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Le maitre du pain

1.0

(1)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur C'est l'histoire de la fin d'une des dernières communautés agricoles d'Auvergne au début du XXIe siècle. Le côté autarcique de cette communauté, bien organisée, rigide et fermée au monde extérieur, va être mis à mal par l'arrivée du progrès, en l'occurrence une batteuse mécanique. Les anciens et les modernes vont s'affronter sur le bien-fondé d'un tel changement, mais rien n'y fera, «le ver est dans le fruit», et c'est la fin d'une époque avec ses soubresauts, ses intrigues, ses passions ! Avec la machine, arrivent des hommes «nouveaux» pour la faire tourner ; des hommes venus d'ailleurs, de la ville, avec une autre vision, une autre histoire ; des hommes ouvrant une autre perspective que la vie cloîtrée d'une ferme de montagne. La communauté va se fissurer et l'une des jeunes filles va suivre «le progrès» vers la ville... Ce roman fait une description très réaliste de ces communautés en montrant le changement qui s'opère dans le monde rural. L'auteur : Lucy ACHALME Lucy Achalme était une Parisienne, fille d'un entrepreneur en maçonnerie. Son père aurait notamment oeuvré à la construction de la basilique du Sacré-Coeur. Elle a épousé un Auvergnat, puis a suivi son médecin de mari dont la famille possédait de château de Maubec à Escoutoux, où elle est tombée amoureuse de la région. Écrivain, elle a écrit des livres engagés, une pièce de théâtre. «Le maître du pain» est considéré par beaucoup d'Auvergnats comme le plus beau tableau poétique de la campagne auvergnate du début du XXe siècle. Extrait Le Maître, vieillard dont les cheveux gris en mèches droites tombaient sur les joues creuses et rasées, le Maître fit son signe de croix, releva les pans de son habit noisette et s'assit au bout de la longue table de chêne. Une quinzaine de paysans, par rang d'âge, prirent place sur les bancs de chaque côté du Mouistre : les vieillards d'abord, les hommes murs ensuite, puis les plus jeunes. Après le même signe de croix et un salut vers la Vierge de plâtre, chacun baissa le nez, et les cuillers de bois frappèrent en cadence les écuelles d'où s'échappait un fumet gras, mêlé à la buée légère de la soupe au choux. Debout derrière les hommes qu'elles servaient, les paysannes hâtivement prenaient leur repas, dans une petite soupière de terre brune. - Dépêchons-nous, les femmes, la besogne a été dure et la veillée sera longue ce soir, dit le Mouistre d'un ton bref. Les blés étaient coupés, la moisson s'achevait : dans les champs, les pignons nombreux élevaient haut leurs gerbes blondes ; aussi, le soir venu, les travailleurs las et tassés se reposaient de la fatigue du jour, les bras lourdement appuyés à la table de chêne. Par la porte entrouverte, l'air entrait, imprégné de l'odeur moite des étables ; les chats, le dos arrondi, frôlaient les jupes qu'ils griffaient doucement pour avoir leur part de pitance ; on les entendait déchirer leur proie et ronronner dans la pénombre égayée de la blancheur des coiffes. Un reflet pourpre de soleil couchant étendait sa lueur chaude sur les murs fumés, jusqu'aux canchons et aux perraus de cuivre, qui bordaient de leur éclat métallique le vaste retable de la cheminée, une de ces cheminées si longues et si profondes que les vieux et les chats y viennent prendre place à la veillée sous le rigide bandeau de pierre. D'un côté, emprisonné dans sa boîte sonore, le pendule de l'horloge haute et droite martelait clair son rythme lourd ; de l'autre s'enfonçait, dans le retrait du mur, une maie de chêne, bonne à pétrir le pain dont les tourtes épaisses une fois cuites emplissaient les huches. En face de la cheminée, l'armoire de noyer aux panneaux sculptés de rosaces en relief et la vaisselière de bois sombre, éclaircie par les rangées d'assiettes à fleurs peintes, indiquaient l'aisance des paysans réunis dans la grande salle commune. Lorsque le diner des hommes fut achevé, les femmes se groupèrent près de l'âtre fumeux ; assises sur de petites chaises basses, leur assiet Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur C'est l'histoire de la fin d'une des dernières communautés agricoles d'Auvergne