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« À la renverse »

Audience : Adulte - Haut niveau
Le Pitch
4e de couverture Quoi de commun entrePlace des héros(1988) de Thomas Bernhard etKrach(2013) de Philippe Malone, entreLes Idiots(1997) de Claudine Galea etPromenades(2003) de Noëlle Renaude, entreAprès la pluie(1993) de Sergi Belbel etPulvérisés(2009) d’Alexandra Badea ? Toutes ces pièces mettent en scène « des hommes qui tombent ».  L’expérience pourrait être banale : qui n’a jamais raté une marche, glissé sur une plaque de verglas, perdu l’équilibre ? Mais elle ne l’est pas, car cette physique est aussi une métaphysique. Dans la chute à laquelle nous sommes toutes et tous exposés, se rejoue la Chute – événement qui, selon Cioran, inaugure l’Histoire. Représentant crashs et défenestrations, sauts depuis un pont ou une falaise, notre théâtre s’inscrit dans cette Histoire qu’ont récemment ravivé tant l’image de « l’Homme qui tombe » depuis les tours en feu du World Trade Center que la pensée collapsologique qui postule l’effondrement prochain de nos civilisations. C’est à l’exploration de ces dramaturgies de la chute, principalement françaises, qu’est consacré cet ouvrage conçu comme une « hantologie » : il s’agit bien, dans ces pages, dedébusquer ce qui, presque obsessionnellement, nous inquiète– quitte à se demander si le théâtre des quarante dernières années, si notre théâtre (qu’à l’envi on dit politique) ne serait pas en fait moral.,Note promotionnelle « À la renverse » – Dramaturgies de la chute (1980-2020)est unessaisur la littérature dramatique contemporaine.  Il s’inscrit dans le champ desétudes théâtrales. S’ils sont nombreux sur les esthétiques scéniques actuelles,peu de travaux ont été récemment consacrés à la littérature dramatique des cinquante dernières années– à l’exception notable des ouvrages de Sandrine Le Pors (Le Théâtre des voix, 2011), Mireille Losco-Lena (« Rien n’est plus drôle que le malheur », 2011) et Jean-Pierre Sarrazac (Poétique du drame moderne, 2012). C’est dans leur sillage que s’inscrit ce livre, composé avec la plus grande rigueur scientifique. L’ambition d’« À la renverse »(qui emprunte son titre à une pièce de Michel Vinaver) est derenouveler les ressources existantesen proposant d’autres approches d’œuvres emblématiques (Koltès, Vinaver, etc.) et, surtout, d’ouvrir la perspective vers la production la plus actuelle(Galea, Navarro, etc.). Il s’agit bien deproduire de nouveaux outils pour lire le théâtre d’aujourd’hui. Fort d’uncorpusd’une soixantaine de pièces– principalement françaises mais aussi allemandes, anglaises, espagnoles, italiennes, serbes, etc. – écrites entre 1980 et 2020, l’ouvrage se présente comme une« hantologie », conçue dans undialogue continu avec des autrices et auteursqui a permis d’éclairer la genèse de leurs textes.  C’est qu’« À la renverse »ambitionne d’explorer les enjeux moins politiques que moraux de ces écritures: à travers le ressassement obsédant du motif de la chute, que racontent les dramaturges actuels de notre monde ? ,Présentation Quoi de commun entre Place des héros (1988) de Thomas Bernhard et Krach (2013) de Philippe Malone, entre Les Idiots (1997) de Claudine Galea et Promenades (2003) de Noëlle Renaude, entre Après la pluie (1993) de Sergi Belbel et Pulvérisés (2009) d’Alexandra Badea ? Toutes mettent en scène « des hommes qui tombent », pour reprendre le titre d’une pièce de Marion Aubert ; toutes mettent en scène des « hommes dégringolés », pour reprendre le titre d’une pièce de Christophe Huysman. Toutes suggèrent que, depuis les années 1980, le théâtre est hanté par la chute.  L’expérience pourrait être banale : qui n’a jamais raté une marche, glissé sur une plaque de verglas, perdu l’équilibre, cédé à la pesanteur qui invariablement nous entraîne vers le sol ? Mais elle ne l’est pas car cette physique est aussi une métaphysique. C’est qu’elle charrie un imaginaire où se confondent, de manière presque indiscernable, doctrine biblique – selon laquelle est exclu du paradis céleste le pêcheur projeté vers l’enfer terrestre – et philosophie platonicienne – selon laquelle l’âme « ayant joué de malchance, gorgée d’oubli et de perversion », s’incarne en tombant. Dans la chute à laquelle nous sommes toutes et tous exposés, se rejoue immanquablement la Chute – événement qui, selon Cioran, inaugure l’Histoire, du moins dans la tradition occidentale. Représentant crashs (F. Richter, J.