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JOURNALISME OU LE PROFESSIONNALISME DU FLOU

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Collection dirigée par Bernard Miège Les journalistes agacent. Touche-à-tout insaisissables, on ne sait guère ce qu'ils font, comment ils produisent, où ils se situent, à quelle catégorie les rapporter : ils semblent inclassables. Leur profession ? Comment savoir où elle débute et où elle finit : on ne lui connaît aucune limite précise. Leur professionnalisme ? Les discours véhéments sur la déontologie, la compétence technique, ou l'organisation du groupe, colmatent sans espoir une rare imprécision des procédures de production et un quasi-vide de structuration collective. Est-ce un défaut ? Bien au contraire, répond l'auteur. Plongeant dans l'histoire du groupe pour en raconter les efforts d'organisation aux XIXe et XXe siècles, et observant de près leurs manières actuelles de travailler, l'auteur explique que les journalistes ont ceci de particulier qu'ils sont nés et se reproduisent dans un espace social et laborieux nécessairement imprécis. Le flou, qui imprègne leur réalité entière, n'est pas le signe d'un dysfonctionnement passager : il est constitutif, et productif. Le journalisme n'existe que par les espaces frontières qu'il dispute à de nombreux champs intellectuels : connaissance, art, spectacle, science, dont il emprunte et mélange les modes de production. Le professionnalisme du flou n'est pas une formule péjorative. Au contraire, elle exprime les caractères dynamiques, parce que fluides et métissés, d'une identité professionnelle hors du commun. Denis Ruellan, ancien journaliste, est professeur de l'université de Rennes 1. Chercheur au CRAPE (UMR CNRS 6051), il enseigne le journalisme à l'IUT de Lannion. Cet ouvrage complète Le Professionnalisme du flou, édité en 1993 aux PUG.ExtraitExtrait de l'avant-propos : Deux intuitions et une conviction La première fois que j'ai fait un reportage, je ne me doutais pas qu'il existait pour cela des techniques, des méthodes, des normes, ni même une déontologie. Je ne savais qu'une chose : j'avais beaucoup vu, souvent entendu, parfois compris, toujours ressenti. Je croyais que c'était assez, je n'ai jamais été démenti. À ce premier papier, on me répondit, laconique, que j'avais une once de plume ; on ne m'interrogea pas, on corrigea quelques tournures, et on publia. Je savais faire. Plus tard, j'appris que des manuels enseignaient le reportage, que des écoles professaient les bonnes méthodes, que la technique seule fondait le bon journalisme, que les reporters étaient des professionnels parce qu'ils possédaient un savoir. Un savoir professionnel. Je ne compris pas. Depuis, je cherche le lien, entre ce savoir professionnel et ce savoir-faire. Quand j'ai commencé à étudier le champ du journalisme, j'ai délibérément choisi de laisser parler la connaissance du terrain d'étude dont je disposais par la pratique professionnelle, sachant combien ce savoir très empirique pouvait comporter de partialité et de zones d'ombre, enfouies par les nombreux discours de conformité qui ne manquent pas dans toutes les pratiques sociales. J'ai bien sûr tôt parcouru la littérature essentielle sur le sujet, consulté des champs connexes, recherché des cadres théoriques utiles à ma réflexion, mais je n'ai pas souhaité m'éloigner trop de ce terrain car il me semblait plus prometteur d'extraire d'une connaissance préexistante, indépendante des productions scientifiques, la problématique centrale de ma recherche. Afficher moinsAfficher plus

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Collection dirigée par Bernard Miège Les journalistes agacent. Touche-à-tout insaisissables, on ne sait guère ce qu'ils font, comment ils produisent, où ils se situent, à quelle catégorie les rapporter : ils semblent inclassables. Leur profession ? Comment savoir où elle débute et où elle finit : on ne lui connaît aucune limite précise. Leur professionnalisme ? Les discours véhéments sur la déontologie, la compétence technique, ou l'organisation du groupe, colmatent sans espoir une rare imprécision des procédures de production et un quasi-vide de structuration collective. Est-ce un défaut ? Bien au contraire, répond l'auteur. Plongeant dans l'histoire du groupe pour en raconter les efforts d'organisation aux XIXe et XXe siècles, et observant de près leurs manières actuelles de travailler, l'auteur explique que les journalistes ont ceci de particulier qu'ils sont nés et se reproduisent dans un espace social et laborieux nécessairement imprécis. Le flou, qui imprègne leur réalité entière, n'est pas le signe d'un dysfonctionnement passager : il est constitutif, et productif. Le journalisme n'existe que par les espaces frontières qu'il dispute à de nombreux champs intellectuels : connaissance, art, spectacle, science, dont il emprunte et mélange les modes de production. Le professionnalisme du flou n'est pas une formule péjorative. Au contraire, elle exprime les caractères dynamiques, parce que fluides et métissés, d'une identité professionnelle hors du commun. Denis Ruellan, ancien journaliste, est professeur de l'université de Rennes 1. Chercheur au CRAPE (UMR CNRS 6051), il enseigne le journalisme à l'IUT de Lannion. Cet ouvrage complète Le Professionnalisme du flou, édité en 1993 aux PUG.ExtraitExtrait de l'avant-propos : Deux intuitions et une conviction La première fois que j'ai fait un reportage, je ne me doutais pas qu'il existait pour cela des techniques, des méthodes, des normes, ni même une déontologie. Je ne savais qu'une chose : j'avais beaucoup vu, souvent entendu, parfois compris, toujours ressenti. Je croyais que c'était assez, je n'ai jamais été démenti. À ce premier papier, on me répondit, laconique, que j'avais une once de plume ; on ne m'interrogea pas, on corrigea quelques tournures, et on publia. Je savais faire. Plus tard, j'appris que des manuels enseignaient le reportage, que des écoles professaient les bonnes méthodes, que la technique seule fondait le bon journalisme, que les reporters étaient des professionnels parce qu'ils possédaient un savoir. Un savoir professionnel. Je ne compris pas. Depuis, je cherche le lien, entre ce savoir professionnel et ce savoir-faire. Quand j'ai commencé à étudier le champ du journalisme, j'ai délibérément choisi de laisser parler la connaissance du terrain d'étude dont je disposais par la pratique professionnelle, sachant combien ce savoir très empirique pouvait comporter de partialité et de zones d'ombre, enfouies par les nombreux discours de conformité qui ne manquent pas dans toutes les pratiques sociales. J'ai bien sûr tôt parcouru la littérature essentielle sur le sujet, consulté des champs connexes, recherché des cadres théoriques utiles à ma réflexion, mais je n'ai pas souhaité m'éloigner trop de ce terrain car il me semblait plus prometteur d'extraire d'une connaissance préexistante, indépendante des productions scientifiques, la problématique centrale de ma recherche. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
JOURNALISME OU LE PROFESSIONNALISME DU FLOU
Auteur
Editeur
Format
Broché
Publication
27 avril 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
232
Taille
22 x 13.5 x 1.4 cm
Poids
328
ISBN-13
9782706114014
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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