au début du XXIe siècle. Le côté autarcique de cette communauté, bien organisée, rigide et fermée au monde extérieur, va être mis à mal par l'arrivée du progrès, en l'occurrence une batteuse mécanique. Les anciens et les modernes vont s'affronter sur le bien-fondé d'un tel changement, mais rien n'y fera, «le ver est dans le fruit», et c'est la fin d'une époque avec ses soubresauts, ses intrigues, ses passions ! Avec la machine, arrivent des hommes «nouveaux» pour la faire tourner ; des hommes venus d'ailleurs, de la ville, avec une autre vision, une autre histoire ; des hommes ouvrant une autre perspective que la vie cloîtrée d'une ferme de montagne. La communauté va se fissurer et l'une des jeunes filles va suivre «le progrès» vers la ville... Ce roman fait une description très réaliste de ces communautés en montrant le changement qui s'opère dans le monde rural. L'auteur : Lucy ACHALME Lucy Achalme était une Parisienne, fille d'un entrepreneur en maçonnerie. Son père aurait notamment oeuvré à la construction de la basilique du Sacré-Coeur. Elle a épousé un Auvergnat, puis a suivi son médecin de mari dont la famille possédait de château de Maubec à Escoutoux, où elle est tombée amoureuse de la région. Écrivain, elle a écrit des livres engagés, une pièce de théâtre. «Le maître du pain» est considéré par beaucoup d'Auvergnats comme le plus beau tableau poétique de la campagne auvergnate du début du XXe siècle. Extrait Le Maître, vieillard dont les cheveux gris en mèches droites tombaient sur les joues creuses et rasées, le Maître fit son signe de croix, releva les pans de son habit noisette et s'assit au bout de la longue table de chêne. Une quinzaine de paysans, par rang d'âge, prirent place sur les bancs de chaque côté du Mouistre : les vieillards d'abord, les hommes murs ensuite, puis les plus jeunes. Après le même signe de croix et un salut vers la Vierge de plâtre, chacun baissa le nez, et les cuillers de bois frappèrent en cadence les écuelles d'où s'échappait un fumet gras, mêlé à la buée légère de la soupe au choux. Debout derrière les hommes qu'elles servaient, les paysannes hâtivement prenaient leur repas, dans une petite soupière de terre brune. - Dépêchons-nous, les femmes, la besogne a été dure et la veillée sera longue ce soir, dit le Mouistre d'un ton bref. Les blés étaient coupés, la moisson s'achevait : dans les champs, les pignons nombreux élevaient haut leurs gerbes blondes ; aussi, le soir venu, les travailleurs las et tassés se reposaient de la fatigue du jour, les bras lourdement appuyés à la table de chêne. Par la porte entrouverte, l'air entrait, imprégné de l'odeur moite des étables ; les chats, le dos arrondi, frôlaient les jupes qu'ils griffaient doucement pour avoir leur part de pitance ; on les entendait déchirer leur proie et ronronner dans la pénombre égayée de la blancheur des coiffes. Un reflet pourpre de soleil couchant étendait sa lueur chaude sur les murs fumés, jusqu'aux canchons et aux perraus de cuivre, qui bordaient de leur éclat métallique le vaste retable de la cheminée, une de ces cheminées si longues et si profondes que les vieux et les chats y viennent prendre place à la veillée sous le rigide bandeau de pierre. D'un côté, emprisonné dans sa boîte sonore, le pendule de l'horloge haute et droite martelait clair son rythme lourd ; de l'autre s'enfonçait, dans le retrait du mur, une maie de chêne, bonne à pétrir le pain dont les tourtes épaisses une fois cuites emplissaient les huches. En face de la cheminée, l'armoire de noyer aux panneaux sculptés de rosaces en relief et la vaisselière de bois sombre, éclaircie par les rangées d'assiettes à fleurs peintes, indiquaient l'aisance des paysans réunis dans la grande salle commune. Lorsque le diner des hommes fut achevé, les femmes se groupèrent près de l'âtre fumeux ; assises sur de petites chaises basses, leur assiet Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Le maitre du pain
Auteur
Format
Grand Format
Publication
01 janvier 2013
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
176
Taille
22.7 x 14.2 x 2.5 cm
Poids
415
ISBN-13
9782365750271
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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