-R. Lemoine) et défenestrations (A. Jacob, W. Mouawad), sauts depuis un pont (A. Badea, O. Sylvestre), une falaise (A. Allais, S. Diard) ou un immeuble (J. H. Khemiri, G. Poix), notre théâtre s’inscrit dans cette Histoire qu’ont pu raviver, plus ou moins récemment, tant l’image de « l’Homme qui tombe » depuis les tours en feu du World Trade Center que la pensée collapsologique qui postule l’effondrement prochain de nos civilisations. Notre théâtre expose un monde « à la renverse », pour reprendre le titre d’une emblématique pièce de Michel Vinaver qui métaphorise la chute, signe universel de déchéance, de déréliction, d’échec souvent cuisant, parfois ridicule (aussi drôle que cruelle, elle a tout du gag). C’est à l’exploration de ces dramaturgies de la chute, principalement françaises, qu’est consacré cet ouvrage, conçu comme une « hantologie » : il s’agit bien, dans ces pages, de débusquer ce qui, presque obsessionnellement, les inquiète – quitte à se demander si le théâtre des quarante dernières années, si notre théâtre (qu’à l’envi on dit politique) ne serait pas en fait moral. À cette question brutale, on n’apportera de réponse qu’en conclusion, après avoir envisagé comment, de Bernard-Marie Koltès à Marina Skalova, la scène devient, chez ces auteurs, chez ces autrices, lieu d’invention d’un « (extra)ordinaire art de choir » : on peut y trébucher ou y basculer ; on peut y culbuter ou s’y abîmer, selon les titres des quatre chapitres qui forment cette étude. Chacun expose une approche différente de la chute que déploient des écritures de l’accident et de la gravité, des écritures de l’effondrement et de la faute. Prises entre le vertige (vaciller est le titre du prologue) et le soulèvement (se redresser est celui de l’épilogue), les dramaturgies ici traversées explorent obstinément ce qui caractérise notre posture anthropologique fondamentale (être debout), et ce qui violemment la mine.  « À la renverse » – Dramaturgies de la chute (1980-2020) ne contribue pas seulement à la nécessaire élaboration d’une poétique du drame contemporain ; elle esquisse aussi en creux son ontologie. Afficher moinsAfficher plus

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4e de couverture Quoi de commun entrePlace des héros(1988) de Thomas Bernhard etKrach(2013) de Philippe Malone, entreLes Idiots(1997) de Claudine Galea etPromenades(2003) de Noëlle Renaude, entreAprès la pluie(1993) de Sergi Belbel etPulvérisés(2009) d’Alexandra Badea ? Toutes ces pièces mettent en scène « des hommes qui tombent ».  L’expérience pourrait être banale : qui n’a jamais raté une marche, glissé sur une plaque de verglas, perdu l’équilibre ? Mais elle ne l’est pas, car cette physique est aussi une métaphysique. Dans la chute à laquelle nous sommes toutes et tous exposés, se rejoue la Chute – événement qui, selon Cioran, inaugure l’Histoire. Représentant crashs et défenestrations, sauts depuis un pont ou une falaise, notre théâtre s’inscrit dans cette Histoire qu’ont récemment ravivé tant l’image de « l’Homme qui tombe » depuis les tours en feu du World Trade Center que la pensée collapsologique qui postule l’effondrement prochain de nos civilisations. C’est à l’exploration de ces dramaturgies de la chute, principalement françaises, qu’est consacré cet ouvrage conçu comme une « hantologie » : il s’agit bien, dans ces pages, dedébusquer ce qui, presque obsessionnellement, nous inquiète– quitte à se demander si le théâtre des quarante dernières années, si notre théâtre (qu’à l’envi on dit politique) ne serait pas en fait moral.,Note promotionnelle « À la renverse » – Dramaturgies de la chute (1980-2020)est unessaisur la littérature dramatique contemporaine.  Il s’inscrit dans le champ desétudes théâtrales. S’ils sont nombreux sur les esthétiques scéniques actuelles,peu de travaux ont été récemment consacrés à la littérature dramatique des cinquante dernières années– à l’exception notable des ouvrages de Sandrine Le Pors (Le Théâtre des voix, 2011), Mireille Losco-Lena (« Rien n’est plus drôle que le malheur », 2011) et Jean-Pierre Sarrazac (Poétique du drame moderne, 2012). C’est dans leur sillage que s’inscrit ce livre, composé avec la plus grande rigueur scientifique. L’ambition d’« À la renverse »(qui emprunte son titre à une pièce de Michel Vinaver) est derenouveler les ressources existantesen proposant d’autres approches d’œuvres emblématiques (Koltès, Vinaver, etc.) et, surtout, d’ouvrir la perspective vers la production la plus actuelle(Galea, Navarro, etc.). Il s’agit bien deproduire de nouveaux outils pour lire le théâtre d’aujourd’hui. Fort d’uncorpusd’une soixantaine de pièces– principalement françaises mais aussi allemandes, anglaises, espagnoles, italiennes, serbes, etc. – écrites entre 1980 et 2020, l’ouvrage se présente comme une« hantologie », conçue dans undialogue continu avec des autrices et auteursqui a permis d’éclairer la genèse de leurs textes.  