehors des heures de bureau et principalement le dimanche. Le dimanche, c'est toute la vie de Jean Dézert. Il apprécie ce jour que si peu de personnes comprennent. Il ne se fatigue point de parcourir et d'errer le long des grands boulevards.» Né le 2 décembre 1886 à Bordeaux, dans une famille aristocratique et protestante, Jean de La Ville de Mirmont fut l'ami de François Mauriac. Après des études de lettres et de droit, il quitte Bordeaux et devient rédacteur à la préfecture de la Seine. A Paris, il retrouve François Mauriac et lui fait découvrir les milieux interlopes du quartier Latin. En 1914, il publie un bref roman d'une étonnante modernité : Les Dimanches de Jean Dézert. Le 28 novembre, le sergent Jean de La Ville de Mirmont, du 57e régiment d'infanterie, est tué au Chemin des Dames. Il a vingt-huit ans. Il a publié quelques poèmes dans La Revue hebdomadaire et Les Marges, ainsi que des contes, notamment dans le Paris-Journal de 1910-1912. L'Horizon chimérique, son recueil de poésie posthume publié en 1920, inspirera la célèbre musique de Gabriel Fauré. Extrait Extrait de la préface Ce garçon bordelais s'asseyait sur les mêmes bancs que moi à la Faculté ; mais il fallut notre rencontre à Paris pour que nous cédions au désir de nous connaître. En province, de deux étudiants qui s'épient, chacun peut croire que l'autre le dédaigne et craint de se lier. Jean de La Ville de Mirmont était le fils d'un latiniste fameux qui occupait une chaire à l'Université et qui, au conseil municipal, siégeait à gauche. Aux examens, cet homme éminent se divertissait à taquiner (avec gentillesse) les Abbés rougissants et les élèves des Jésuites par des questions insidieuses ; et je craignais que son fils Jean n'eût hérité de sa malice. Je sortais de chez les Marianites ; lui, du lycée. Les étudiants d'aujourd'hui ne connaissent plus ce malaise qui régnait dans la jeunesse, vers ces années 1905-1906. Les «deux Fronces» partout s'affrontaient. Mais j'aurais dû pressentir que cet adolescent, aux poches déformées par les livres, vivait bien au-dessus de nos querelles. J'étais sensible à sa grâce, à cet air d'enfance qu'il avait gardé ; pourtant je n'osais aller au-delà des poignées de main et des propos ordinaires. Paris devait nous réunir. Même mes amis bordelais, c'est à Paris que je dois de les avoir connus. Une seule rencontre avec Jean de La Ville sur le trottoir du boulevard Saint-Michel suffit pour nous révéler cette amitié lentement formée à notre insu. Ce jour-là, il monta jusqu'à la chambre que j'occupais alors, à l'Hôtel de l'Espérance, en face de l'Institut catholique, et il lut mes premiers vers : «J'ai refait connaissance, ces temps derniers, avec Mauriac, écrivait-il le 31 mars 1909 à Louis Piéchaud... Tâchez de le rencontrer pendant les quelques jours qu'il passera à Bordeaux... Il vous racontera nos promenades nocturnes dans Paris jusque vers trois heures du matin, nos causeries auprès de son feu, nos projets insensés, et nos enthousiasmes ridicules...» Ce Paris de 1909 que nous découvrions ensemble, il le décrit ainsi dans une autre lettre à Louis Piéchaud : «Paris me plaît, le Paris froid de ces jours derniers avec son ciel de verre dépoli, la grisaille claire de ses grands boulevards et le claquement sec des sabots des chevaux sur les pavés de bois ; le Paris humide comme aujourd'hui, où la nuit tombe vite et où les becs de gaz ont un halo transparent...» Tandis que je m'installais rue Vaneau, il vint habiter la rue du Bac, en un logis bas de plafond où il préparait le concours d'entrée à la Préfecture de la Seine. Mais la poésie l'occupait plus que le droit. J'entendrai éternellement cette psalmodie, cet étrange nasillement doux de Jean de La Ville, le visage baigné de fumée. Certains poèmes de lui, qui n'ont pas été recueillis dans L'Horizon chimérique, gardent pour moi l'inflexion de sa voix, au point qu'aucune photographie ne me l'évoque mieux que ce seul Afficher moinsAfficher plus

La Ville De Mirmont, Jean De

Jean de La Ville de Mirmont serie #1

Les dimanches de Jean Dézert: Suivi de L'horizon chimérique, autres poèmes, contes

