Le Pitch
Note biographique
Né au Luxembourg en 1879, Edward Steichen émigre
avec ses parents, à l'âge de un an, aux États-Unis. D'abord
peintre, c'est par sa rencontre avec les milieux pictorialistes,
notamment avec Alfred Stieglitz, qu'il découvre la
photographie. Fasciné par les potentialités qu'offre ce
nouveau médium, il développe une oeuvre exploratoire :
portraits, natures mortes, nus, paysages, vues urbaines,
Steichen expérimente tous les sujets à travers plusieurs
techniques. Esprit curieux, il s'intéresse également à la
botanique et pratique l'horticulture en amateur éclairé.
Son goût pour la nature, tout au long de sa vie, influence
fortement son regard photographique et son attention
au réel. Chez Steichen, la nature est un laboratoire où il
observe le vivant, la lumière et les couleurs. Ses oeuvres
figurent dans les plus grandes collections de photographies
à travers le monde (MoMA de New York, Tate
Modern à Londres, Art Institute à Chicago, Centre
Pompidou à Paris....) et appartiennent désormais à la
grande histoire de la photographie.
,PrésentationFigure des pionniers de la photographie et acteur majeur
qui favorisa l'inscription du médium parmi les avantgardes
de la modernité au début du XXe siècle, Edward
Steichen expérimente très tôt les possibilités qu'offre son
art.
Fasciné par les variations de la lumière dans la nature,
il saisit à travers l'objectif les reflets du ciel sur l'eau, les
diffractions des ombres dans les feuillages, l'éclat coloré
de pétales de fleurs. Jouant des clairs-obscurs tel un
peintre, Steichen pose un regard nouveau sur le monde
végétal : son goût pour l'expérimentation de l'image photographique
fait écho à celui pour l'hybridation des fleurs.
Jardinier amateur, le photographe cultive ses propres
espèces – il affectionne notamment les delphiniums.
Cet ouvrage présente pour la première fois la relation
singulière qu'entretint Steichen avec la nature et le jardin.
Célèbre pour ses portraits, le photographe saisit fleurs,
arbres et bouquets avec la même attention. C'est dans le
jardin, à l'égal du studio, que s'exerce son regard et qu'il
développe sa pratique artistique. Du pictorialisme du
célèbre tirage au platinum The Flatiron réalisé en 1904 à
New York, où se diffusent les teintes crépusculaires de la
ville, aux tirages chromogènes datés des années 1950 qui
donnent à voir la puissance des couleurs de la campagne
du Connecticut, en passant par les natures mortes de
bouquets de roses ou de tournesols, les images de
Steichen nous immergent dans des atmosphères où la
lumière dessine les contours et infuse l'air. La puissance
chromatique comme celle des noirs et blancs mettent en
scène une nature regardée dans toute sa diversité,
sauvage comme cultivée. Cette dernière est pour le
photographe un vaste champ exploratoire, comme en
témoignent les collections luxembourgeoises ici présentées,
celles du Musée national d'archéologie, d'histoire et
d'art, et celles de la BCEE et de la Photothèque de l'État du
Luxembourg. Complété de textes d'historiens internationaux
de la photographie, ce corpus visuel souligne, pour
la première fois, l'importance du monde végétal dans les
recherches esthétiques d'un grand maître du XXe siècle.
Cette publication accompagnera l'exposition Steichen et la
nature aux Rencontres d'Arles à l'été 2026 et s'inscrira
dans le cadre du Bicentenaire du médium.
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