C’est qu’« À la renverse »ambitionne d’explorer les enjeux moins politiques que moraux de ces écritures: à travers le ressassement obsédant du motif de la chute, que racontent les dramaturges actuels de notre monde ? ,Présentation Quoi de commun entre Place des héros (1988) de Thomas Bernhard et Krach (2013) de Philippe Malone, entre Les Idiots (1997) de Claudine Galea et Promenades (2003) de Noëlle Renaude, entre Après la pluie (1993) de Sergi Belbel et Pulvérisés (2009) d’Alexandra Badea ? Toutes mettent en scène « des hommes qui tombent », pour reprendre le titre d’une pièce de Marion Aubert ; toutes mettent en scène des « hommes dégringolés », pour reprendre le titre d’une pièce de Christophe Huysman. Toutes suggèrent que, depuis les années 1980, le théâtre est hanté par la chute.  L’expérience pourrait être banale : qui n’a jamais raté une marche, glissé sur une plaque de verglas, perdu l’équilibre, cédé à la pesanteur qui invariablement nous entraîne vers le sol ? Mais elle ne l’est pas car cette physique est aussi une métaphysique. C’est qu’elle charrie un imaginaire où se confondent, de manière presque indiscernable, doctrine biblique – selon laquelle est exclu du paradis céleste le pêcheur projeté vers l’enfer terrestre – et philosophie platonicienne – selon laquelle l’âme « ayant joué de malchance, gorgée d’oubli et de perversion », s’incarne en tombant. Dans la chute à laquelle nous sommes toutes et tous exposés, se rejoue immanquablement la Chute – événement qui, selon Cioran, inaugure l’Histoire, du moins dans la tradition occidentale. Représentant crashs (F. Richter, J.-R. Lemoine) et défenestrations (A. Jacob, W. Mouawad), sauts depuis un pont (A. Badea, O. Sylvestre), une falaise (A. Allais, S. Diard) ou un immeuble (J. H. Khemiri, G. Poix), notre théâtre s’inscrit dans cette Histoire qu’ont pu raviver, plus ou moins récemment, tant l’image de « l’Homme qui tombe » depuis les tours en feu du World Trade Center que la pensée collapsologique qui postule l’effondrement prochain de nos civilisations. Notre théâtre expose un monde « à la renverse », pour reprendre le titre d’une emblématique pièce de Michel Vinaver qui métaphorise la chute, signe universel de déchéance, de déréliction, d’échec souvent cuisant, parfois ridicule (aussi drôle que cruelle, elle a tout du gag). C’est à l’exploration de ces dramaturgies de la chute, principalement françaises, qu’est consacré cet ouvrage, conçu comme une « hantologie » : il s’agit bien, dans ces pages, de débusquer ce qui, presque obsessionnellement, les inquiète – quitte à se demander si le théâtre des quarante dernières années, si notre théâtre (qu’à l’envi on dit politique) ne serait pas en fait moral. À cette question brutale, on n’apportera de réponse qu’en conclusion, après avoir envisagé comment, de Bernard-Marie Koltès à Marina Skalova, la scène devient, chez ces auteurs, chez ces autrices, lieu d’invention d’un « (extra)ordinaire art de choir » : on peut y trébucher ou y basculer ; on peut y culbuter ou s’y abîmer, selon les titres des quatre chapitres qui forment cette étude. Chacun expose une approche différente de la chute que déploient des écritures de l’accident et de la gravité, des écritures de l’effondrement et de la faute. Prises entre le vertige (vaciller est le titre du prologue) et le soulèvement (se redresser est celui de l’épilogue), les dramaturgies ici traversées explorent obstinément ce qui caractérise notre posture anthropologique fondamentale (être debout), et ce qui violemment la mine.  « À la renverse » – Dramaturgies de la chute (1980-2020) ne contribue pas seulement à la nécessaire élaboration d’une poétique du drame contemporain ; elle esquisse aussi en creux son ontologie. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
« À la renverse »: Dramaturgies de la chute (1980-2020)
Format
Grand Format
Publication
30 octobre 2025
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
336
Taille
21 x 14.9 x 2.5 cm
Poids
466
ISBN-13
9782377691388
Livré entre : 1 juillet - 6 juillet
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