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La petite école dans la montagne

3.6

(49)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur C'est plein d'une espérance inquiète qu'en ce jour d'octobre 1908, Victor Chambost, jeune instituteur, vient prendre son nouveau poste à Saint-Just. Ses attentes sont comblées : le village est charmant, le maire fier de son école. Et surtout, parmi les joyeux petits montagnards, il y a Colinet, un jeune berger orphelin qui veut à tout prix passer le certificat d'études. Le maître et l'élève se lancent dans l'aventure avec passion. La classe est portée par l'ardeur et l'ingénuité du petit berger. Mais à l'approche des beaux jours, l'oncle de Colinet le retire de l'école... Plein d'émotion et de tendresse, ce roman rend avec justesse les débats d'une époque où l'école faisait des instituteurs des personnages publics et respectés. «Michel Jeury nous donne un délicieux roman sur l'école de la République.» Le Républicain Lorrain Michel Jeury a été l'un des grands pionniers français de la science-fiction, signant une cinquantaine de romans, parmi lesquels Le Temps incertain (1973, prix du meilleur roman français de science-fiction l'année suivante), Les Singes du temps (1974), Soleil chaud poisson des profondeurs (1976), La Fête du changement (in Utopies, 1975). On lui doit aussi une centaine de nouvelles, des essais sur l'école et une quinzaine de romans dits «régionaux», dont une demi-douzaine ont été portés à l'écran. Il se décrit lui-même comme «un romancier du refus de la pensée dominante». Extrait C'était un matin d'octobre comme tant d'autres. La bruyère en fleur teintait de mauve les pentes au-dessus des bois, les sorbiers des oiseleurs jalonnaient les chemins de leurs grappes rouges, les bogues des châtaigniers commençaient à s'ouvrir, ici et là, et laissaient pleuvoir sur la terre les beaux marrons étincelants. Le vent portait l'odeur un peu acre de la forêt en automne, sève, humus, champignons, feuillages mouillés... Les matins de rentrée, pareils à celui-ci, s'alignaient vers l'avenir, en file indienne, de plus en plus flous et serrés ; trente au moins, si Victor Chambost vivait jusqu'à la retraite : il avait vingt-neuf ans. Il venait d'être nommé à Saint-Just-la-Roche, un village de quelques centaines d'habitants, à près de mille mètres d'altitude, au mont Pilât, dans la Loire. La veille, il avait écrit au tableau le nom du président de la République : Monsieur Armand Fallières. Puis la date du jour : Vendredi 2 octobre 1908. Morale (pour tous). L'École. Pour les cours moyen et supérieur : Répandre l'instruction est le premier devoir d'un peuple qui veut rester libre. Pour le cours élémentaire : Ne savoir ni lire, ni écrire, ni compter, quand on peut apprendre, c'est une honte. Pour le C. P. : A l'école, que vas-tu faire, petit enfant ? Je vais apprendre à lire pour savoir ce qu'il y a dans les livres. Considérant la maxime du cours élémentaire, il avait d'abord effacé le mot «honte», qui lui semblait trop fort, trop dur. Puis, n'en trouvant pas de meilleur, il avait haussé les épaules et l'avait remis en grommelant. Il brandit de nouveau le chiffon, hésita. Oui, c'est une honte, mais on ne va pas parler de honte le premier jour d'école. Il effaça «honte» pour de bon et écrivit à la place «chagrin». En lisant cette phrase, n'importe quel inspecteur fût monté sur ses grands chevaux. Mais Victor se fichait des inspecteurs. Enfin, non, il ne s'en fichait pas, il était un maître sérieux et discipliné, mais il se rappelait ses propres fautes d'enfant et la sévérité des maîtres, dont il avait souffert. Il se voulait plus indulgent avec ses élèves ; mais quoi qu'il fît, il avait toujours un peu mauvaise conscience. La belle heure, enfin, était arrivée, sous le soleil déjà haut qui perçait la brume. Sabots et galoches claquaient et sonnaient sur le chemin, puis sur le sol de la cour, abîmé par les maçons. Par la porte entrouverte, Victor entendit des cris, des appels, des exclamations dans un patois - ou dans un mélange de français et de patois -assez différent du parler foré Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur C'est plein d'une espérance inquiète qu'en ce jour d'octobre 1908, Victor