4.2

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Le Pitch

Présentation de l'éditeur «La fantaisie, ça va bien en dehors des heures de bureau et principalement le dimanche. Le dimanche, c'est toute la vie de Jean Dézert. Il apprécie ce jour que si peu de personnes comprennent. Il ne se fatigue point de parcourir et d'errer le long des grands boulevards.» Né le 2 décembre 1886 à Bordeaux, dans une famille aristocratique et protestante, Jean de La Ville de Mirmont fut l'ami de François Mauriac. Après des études de lettres et de droit, il quitte Bordeaux et devient rédacteur à la préfecture de la Seine. A Paris, il retrouve François Mauriac et lui fait découvrir les milieux interlopes du quartier Latin. En 1914, il publie un bref roman d'une étonnante modernité : Les Dimanches de Jean Dézert. Le 28 novembre, le sergent Jean de La Ville de Mirmont, du 57e régiment d'infanterie, est tué au Chemin des Dames. Il a vingt-huit ans. Il a publié quelques poèmes dans La Revue hebdomadaire et Les Marges, ainsi que des contes, notamment dans le Paris-Journal de 1910-1912. L'Horizon chimérique, son recueil de poésie posthume publié en 1920, inspirera la célèbre musique de Gabriel Fauré. Extrait Extrait de la préface Ce garçon bordelais s'asseyait sur les mêmes bancs que moi à la Faculté ; mais il fallut notre rencontre à Paris pour que nous cédions au désir de nous connaître. En province, de deux étudiants qui s'épient, chacun peut croire que l'autre le dédaigne et craint de se lier. Jean de La Ville de Mirmont était le fils d'un latiniste fameux qui occupait une chaire à l'Université et qui, au conseil municipal, siégeait à gauche. Aux examens, cet homme éminent se divertissait à taquiner (avec gentillesse) les Abbés rougissants et les élèves des Jésuites par des questions insidieuses ; et je craignais que son fils Jean n'eût hérité de sa malice. Je sortais de chez les Marianites ; lui, du lycée. Les étudiants d'aujourd'hui ne connaissent plus ce malaise qui régnait dans la jeunesse, vers ces années 1905-1906. Les «deux Fronces» partout s'affrontaient. Mais j'aurais dû pressentir que cet adolescent, aux poches déformées par les livres, vivait bien au-dessus de nos querelles. J'étais sensible à sa grâce, à cet air d'enfance qu'il avait gardé ; pourtant je n'osais aller au-delà des poignées de main et des propos ordinaires. Paris devait nous réunir. Même mes amis bordelais, c'est à Paris que je dois de les avoir connus. Une seule rencontre avec Jean de La Ville sur le trottoir du boulevard Saint-Michel suffit pour nous révéler cette amitié lentement formée à notre insu. Ce jour-là, il monta jusqu'à la chambre que j'occupais alors, à l'Hôtel de l'Espérance, en face de l'Institut catholique, et il lut mes premiers vers : «J'ai refait connaissance, ces temps derniers, avec Mauriac, écrivait-il le 31 mars 1909 à Louis Piéchaud... Tâchez de le rencontrer pendant les quelques jours qu'il passera à Bordeaux... Il vous racontera nos promenades nocturnes dans Paris jusque vers trois heures du matin, nos causeries auprès de son feu, nos projets insensés, et nos enthousiasmes ridicules...» Ce Paris de 1909 que nous découvrions ensemble, il le décrit ainsi dans une autre lettre à Louis Piéchaud : «Paris me plaît, le Paris froid de ces jours derniers avec son ciel de verre dépoli, la grisaille claire de ses grands boulevards et le claquement sec des sabots des chevaux sur les pavés de bois ; le Paris humide comme aujourd'hui, où la nuit tombe vite et où les becs de gaz ont un halo transparent...» Tandis que je m'installais rue Vaneau, il vint habiter la rue du Bac, en un logis bas de plafond où il préparait le concours d'entrée à la Préfecture de la Seine. Mais la poésie l'occupait plus que le droit. J'entendrai éternellement cette psalmodie, cet étrange nasillement doux de Jean de La Ville, le visage baigné de fumée. Certains poèmes de lui, qui n'ont pas été recueillis dans L'Horizon chimérique, gardent pour moi l'inflexion de sa voix, au point qu'aucune photographie ne me l'évoque mieux que ce seul Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Les dimanches de Jean Dézert: Suivi de L'horizon chimérique, autres poèmes, contes
Format
Poche
Publication
07 février 2013
Préface
Mauriac, François
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
229
Taille
17.9 x 10.9 x 1.5 cm
Poids
145
ISBN-13
9782710370277

Contenu

4ème de couverture

«La fantaisie, ça va bien en dehors des heures de bureau et principalement le dimanche. Le dimanche, c'est toute la vie de Jean Dézert. Il apprécie ce jour que si peu de personnes comprennent. Il ne se fatigue point de parcourir et d'errer le long des grands boulevards.»

Auteur

Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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