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Léon Chatry, instituteur

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Dans ce roman autobiographique dans lequel il décrit ses premières années d'enseignant, Jules Leroux peint des gens simples. Léon Chatry veut enseigner aux enfants de ces gens simples, parmi lesquels il serait encore, sans cette école à laquelle il doit et rend tout : vocation sincère, étroite, marquée par le goût du travail bien fait. Ce roman est un extraordinaire témoignage sur l'école de la République au début du XXe siècle ; il est aussi un fascinant reportage sur la vie ardennaise à cette époque. L'auteur : Jules LEROUX Jules Leroux est né le 11 décembre 1880 à Villers-Semeuse. Orphelin de père, son instituteur poussera ce bon élève à poursuivre ses études. Il suit les cours de l'École normale de Charleville. En 1899, il est instituteur à Gespunsart puis à Nouzonville. Il entre ensuite à Normale Sup puis enseigne à l'École normale de Douai. Volontaire en 1914, Jules Leroux est blessé à la main. Guéri, il remonte au front. Nommé caporal au 41* régiment d'infanterie le 14 juin 1915, il disparaît deux jours plus tard le 16 juin 1915 au combat à Roclincourt. Extrait Lorsque, au fond de la plaine, le train de huit heures et demie gronda sur la ligne de Charleville à Sedan, les gens de journée sortirent de la ferme Camus, et se souhaitèrent le bonsoir dans le triangle de clarté que jetait sur la route noire la porte entrouverte : «À demain !» cria le fermier, qui, balançant sa lanterne de corne, se dirigea vers les étables. D'un même pas lourd, filles de ferme et manouvriers s'en allèrent, dans la nuit froide d'octobre, par les venelles caillouteuses de Flizy, raclant leurs sabots, abrutis, ne conservant dans leur pensée de travailleurs à bout de souffle que le désir de se jeter sur leur couche. «À demain !» avait répondu comme ses compagnons, comme tous les soirs, Léon Chatry, un gars robuste de dix-neuf ans. Assommé de fatigue, il chemina en somnolant jusqu'à la porte de la petite maison où il habitait seul. Là, il sembla se réveiller, et s'arrêta : «Encore rien, sans doute !... Quelle pitié !... Je vais sur mes vingt ans. Voilà trois mois que j'ai quitté l'École normale, et je suis encore sans emploi !...» Découragé, il s'assit sur le timon d'un chariot, et, avec l'amère satisfaction d'amonceler de la tristesse dans son âme, il y fit défiler les années de son enfance solitaire et laborieuse. Pourtant, les premières furent douces ! Comme elles lui apparaissaient chaudes et dorées ce soir-là ! Il revoyait, dans la petite maison - gaie alors -, son père, sa mère, sa petite soeur et lui-même, réunis aux repas, où l'on forme un cercle, où l'on se parle doucement, où l'on se sourit ; ou groupés le soir, autour de la lampe, silencieux et occupés. Comme les plus précieuses des reliques de famille, il conservait dans sa mémoire quelques images chères, où les siens s'immobilisaient en attitudes graves et affectueuses. Oui, ce fut une heureuse époque ! Il y avait une vache à l'écurie, une feuillette de vin à la cave, un peu d'argent chez le notaire. Le père, Baptiste Chatry, un robuste manouvrier, dur à la tâche, entreprenait, à la morte saison, des travaux d'abattage, de terrassement ; la mère allait en journée et, dans les dépenses du ménage, comptait serré. De voir que sa famille poussait, que l'argent ne manquait pas, Baptiste, confiant, faisait des projets d'avenir, et s'accusait lui-même, en riant, de ses idées de grandeur. D'abord, il voulait que son fils fût instituteur : «Léon ne se tuera pas dans les champs, comme nous ; il travaillera au coi ; il sera maître d'école !» Puis, il rêvait d'acheter la maison que les Chatry tenaient en location depuis près de quatre-vingts ans. Le notaire Busenier, de Charleville, en demandait trois mille francs, dont la moitié comptant. Souvent, le soir, il en parlait avec sa femme : quinze cents francs, c'était juste le montant de leurs économies. Après de longues hésitations, Baptiste se décida. Il mettra cinq ans, six ans, s'il le faut, pour payer l Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Dans ce roman autobiographique dans lequel il décrit ses premières