Chambost, jeune instituteur, vient prendre son nouveau poste à Saint-Just. Ses attentes sont comblées : le village est charmant, le maire fier de son école. Et surtout, parmi les joyeux petits montagnards, il y a Colinet, un jeune berger orphelin qui veut à tout prix passer le certificat d'études. Le maître et l'élève se lancent dans l'aventure avec passion. La classe est portée par l'ardeur et l'ingénuité du petit berger. Mais à l'approche des beaux jours, l'oncle de Colinet le retire de l'école... Plein d'émotion et de tendresse, ce roman rend avec justesse les débats d'une époque où l'école faisait des instituteurs des personnages publics et respectés. «Michel Jeury nous donne un délicieux roman sur l'école de la République.» Le Républicain Lorrain Michel Jeury a été l'un des grands pionniers français de la science-fiction, signant une cinquantaine de romans, parmi lesquels Le Temps incertain (1973, prix du meilleur roman français de science-fiction l'année suivante), Les Singes du temps (1974), Soleil chaud poisson des profondeurs (1976), La Fête du changement (in Utopies, 1975). On lui doit aussi une centaine de nouvelles, des essais sur l'école et une quinzaine de romans dits «régionaux», dont une demi-douzaine ont été portés à l'écran. Il se décrit lui-même comme «un romancier du refus de la pensée dominante». Extrait C'était un matin d'octobre comme tant d'autres. La bruyère en fleur teintait de mauve les pentes au-dessus des bois, les sorbiers des oiseleurs jalonnaient les chemins de leurs grappes rouges, les bogues des châtaigniers commençaient à s'ouvrir, ici et là, et laissaient pleuvoir sur la terre les beaux marrons étincelants. Le vent portait l'odeur un peu acre de la forêt en automne, sève, humus, champignons, feuillages mouillés... Les matins de rentrée, pareils à celui-ci, s'alignaient vers l'avenir, en file indienne, de plus en plus flous et serrés ; trente au moins, si Victor Chambost vivait jusqu'à la retraite : il avait vingt-neuf ans. Il venait d'être nommé à Saint-Just-la-Roche, un village de quelques centaines d'habitants, à près de mille mètres d'altitude, au mont Pilât, dans la Loire. La veille, il avait écrit au tableau le nom du président de la République : Monsieur Armand Fallières. Puis la date du jour : Vendredi 2 octobre 1908. Morale (pour tous). L'École. Pour les cours moyen et supérieur : Répandre l'instruction est le premier devoir d'un peuple qui veut rester libre. Pour le cours élémentaire : Ne savoir ni lire, ni écrire, ni compter, quand on peut apprendre, c'est une honte. Pour le C. P. : A l'école, que vas-tu faire, petit enfant ? Je vais apprendre à lire pour savoir ce qu'il y a dans les livres. Considérant la maxime du cours élémentaire, il avait d'abord effacé le mot «honte», qui lui semblait trop fort, trop dur. Puis, n'en trouvant pas de meilleur, il avait haussé les épaules et l'avait remis en grommelant. Il brandit de nouveau le chiffon, hésita. Oui, c'est une honte, mais on ne va pas parler de honte le premier jour d'école. Il effaça «honte» pour de bon et écrivit à la place «chagrin». En lisant cette phrase, n'importe quel inspecteur fût monté sur ses grands chevaux. Mais Victor se fichait des inspecteurs. Enfin, non, il ne s'en fichait pas, il était un maître sérieux et discipliné, mais il se rappelait ses propres fautes d'enfant et la sévérité des maîtres, dont il avait souffert. Il se voulait plus indulgent avec ses élèves ; mais quoi qu'il fît, il avait toujours un peu mauvaise conscience. La belle heure, enfin, était arrivée, sous le soleil déjà haut qui perçait la brume. Sabots et galoches claquaient et sonnaient sur le chemin, puis sur le sol de la cour, abîmé par les maçons. Par la porte entrouverte, Victor entendit des cris, des appels, des exclamations dans un patois - ou dans un mélange de français et de patois -assez différent du parler foré Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
La petite école dans la montagne
Format
Grand Format
Publication
04 avril 2012
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
366
Taille
21 x 14.1 x 3 cm
Poids
463
ISBN-13
9782365590037
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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