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Le peuple de la mer

3.6

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
A la manière de Zola, Marc Elder nous fait découvrir la vie des habitants de Noirmoutier, au coeur des années 1910, et leur relation avec la mer. Le roman nous apprend le quotidien des marins pêcheurs du port de l'Herbaudière. «Ici, point de longueur, point de recherche excessive dans l'épithète, point de phraséologie un peu déclamatoire. Les images sont abondantes, tour à tour poétiques et familières. Le style est clair, coule de source. Il est vrai, naturel, comme il sied aux personnages : des marins, des douaniers, des pêcheurs, des femmes et des filles de la côte. Le roman - encore que ce ne soit pas le titre qui convienne à l'ouvrage - est bien construit, avec ses trois parties : la barque, la femme, la mer, heureusement équilibrées et reliées entre elles par un lien tenu mais solide. Il s'agit plutôt d'une étude où la vie de la mer et des marins apparaît brutale, tragique, douloureuse, dans le cadre qui nous est familier à tous, entre l'île de Noirmoutier, Saint-Nazaire et le phare du Pilier.» (J. Tallendeau, Le Populaire de Nantes du 5 décembre 1913). L'auteur : Mare ELDER Son vrai nom était Marcel Tendron, un vrai Nantais, né le 31 octobre 1884. Il est décédé à Saint-Fiacre-sur-Maine en 1933. Marc Elder est un romancier de très grand talent. Il s'est passionné pour sa ville de Nantes et pour les choses de la mer. De tous les écrivains qui nous ont conté des histoires de marins, c'est sans doute lui qui était le plus au courant de ce dont il parlait, car il a su dépeindre d'une façon très vivante le monde maritime. Son roman, «Le peuple de la mer», a été primé par le jury du Concourt 1913 devant «Le Grand Meaulnes» d'Alain-Fournier, et «Du côté de chez Swann» de Proust.ExtraitLa barque Neuf heures sonnaient au timbre fêlé de l'église quand Urbain Coët sortit de chez Goustan. Sur le seuil, que la lampe teinta de lumière rouge, le vieux Mathieu l'assura de nouveau en lui serrant la main : - Et tu seras content, mon gars, ta barque sera belle ! Urbain partit, emporté doucement, comme à la voile, par son coeur et roulant dans le bonheur. Ses galoches fouettaient le pavage inégal du quai, dominé de mâtures à demi effacées par la nuit. Il savait que sa barque reposait là-bas de l'autre côté du port, sous un hangar indistinct, mais vers lequel il regarda par habitude et par plaisir. Il crut rêver et s'arrêta court. Une lueur a fulguré dans les ténèbres et l'eau lui apporte un craquement de planches, un froissement de copeaux. D'instinct, il s'immobilise, en arrêt, sondant la nuit de tous ses sens. Et il devine les mouvements d'une ombre sous l'enclos du chantier. Silencieusement Urbain tire ses galoches, se trousse et descend à la yole qui flotte au bas de l'escalier. Il déborde sans bruit, glisse à coups étouffés de godille, accoste. Mais à peine arrive-t-il au coin du baraquement qu'une flambée lui brûle les yeux. D'un saut, Coët tombe sur un homme accroupi, l'enlève et d'un effort énorme le culbute en plein port. Un choc sur la mer. Coët s'est jeté vers le feu qu'il étouffe sous sa vareuse, sous ses pieds, follement. Les flammes s'affaissent, s'écrasent, et il poursuit, le béret au poing, celles qui rampent. D'un lougre une voix hèle à trois reprises. L'eau claque sous les coupes hâtives d'un nageur. Urbain tâte avec soin le sol autour de lui, étreint des braises, écoute. La nuit est immobile comme un bloc que le feu tournant du Pilier tranche ainsi qu'une lame. (...) Afficher moinsAfficher plus