années d'enseignant, Jules Leroux peint des gens simples. Léon Chatry veut enseigner aux enfants de ces gens simples, parmi lesquels il serait encore, sans cette école à laquelle il doit et rend tout : vocation sincère, étroite, marquée par le goût du travail bien fait. Ce roman est un extraordinaire témoignage sur l'école de la République au début du XXe siècle ; il est aussi un fascinant reportage sur la vie ardennaise à cette époque. L'auteur : Jules LEROUX Jules Leroux est né le 11 décembre 1880 à Villers-Semeuse. Orphelin de père, son instituteur poussera ce bon élève à poursuivre ses études. Il suit les cours de l'École normale de Charleville. En 1899, il est instituteur à Gespunsart puis à Nouzonville. Il entre ensuite à Normale Sup puis enseigne à l'École normale de Douai. Volontaire en 1914, Jules Leroux est blessé à la main. Guéri, il remonte au front. Nommé caporal au 41* régiment d'infanterie le 14 juin 1915, il disparaît deux jours plus tard le 16 juin 1915 au combat à Roclincourt. Extrait Lorsque, au fond de la plaine, le train de huit heures et demie gronda sur la ligne de Charleville à Sedan, les gens de journée sortirent de la ferme Camus, et se souhaitèrent le bonsoir dans le triangle de clarté que jetait sur la route noire la porte entrouverte : «À demain !» cria le fermier, qui, balançant sa lanterne de corne, se dirigea vers les étables. D'un même pas lourd, filles de ferme et manouvriers s'en allèrent, dans la nuit froide d'octobre, par les venelles caillouteuses de Flizy, raclant leurs sabots, abrutis, ne conservant dans leur pensée de travailleurs à bout de souffle que le désir de se jeter sur leur couche. «À demain !» avait répondu comme ses compagnons, comme tous les soirs, Léon Chatry, un gars robuste de dix-neuf ans. Assommé de fatigue, il chemina en somnolant jusqu'à la porte de la petite maison où il habitait seul. Là, il sembla se réveiller, et s'arrêta : «Encore rien, sans doute !... Quelle pitié !... Je vais sur mes vingt ans. Voilà trois mois que j'ai quitté l'École normale, et je suis encore sans emploi !...» Découragé, il s'assit sur le timon d'un chariot, et, avec l'amère satisfaction d'amonceler de la tristesse dans son âme, il y fit défiler les années de son enfance solitaire et laborieuse. Pourtant, les premières furent douces ! Comme elles lui apparaissaient chaudes et dorées ce soir-là ! Il revoyait, dans la petite maison - gaie alors -, son père, sa mère, sa petite soeur et lui-même, réunis aux repas, où l'on forme un cercle, où l'on se parle doucement, où l'on se sourit ; ou groupés le soir, autour de la lampe, silencieux et occupés. Comme les plus précieuses des reliques de famille, il conservait dans sa mémoire quelques images chères, où les siens s'immobilisaient en attitudes graves et affectueuses. Oui, ce fut une heureuse époque ! Il y avait une vache à l'écurie, une feuillette de vin à la cave, un peu d'argent chez le notaire. Le père, Baptiste Chatry, un robuste manouvrier, dur à la tâche, entreprenait, à la morte saison, des travaux d'abattage, de terrassement ; la mère allait en journée et, dans les dépenses du ménage, comptait serré. De voir que sa famille poussait, que l'argent ne manquait pas, Baptiste, confiant, faisait des projets d'avenir, et s'accusait lui-même, en riant, de ses idées de grandeur. D'abord, il voulait que son fils fût instituteur : «Léon ne se tuera pas dans les champs, comme nous ; il travaillera au coi ; il sera maître d'école !» Puis, il rêvait d'acheter la maison que les Chatry tenaient en location depuis près de quatre-vingts ans. Le notaire Busenier, de Charleville, en demandait trois mille francs, dont la moitié comptant. Souvent, le soir, il en parlait avec sa femme : quinze cents francs, c'était juste le montant de leurs économies. Après de longues hésitations, Baptiste se décida. Il mettra cinq ans, six ans, s'il le faut, pour payer l Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Léon Chatry, instituteur
Format
Grand Format
Publication
25 janvier 2013
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
128
Taille
22.7 x 14 x 1.9 cm
Poids
310
ISBN-13
9782365750288
Livré entre : 9 juin - 12 juin
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