Le Pitch
Note biographique
Membre du collectif Tendance Floue depuis 2010, Alain
Willaume développe une oeuvre singulière où s'expérimente
les modalités du réel. Ses images, au fort grain
noir et blanc, créent des atmosphères où la sensation
d'étrange vient questionner notre perception des choses.
Il observe avec attention le monde qu'il sillonne, afin d'en
restituer les mystères et la vulnérabilité. Alain Willaume a
publié plusieurs ouvrages, notamment une importante
somme monographique intitulée Coordonnées 72/18 aux
Éditions Xavier Barral en 2019, nomimée au prix Nadar.
Son travailest présenté dans de nombreuses expositions
internationales (Fondation Cartier, Paris, CAPC/Niort,
Fotografia Europea/Reggio Emilia, FIAF Gallery/NewYork,
Festival Portrait(s)/ Vichy, Biennale de Mulhouse,
Rencontres de Bamako ...) et ses oeuvres figurent dans de
prestigieuses collections institutionnelles, telles que la
Fondation Cartier, le musée des Beaux-Arts de Mulhouse
et le musée d'Art moderne et contemporain de
Strasbourg. L'ouvrage Nul soleil. Mais le feu accompagnera
l'exposition éponyme avec une itinérance entre mai 2026
et mars 2028 dans divers centres d'art en France.
,PrésentationEn 2024, Alain Willaume passe six mois en résidence à la
villa Kujoyama, à Kyoto.
La découverte d'un boro d'enfant
– petite veste rapiécée par les mères d'une génération à
l'autre –, sur un marché aux puces suscite interrogation
et fascination : la beauté de l'usure du vêtement témoigne
à la fois de l'affection maternelle et de l'esthétique japonaise
du wabi sabi, notamment du goût pour la patine du
temps. Willaume entame alors un voyage exploratoire,
traversant les régions de Kyūshū, de Noto, du Kansai et
de Chūgoku. Photographe fasciné par l'errance, il saisit
des paysages énigmatiques peuplés d'apparitions fantomatiques.
La puissance trouble et l'extrême fragilité suscitées
par sa rencontre avec le boro transparaissent au fil
des pages. Le fort grain noir etblanc des images, ponctué
de rares images aux couleurs sourdes, immerge le lecteur
dans les faibles lumières de l'hiver japonais. Le sensible
se fait texture : atmosphères humides de profondes
forêts, dunes immenses où se détachent de fragiles silhouettes
humaines, rues battues par les vents, vestiges
de maisons ravagées par le tsunami, Alain Willaume tisse
un univers qui oscille entre rêve et réalité. La nature est
soumise à des forces telluriques, tout semble vacillersous
nosyeux.
Dans cet album relié à la suisse – pour une ouverture
optimale –, chaque photographie est reproduite en
double page, offrant une déambulation filmique, rythmée
de quelques images présentées en diptyque où
filtrent alors quelques blancs. Alain Willaume montre
l'état éphémère des choses, mais aussi leur puissance
d'émerveillement. Ses images se déploient tel un récit
imaginaire scandé de secousses et de failles, elles
révèlent un Japon d'une inquiétante étrangeté, mais
d'une profonde poésie. Un Japon sans soleil et où les
contours du réel s'estompent. Pour accompagner cette
déambulation, l'écrivaine Ryoko Sekiguchi posera son
propre regard sur ce corpus avec un texte inédit abordant
les thèmes qui lui sont chers, à savoir l'impermanence
des choses et les présences fantomatiques.
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