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A la manière de Zola, Marc Elder nous fait découvrir la vie des habitants de Noirmoutier, au coeur des années 1910, et leur relation avec la mer. Le roman nous apprend le quotidien des marins pêcheurs du port de l'Herbaudière. «Ici, point de longueur, point de recherche excessive dans l'épithète, point de phraséologie un peu déclamatoire. Les images sont abondantes, tour à tour poétiques et familières. Le style est clair, coule de source. Il est vrai, naturel, comme il sied aux personnages : des marins, des douaniers, des pêcheurs, des femmes et des filles de la côte. Le roman - encore que ce ne soit pas le titre qui convienne à l'ouvrage - est bien construit, avec ses trois parties : la barque, la femme, la mer, heureusement équilibrées et reliées entre elles par un lien tenu mais solide. Il s'agit plutôt d'une étude où la vie de la mer et des marins apparaît brutale, tragique, douloureuse, dans le cadre qui nous est familier à tous, entre l'île de Noirmoutier, Saint-Nazaire et le phare du Pilier.» (J. Tallendeau, Le Populaire de Nantes du 5 décembre 1913). L'auteur : Mare ELDER Son vrai nom était Marcel Tendron, un vrai Nantais, né le 31 octobre 1884. Il est décédé à Saint-Fiacre-sur-Maine en 1933. Marc Elder est un romancier de très grand talent. Il s'est passionné pour sa ville de Nantes et pour les choses de la mer. De tous les écrivains qui nous ont conté des histoires de marins, c'est sans doute lui qui était le plus au courant de ce dont il parlait, car il a su dépeindre d'une façon très vivante le monde maritime. Son roman, «Le peuple de la mer», a été primé par le jury du Concourt 1913 devant «Le Grand Meaulnes» d'Alain-Fournier, et «Du côté de chez Swann» de Proust.ExtraitLa barque Neuf heures sonnaient au timbre fêlé de l'église quand Urbain Coët sortit de chez Goustan. Sur le seuil, que la lampe teinta de lumière rouge, le vieux Mathieu l'assura de nouveau en lui serrant la main : - Et tu seras content, mon gars, ta barque sera belle ! Urbain partit, emporté doucement, comme à la voile, par son coeur et roulant dans le bonheur. Ses galoches fouettaient le pavage inégal du quai, dominé de mâtures à demi effacées par la nuit. Il savait que sa barque reposait là-bas de l'autre côté du port, sous un hangar indistinct, mais vers lequel il regarda par habitude et par plaisir. Il crut rêver et s'arrêta court. Une lueur a fulguré dans les ténèbres et l'eau lui apporte un craquement de planches, un froissement de copeaux. D'instinct, il s'immobilise, en arrêt, sondant la nuit de tous ses sens. Et il devine les mouvements d'une ombre sous l'enclos du chantier. Silencieusement Urbain tire ses galoches, se trousse et descend à la yole qui flotte au bas de l'escalier. Il déborde sans bruit, glisse à coups étouffés de godille, accoste. Mais à peine arrive-t-il au coin du baraquement qu'une flambée lui brûle les yeux. D'un saut, Coët tombe sur un homme accroupi, l'enlève et d'un effort énorme le culbute en plein port. Un choc sur la mer. Coët s'est jeté vers le feu qu'il étouffe sous sa vareuse, sous ses pieds, follement. Les flammes s'affaissent, s'écrasent, et il poursuit, le béret au poing, celles qui rampent. D'un lougre une voix hèle à trois reprises. L'eau claque sous les coupes hâtives d'un nageur. Urbain tâte avec soin le sol autour de lui, étreint des braises, écoute. La nuit est immobile comme un bloc que le feu tournant du Pilier tranche ainsi qu'une lame. (...) Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Le peuple de la mer
Auteur
Editeur
Format
Grand Format
Publication
29 janvier 2013
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
204
Taille
22.6 x 13.9 x 2 cm
Poids
319
ISBN-13
9782365750202
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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